La Judicial Review réclamée par Roshi Bhadain contre l’ICAC a été appelée en Cour suprême, vendredi, devant les juges Iqbal Maghooa et Véronique Kwok Yin Siong Yen. Me Antoine Domingue, Senior Counsel, représentant de Roshi Bhadain, et Me Poinen, avocat du State Law Office, représentant l’ICAC, ont soumis leurs plaidoiries. La Cour rendra son jugement ultérieurement.
Avant la soumission des plaidoiries, le représentant de l’ICAC a soumis une objection préliminaire à l’effet que la demande de Judicial Review de Roshi Bhadain ne présentait pas un Arguable Case et devait être Set Aside. Mais après avoir entendu les arguments de Me Domingue, le juge Maghooa est intervenu pour dire à Me Poinen de soumettre son objection dans sa plaidoirie, à savoir s’il faut octroyer ou pas le Leave to Apply for Judicial Review au leader du Reform Party.
Après cela, les hommes de loi ont soumis leurs plaidoiries. Pour Me Domingue, l’enquête initiée par l’ICAC contre Roshi Bhadain est Politically Motivated et survient huit ans après les faits que l’ICAC lui reproche.
La commission anti-corruption avait initié une enquête contre Roshi Bhadain pour des faits remontant à environ huit ans. Alors ministre des Services financiers et de la Bonne gouvernance sous le régime de feu sir Anerood Jugnauth, le leader du RP aurait recruté un dénommé Andrew Stephenson en février 2015 comme conseiller ou consultant au sein de son ministère. Lequel recrutement serait en contravention avec les dispositions de la Prevention of Corruption Act (PoCA).
En avril 2023, Roshi Bhadain avait reçu une Request to Attend de l’ICAC. Il avait répondu que si c’était une simple requête, et non pas une convocation en bonne et due forme, émise sous la section 50 de la PoCA, il n’était pas dans l’obligation de se rendre au siège de la commission anti-corruption. Cette dernière s’était alors tournée vers le commissaire de police pour que ce dernier émette un mandat d’arrêt. Devant la tournure des événements, Roshi Bhadain s’était rendu pour interrogatoire au Réduit Triangle, après quoi il avait été autorisé à rentrer chez lui.
Il avait par la suite logé une demande de Judicial Review contre les agissements de l’ICAC à son encontre. Pour lui, il s’agit d’un cas de persécution d’un opposant politique survenant plus de huit ans après les faits allégués. Il maintient que « les agissements de l’ICAC sont arbitraires, illégaux, en violation avec les procédures établies, irrationnelles et déraisonnables ».

