L’Alsace

Documentaire de Chantal Mennessier (Naïma) présenté à la maison des Associations à Paris 7ème, le jeudi 21 décembre 2023 à 18h30

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L’Alsace, un territoire à découvrir à la veille des fêtes de fin d’année, à l’heure de son marché de Noël emblématique,  de sa cathédrale millénaire, de ses Vosges qui montent la garde, arrière pays couvert de forêt de sapins, de châteaux forts. L’été, aux pieds de ses douces collines, la route des vins serpente entre vignes, champs de choucroute, à bière, cigognes et danses folkloriques.

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Située à l’extrémité Est de la France, l’Alsace « est le PAYS des 3 frontières », cerné par la Suisse, l’Allemagne, et, la France ! Oui la France, parce qu’elle n’a pas toujours été française. En effet, l’Alsace a connu des invasions successives, très lointaines, avec les colons celtes, les Francs, les Romains et plus récemment les Germains, la royauté française, les Prussiens et les Allemands. Ballottée par l’histoire elle a aussi subi des guerres de religion entre les Dieux celtes, les chrétiens et les protestants.

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Pour simplifier, partons de l’an 1015, au 11ème siècle, date de la pose de la 1ère pierre de la cathédrale de Strasbourg sur un ancien camp romain. Nous sommes sous le règne du dernier saint empereur germanique, Henri II.

Il faudra attendre le règne de Louis XIV, en 1681, au 17ème siècle, pour que l’Alsace soit annexée par la France qui rend la cathédrale au culte catholique par opposition aux protestants.  L’Alsace se fortifie militairement grâce à l’architecte militaire du roi, Vauban.

Deux siècles plus tard, en 1870, sous le règne de Napoléon III, les  prussiens, alliés des Allemands, touchent avec des obus la cathédrale et c’est le retour des Allemands. Les femmes pleurent l’Alsace française.

50 ans plus tard, en 1918, à la fin de la Première Guerre mondiale, l’Alsace est restituée à la France par les Allemands avec la signature du Traité de Paix dans la galerie des glaces à Versailles.

20 ans plus tard, en 1940, à la veille de la Seconde Guerre mondiale, l’intrusion des Allemands s’impose brutalement ! Des affiches de propagande se multiplient comme « Dehors les idioties françaises ». Les symboles français comme le coq tricolore, le béret, les chefs d’œuvres littéraires, la Marianne, tout est balayé. La cathédrale est fermée.

C’est l’apparition de camp de concentration, Struthof, la destruction de la très belle synagogue de Strasbourg. Un réseau de résistance « la main noir », composé de jeunes Alsaciens se développe. Pendant 5 ans l’invasion allemande détruit toute la périphérie de Strasbourg.  Enfin, en 1945, à la fin de la guerre, elle redevient française, libéré par le général Leclerc et de Lattre de Tassigny. Le drapeau tricolore est planté au sommet de la cathédrale. Le « chant de guerre » de Rouget de Lisle, Alsacien contemporain de la révolution française, deviendra l’hymne national français. En effet, c’est en 1792 que ce dernier le compose.

L’Alsace est le 3ème département français le plus peuplé, le plus riche, avec quelque  2 millions d’habitants. En 1982 c’est la création de la REGION ALSACE incluant  les 2 départements du Bas et Haut Rhin.

STRASBOURG, capitale et préfecture régionale du Bas-Rhin avec ses 280 000 habitants, va restaurer la vraie vocation de ce carrefour rhénan, ce grand fleuve nommé Rhin que les Gaulois connaissaient si bien 1500  ans avant Jésus Christ !

En devenant le symbole de l’Unité de l’Europe, cette ville redonne une stabilité à l’identité alsacienne qui a connu trois guerres et autant de changement de nationalité en à peine 75 ans ! Ville en partie détruite en périphérie par ces trois guerres, elle va être complètement modernisée. Se construisent, le Parlement européen en 1979, le Palais de l’Europe, la Pharmacopée européenne, le Palais des droits de l’homme, la Gare centrale et son T.G.V. européen en 2007 avec sa coupe en verre qui abrite l’ancien bâtiment construit au début du XXe siècle.  Le tramway, au centre-ville, se modernise en 1995 et la construction de la passerelle avec L’Allemagne marquera désormais les relations transfrontalières économiques, culturelles et artistiques entre ces 2 pays.

Par contre, quelque peu épargnée par les guerres, la vieille ville, inscrite au patrimoine mondial de l’humanité, est flanquée d’une ceinture défensive. Le centre historique avec sa Grande Ile est ourlé par l’Ill,  affluent du Rhin, avec ses ponts couverts et ses tours du 13ème.  Son barrage fortifié conçu par Vauban, architecte militaire de Louis XIV, expose à l’intérieur, des dépôts lapidaires, statues en pierre récupérées de la cathédrale restaurée. L’ancienne prison est transformée en hôtel au pied de l’Ill.

La multiplicité des canaux et des ponts nous mène à La Petite France, avec ses écluses et ses bateaux, propice à une promenade romantique. L’ancien quartier des Tanneurs et des Drapiers révèle les greniers ouverts au sommet des habitations où séchaient les peaux. Lieu de balade par excellence, cette vieille ville fortifiée est truffée de maisons à colombage,  couverte de flèches d’églises historiques qui dominent. Les toits typiques sont faits de tuiles plates, arrondies à l’extrémité, que l’on appelle ici  « queue de castor ».

Dans ces ruelles étroites médiévales, on découvre le nom des rues écrit en français qui est la langue usuelle mais aussi en alsacien.  Ce dialecte ancien encore bien vivant et populaire  a résisté à la nazification qui proscrivait le français ! C’est une langue maternelle  qui véhicule une grande affectivité dans la sphère privée.

De jour comme de nuit on peut apprécier la convivialité alsacienne autour du bien mangé.  La fameuse Maison de la choucroute nous offrira sa traditionnelle choucroute ou alors dans les Winstub,  anciennes tavernes à vin devenu bistrot,  on partagera bières et saucisses. Plus renommée encore, située sur la place de la cathédrale, on découvre la très grande table de la maison  Kammerzel,  la plus vieille maison de la ville moyenâgeuse, tout en dentelles de bois, construite en 1465.

Plus loin, la place Gutenberg dont le statut évoque l’inventeur de l’imprimerie à caractères mobiles au 15ème siècle. C’est ici un haut lieu de représentation folklorique et musicale  toute l’année. À l’angle, en empruntant la rue Mercière, on se retrouve, entre deux rangées de maisons à colombages, face à un rideau de dentelle de pierre. Nous voici au pied de la cathédrale Notre-Dame de Strasbourg, au cœur de la vieille ville ! On peut admirer ce vaisseau de pierre en grès rose des Vosges. À « Hauteur d’ange », on lève les yeux vers le ciel, à 142 m de hauteur. Elle fut le monument le plus haut de la chrétienté dès le 15ème siècle. Sa façade occidentale est à la gloire de Marie avec au centre, la Vierge et l’Enfant, au dessus la passion du Christ et sur les cotés la mise en scène de saints et apôtres en posture méditative.

Pour admirer la rosace centrale  de 12.50 m de diamètre, il faut pénétrer à l’intérieur ! C’est un vitrail au motif végétal représentant 16 pétales d’épis de blé aux rameaux d’or. Il est dessiné par Maître Erwin au 13ème siècle.

En remontant la nef de 32 m de hauteur c’est un voyage spirituel et artistique à travers ce chef-d’œuvre gothique. Les piliers s’élancent en croisées d’ogives. La lumière est filtrée par des vitraux somptueux qui datent du 12, 13, 14ème siècle. Ils évoquent ici la Bible. Ce lieu invite à la prière, éveil de l’âme depuis 1000 ans, aujourd’hui rassemblement des visiteurs cosmopolites.

À côté de la chaire, la célèbre horloge astronomique qui date du 16ème siècle…  Chef d’œuvre de 2 horlogers suisses.  Son prodigieux mécanisme, chaque jour, à 12h30, est animé par un théâtre d’automates avec la ronde des 7 chars (7/j/semaine) et le défilé des 12 apôtres (12 mois/an). Et le coq qui chantera 3 fois, symbolisant la vigilance et le reniement de St Pierre. Le temps qui passe est confié à un ange et son sablier.

Au cœur de l’hiver, depuis 500 ans, du 1er au 31 décembre, La ville en fête est une véritable orgie de lumière aux effluves ! Le marché de Noël bat son plein. Les alsaciens, les touristes envahissent la ville. Le vin chaud rallie les cœurs, les  gâteaux étoilés, kouglof, bretzel,  saucisses cuites au marc de Gewurztraminer, pain d’épice, confiserie, jouets en bois, santons, maison miniaturisée.

Au pied des Vosges, dans des écrins de verdure, une succession de villages fortifiés aux maisons d’opérette nous attendent. Charmantes étapes où Les cigognes, annonciatrices du printemps,  font leur nid, brin après brin, inlassablement sur le même toit, année après année. Un nid peut peser jusqu’à 500 kg ! La vigne ondule tout au long du versant Est des Vosges. Au rythme des saisons, les villages se colorent et nous enchantent. De générations en génération, on vendange à partir du mois de septembre. Déjà l’automne, les vignes jaunissent. Elles dansent la fête des vendanges, alors que les cigognes, messagères du Printemps, se préparent à partir, elles aussi au rythme de la nature. Et, comme par mimétisme, l’Alsace, enracinée dans son folklore, chante ses cigognes, en rouge, noir et blanc.

La cathédrale Notre-Dame de Strasbourg, véritable phare chrétien de l’Alsace, a fêté ses 1000 ans d’histoire en 2015 tout en son et lumière. Hommage aux architectes, charpentiers, sculpteurs, tailleurs de pierre, fondeurs, maîtres verriers, artisans.  Cette bible de pierre, que de Foi, d’Energie, de Talent a-t-elle mobilisée en 1000 ANS !

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