Les anniversaires jumeaux

La première période de l’histoire bahá’íe (1844-1853) a pour centre la jeune, aimable et irrésistible personnalité du Báb, d’une douceur sans égale, d’une sérénité imperturbable, à la parole magnétique, qui par les épisodes dramatiques de son bref et tragique ministère, demeure sans rival.

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Né le 20 octobre 1819 (le 1er jour de Muharram) dans une famille commerçante, le Báb sera élevé par son oncle maternel après le décès prématuré de son père – un descendant de nombreuses générations de soufis mystiques, en 1826. Connu dès l’enfance pour sa sagesse, son intelligence et son humilité, le Báb mettrait en marche un mouvement sans précédent dans l’histoire religieuse.

Mausolée du Báb

 

Le Héraut de la Foi était Mírzá ‘Alí-Muhammad de Shíráz, connu comme le Báb (la porte), qui proclama le 23 mai 1844, sa double mission de Manifestation de Dieu indépendante et Héraut d’une autre Manifestation plus grande que lui-même qui inaugurerait une nouvelle ère sans précédent dans l’histoire religieuse de l’humanité.

Cette revendication déclenchera une vague de persécution de la part du clergé et de l’État, qui aboutira finalement à son arrestation et son emprisonnement, dans les forteresses de Mah-Kú et de Chihriq, dans les montagnes de l’Azerbaïdjan et de son exécution le 9 juillet 1850 par un peloton d’exécution sur la place publique de Tabriz.

Au milieu de la deuxième nuit après l’exécution du Báb et de son compagnon Anís, en 1850, un croyant dévoué retira leurs corps mutilés du bord de la fosse hors de Tabriz où ils avaient été jetés et les emporta dans une fabrique de soie qui appartenait à l’un des amis. Leurs précieuses dépouilles furent disposées dans un cercueil en bois et celui-ci fut transporté dans un endroit sûr. Plus tard, sur l’instruction de Bahá’u’lláh, le cercueil fut emmené à Téhéran et caché jusqu’en 1899. Cette année-là, en suivant les instructions données par ‘Abdu’l-Bahá, le cercueil fut transporté par terre à Beyrouth et puis par mer jusqu’à ‘Akká, y arrivant le 31 janvier 1899.

Finalement, le jour de Naw-Rúz 1909, ‘Abdu’l-Bahá ordonna de transporter un sarcophage en marbre, offert comme preuve d’amour par les bahá’ís de Rangoun, jusqu’au caveau préparé pour l’accueillir. Cette nuit-là, à la lumière d’une seule lampe, il y déposa de ses propres mains – en présence des croyants d’Orient et d’Occident – le cercueil en bois qui contenait la dépouille sacrée du Báb et de son compagnon.

La deuxième période (1853-1892) de l’histoire bahá’íe a pour centre Husayn ‘Alí connu dans l’histoire comme Bahá’u’lláh – la Gloire de Dieu. Né le 12 novembre 1817 (le 2ème jour de Muharram) à Téhéran dans une famille de la noblesse persane, il recevra une éducation essentiellement axée sur l’équitation, l’escrime, la calligraphie et la poésie classique.

Il acceptera le message du Báb au tout début de la manifestation de celui-ci. Accusé à tort d’être l’instigateur de l’attentat manqué contre le Shah de Perse en 1852, Bahá’u’lláh fut arrêté le 15 août 1852 par les autorités et jeté dans le Síyáh-Chál, un cachot souterrain à Téhéran. Ancien réservoir souterrain d’un bain public, il n’avait qu’une seule ouverture en contrebas d’un escalier en pierre de trois volées de marches. Les prisonniers, recroquevillés dans leurs excréments, y croupissaient dans l’obscurité opaque, le froid souterrain et la puanteur. C’est dans ce lieu sinistre qu’un homme, comme les autres en apparence, sera appelé par Dieu pour apporter à l’humanité une nouvelle révélation religieuse.

Il fut remis en liberté après quatre mois de détention. Il n’annonça à personne la révélation divine dont il avait fait l’expérience. Il était pourtant impossible à ceux qui étaient proches de lui de ne pas discerner en lui une transformation de l’esprit, une force et un rayonnement jamais remarqués auparavant.

On lui accorda un mois pour préparer son voyage. Il quitta son pays natal le 12 janvier 1853 pour ne plus jamais revenir. Le voyage jusqu’à Bagdad, entrepris à travers les montagnes enneigées de la Perse occidentale au milieu d’un rude hiver, infligea de nombreuses épreuves et souffrances aux exilés. Bahá’u’lláh resta près de dix ans en Iraq, passant deux années seul dans le désert du Kurdistan et le reste du temps à Bagdad.

Mausolée du Bahá’u’lláh

Avant de quitter Baghdad, Bahá’u’lláh fera la déclaration de sa mission à ses compagnons réunis dans le jardin de Najibíyyih, surnommé plus tard le Jardin de Ridván par ses fidèles. Puis il sera exilé vers Constantinople et vers Andrinople pour terminer par une incarcération de vingt-quatre ans dans la ville-prison de St. Jean d’Acre en Terre Sainte. Il décédera le 8 mai 1892.

Les événements de la “Fosse noire” à Téhéran vont être à l’origine d’une révélation religieuse qui, 40 ans durant, produira des centaines de volumes de livres, épîtres et lettres qui constituent aujourd’hui le fondement de l’écriture sacrée de la foi bahá’íe. Dans ces Écrits, Bahá’u’lláh esquisse le cadre de la reconstruction de la société humaine à tous les niveaux : spirituel, moral, économique, politique et philosophique.

En orient, les fêtes des anniversaires jumeaux, la naissance du Báb et la naissance de Bahá’u’lláh, ont traditionnellement été observées en fonction de leur correspondance avec les premier et deuxième jours de Muharram dans le calendrier islamique. « Aux yeux de Dieu, ces deux jours ne font qu’un », affirme Bahá’u’lláh.

Dans une lettre écrite au nom du Gardien de la foi bahá’íe indique : «  Dans l’avenir, il ne fait aucun doute que tous les jours saints suivront le calendrier solaire, et des mesures seront prises quant à la façon de célébrer universellement ces fêtes jumelles ».

Le calendrier bahá’í est entré en vigueur le 20 mars 2015 après le coucher du soleil. Cette année-ci la communauté mondiale bahá’íe célébre les deux anniversaires du dimanche 15 après le coucher du soleil au mardi 17 octobre avant le coucher du soleil.

 

Le Bureau des Affaires Extérieures de la Foi bahá’íe de Maurice

 

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