PADMA UTCHANAH
Présidente du Ralliement
Citoyen pour la patrie
« Paris outragé ! Paris brisé ! Paris martyrisé ! mais Paris libéré ! libéré par lui-même, libéré par son peuple avec le concours des armées de la France, avec l’appui et le concours de la France tout entière, de la France qui se bat, de la seule France, de la vraie France, de la France éternelle. »
Cette allocution magistrale est déclamée par un homme à la voix martiale et aux allures de héros sorti tout droit de la mythologie celtique, le Général Charles de Gaulle. Le 25 août 1944, à l’hôtel de ville de Paris, sous les acclamations des Parisiens, le discours du Général de Gaulle résonne comme le clairon de la victoire. Après 4 années sous l’occupation allemande, la France est libérée du joug nazi. Dans les rues de la ville lumière, la foule en liesse acclame les soldats français.
Dans son discours dithyrambique, le Général de Gaulle envoie un message subliminal aux pays alliés pour affirmer avec autorité que la France est bel et bien un pays souverain. Il y a dans cette envolée lyrique et poétique un puissant message politique. En effet, les alliés américains auraient voulu être les seuls héros libérateurs. L’oncle Sam voulait réécrire l’Histoire en leur faveur. Et pourtant sous cette couverture historique se cache une vérité ignorée par bon nombre de personnes. 
Si l’Histoire racontée dans les manuels scolaires est dépeinte d’une manière idyllique, les pourparlers entre les pays alliés restaient très tendus pendant la Seconde Guerre mondiale. Les relations diplomatiques entre les Américains, les Anglais et les Français étaient entachées par des stratégies sournoises. Le Général de Gaulle a pu trouver refuge à Londres le 17 juin 1940 auprès du Premier ministre anglais Winston Churchill. L’appel à la résistance est lancé le 18 juin 1940 au micro de la BBC par le Chef de la France libre, De Gaulle. Ce Général de brigade encore inconnu, devient l’homme providentiel au travers de son appel messianique.
Si dans un premier temps, une entente cordiale tacite relie de Gaulle et Churchill, les choses se corsent avec l’entrée en force d’un allié impérialiste, le Président des États-Unis, Franklin Roosevelt. Ce dernier, en parfait dieu de la discorde, aura raison du binôme fraternel franco-britannique. Winston Churchill cesse d’apporter son soutien à De Gaulle et se range du côté des Américains. À maintes reprises, le duo Churchill-Roosevelt exclut le Général des pourparlers et des actions militaires pour anéantir l’ennemi commun allemand, secondé par le régime de Vichy. De Gaulle est évincé sciemment lors du débarquement dans les colonies françaises en 1942. Cette opération est dirigée par le perfide Roosevelt. Le Chef de la France libre furibond sortira cette phrase qui entrera dans les annales : « On n’entre pas en France par effraction » !
Le Président Roosevelt lance l’opération AMGOT (« Allied Military Government of Occupied Territories »). Sous leurs airs de philanthropes déguisés, les Américains lorgnent sur la France. La libération n’est qu’un prétexte pour placer la France sous protectorat… L’opération AMGOT vise à instaurer une administration américaine pour gouverner provisoirement la France lorsqu’elle sera libérée. Dans leur volonté de tutelle, les Américains édictent une monnaie de papier qui ressemble étonnamment au dollar avec toutefois des particularités bien françaises comme le drapeau tricolore au dos et la désignent « franc ». Une guerre intestine entre alliés se déroule en marge de la guerre militaire.
L’ancien étudiant de la prestigieuse école militaire de Saint Cyr, Charles de Gaulle, en fin stratège, flaire la supercherie des Américains. Il a la finesse d’esprit de réorganiser le pouvoir exécutif et administratif. Dès le débarquement du 6 juin 1944, il s’empresse de nommer le premier sous-préfet de la France libre, Raymond Triboulet. En établissant ainsi l’autorité de l’État par la nomination d’une administration en Normandie, il réintègre une France indépendante prête à assumer sa légitimité car il considère que la patrie est également libérée par l’entremise d’une vaillante résistance orchestrée sur le sol national, à l’instar de Jean Moulin, icône de la résistance, mort sous la torture des nazis, au nom de la patrie.

Au sortir de la guerre, les points de vue entre Américains et Français divergent. Le grand Charles reste méfiant à l’égard de ces libérateurs qui sont aussi des envahisseurs maintenant des bases militaires sur le territoire français. En mars 1966, De Gaulle informe les Américains du retrait de la France du commandement intégré de l’OTAN pour s’émanciper de la tutelle américaine tout en restant membre de cette organisation. Pour assurer la sécurité et l’indépendance de la France, il revendique une autonomie nucléaire de son pays souverain.
77 ans après la Seconde Guerre mondiale, la Russie envahit l’Ukraine. Sous les éclats des bombes, des villes entières succombent face à l’horreur. Le peuple ukrainien est meurtri par la barbarie et l’impact des balles. Dans les affres de l’effroi, les deux pays se livrent une guerre de l’information et de la propagande. Le jeudi 7 avril 2022, l’Assemblée générale de l’ONU a suspendu le siège de la Russie au conseil des droits de l’Homme des Nations unies.
La complexité de cette guerre entre la Russie et l’Ukraine se dessine déjà. Le rôle des Américains sur cet échiquier reste ambigu. L’OTAN progresse irrésistiblement vers l’Est, couvrant de son emprise les ex-Républiques soviétiques. Sous couvert d’angélisme, les Américains avancent masqués. Et comme dirait l’adage : le diable s’habille en Prada !
