(Séisme au Maroc) Royal Palm Marrakech : constat structurel annoncé

Le groupe NMH et Semaris mobilisés aux côtés des autorités marocaines pour apporter de l’aide aux sinistrés dans la région de Marrakech Stéphane Poupinel de Valencé, CEO de NMH : « Un membre de notre personnel a été blessé et a dû être hospitalisé, mais il est hors de danger »

Avec le séisme des plus dévastateurs, de magnitude 7, ayant frappé le Maroc, dans la nuit de vendredi à samedi, et plus particulièrement la région touristique de Marrakech, avec le nombre de victimes ayant atteint 2 900, ce chiffre était appelé à évoluer avec les recherches en cours sur le terrain, Maurice, tout en faisant preuve de solidarité, a un faible.

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En effet, le plus beau fleuron touristique de luxe de Maurice à l’étranger se présente sous l’enseigne de Fairmont Royal Palm Marrakech. Mais déjà dès samedi, les partenaires, soit le groupe New Mauritius Hotels Ltd et Semaris Ltd, ont tenu à rassurer quant à l’état de l’infrastructure physique du domaine touristique de luxe après un premier constat durant le week-end. Toutefois, des experts devront être dépêchés sur les lieux pour une évaluation complète. La direction du New Mauritius Hotels Ltd confirme qu’un des membres du personnel de l’établissement hôtelier a été blessé lors du sinistre mais que son pronostic vital n’est nullement engagé. Le groupe hôtelier, qui n’est pas resté insensible à la détresse humaine, participe aux côtés des autorités marocaines pour apporter de l’aide à la population gravement affectée par le tremblement de terre.

« Un premier bilan des dégâts matériels a été mené à l’hôtel, et une équipe d’experts y sera cette semaine pour conduire une évaluation complète », affirme le Chief Executive Officer du groupe, Stéphane Poupinel de Valencé, dans un communiqué émis, hier. « Un exercice d’évaluation sera mené par des experts durant les prochains jours et nous permettra d’apporter plus de précisions quant à l’ampleur des dégâts », souligne, de son côté, Patrice Legris, CEO du Domaine Royal Palm Marrakech.

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Toutefois, dans la conjoncture, l’équation dépasse le simple cadre de la réhabilitation de l’infrastructure hôtelière, mais il est surtout question d’anticiper la réaction du marché touristique international, en particulier européen, par rapport aux séquelles du séisme sur la destination Marrakech.

Dans l’immédiat, la préoccupation du groupe Beachcomber et de son partenaire Semaris, engagés dans le Domaine Royal Palm Marrakech, est de mise. « Le groupe New Mauritius Hotels Ltd (NMH) suit avec beaucoup d’émotion et une grande peine la situation au Maroc après le tremblement de terre qui a touché ce pays, plus particulièrement la ville de Marrakech et la province du Haouz, où est situé son établissement hôtelier, géré par Fairmont. Depuis cet évènement tragique, les pensées du Groupe sont avec ses équipes sur place, ses clients et tout le peuple marocain touché par ce drame », a déclaré d’emblée le CEO de NMH.

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Confirmant le bilan, NMH ajoute qu’un blessé a été recensé parmi ses collaborateurs. Il est actuellement hospitalisé, mais son état n’inspire pas d’inquiétude. « Tous les autres membres du staff, ainsi que l’ensemble des clients sont sains et saufs. Je tiens à exprimer au peuple marocain ainsi qu’à nos équipes ma profonde tristesse et toute ma solidarité. J’ai une pensée émue pour tous ceux qui ont perdu des proches », a souligné le CEO de ce groupe hôtelier, tout en ajoutant que «  je lui souhaite un très prompt rétablissement. Je remercie aussi du fond du cœur notre équipe pour le professionnalisme et le dévouement remarquable dont elle a fait preuve pendant ces heures très difficiles pour tous. Chacun d’entre vous a été exceptionnel.»

Sur un autre plan, François Brun, General Manager du Fairmont Royal Palm Marrakech, s’appesantit sur le fait qu’« en ces moments difficiles, l’objectif prioritaire est la sécurité des équipes, de leurs familles et des clients. « Le Fairmont Royal Palm Marrakech, propriété du Groupe NMH, n’a pas été épargné par ce séisme. C’est vraiment une grande douleur pour le pays. Notre priorité a été et reste la sécurité de nos collaborateurs, de ceux qui leur sont chers et de nos clients. Je profite d’ailleurs pour remercier toute mon équipe pour leur calme et leur sang-froid exemplaires .»

D’autre part, depuis le week-end dernier, l’équipe hôtelière est mobilisée aux côtés des autorités marocaines pour apporter de l’aide aux sinistrés, notamment en termes de dons de nourriture et de produits de première nécessité. L’établissement hôtelier assure la préparation et la distribution de 120 repas, deux fois par jour, aux victimes les plus touchées.

De son côté, Semaris Ltd se dit attristée par « les conséquences tragiques du séisme qui a frappé le Maroc, en particulier la ville de Marrakech et la province du Haouz, où se trouvent ses opérations immobilières. » Laurent Piat concède que « nous sommes tout d’abord soulagés que notre personnel soit sain et sauf. Nous nous sommes déjà mobilisés avec nos partenaires locaux en vue de trouver la formule la plus appropriée pour venir en aide aux victimes. Certains de nos collaborateurs ont aussi répondu à l’appel des autorités locales, en faisant des dons de sang. »

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Forte baisse du cours ( -5,98%) de NMH en Bourse hier

Le séisme qui a ébranlé le Maroc et plus particulièrement Marrakech, le Gotha du tourisme marocain, semble avoir épargné les infrastructures hôtelières de la ville. Il n’en demeure pas moins qu’il reste un coup dur pour le Maroc et pour le secteur touristique notamment, d’autant que la haute saison y bat son plein actuellement.

Le seul groupe hôtelier mauricien présent à Marrakech est le groupe New Mauritius Hotels qui opère le prestigieux Royal Palm Marrakech. Et si l’établissement a tenu le coup selon les premiers constats, il y a fort à parier que ce tremblement de terre aura un certain impact sur les arrivées de touristes à Marrakech dans les prochaines semaines.

Une perspective qui ne ferait évidemment pas l’affaire du groupe mauricien. D’ailleurs, les investisseurs affichent déjà une certaine frilosité par rapport au titre NMH. Le groupe, qui est un poids lourd sur le marché officiel de la Bourse de Maurice, a vu son titre céder 5,98% hier, passant de Rs 11.70 à Rs 11.00, faisant de ce titre le plus gros perdant de la séance boursière, loin devant Policy (-2,58%) et SBMH (-1,12%).

« Les événements au Maroc ont semble-t-il pesé sur la performance de NMH en Bourse, cela même s’il n’y a pas de dégâts majeurs à l’établissement de Marrakech selon la direction du groupe », explique Imrith Ramtohul, analyste financier. Il relativise également les choses en soulignant que malgré la forte baisse de 5,98% de lundi, il faut tenir compte du fait que « les opérations au Maroc ne représentent que 7,5% du chiffre d’affaires global du groupe, et 4,4% de son EBITDA, tenant compte des chiffres fournis dans son dernier bilan financier de neuf mois, au 31 mars 2023. »

Malgré cette baisse de 5,98%, le groupe hôtelier demeure toutefois parmi les Top Performers boursiers depuis le début de l’année, ayant gagné 20,88% depuis janvier, passant de Rs 9.10 à Rs 11.00.  Justement, Imrith Ramtohul estime que la baisse de l’action d’hier peut aussi s’expliquer en partie par une opération de prise de bénéfices. « L’action avait bien progressé ces derniers mois et vu les événements, il se peut que certains investissements aient choisi de vendre », laisse-t-il entendre.

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Mgr Jean Michaël Durhône : « Unis par la pensée et la prière »

« Devant le puissant séisme qui a frappé le Maroc dans la nuit de vendredi à samedi et la perte de vies humaines, nous sommes tous sous le coup de la tristesse et du choc.
« En cette période de détresse, nous sommes unis par la pensée et la prière au peuple marocain. Avec les fidèles du diocèse de Port-Louis, j’offre mes sympathies à nos sœurs et frères éprouvés par le séisme et qui ont perdu tous leurs biens.
« Je prie Dieu d’apporter consolation aux familles qui sont en deuil ou qui ont des blessés parmi leurs membres. J’exprime ma solidarité avec les services de secours et les autorités civiles qui font face à cette tragédie. »

+ Mgr Jean Michaël Durhône
Évêque de Port-Louis

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Patrice Legris: « Un véritable drame et un cauchemar »

Patrice Legris, Chief Executive Officer (CEO) du Royal Palm Marrakech, n‘était pas sur les lieux des faits dramatiques lorsque le séisme meurtrier a ébranlé le Maroc à environ 70 km au Sud-Ouest de la ville de Marrakech. Il l’a appris d’un proche en dehors du Maroc et a pris la mesure de la catastrophe lorsqu’il a consulté son téléphone qui débordait de messages et d’appels visant à prendre de ses nouvelles personnellement et professionnellement. Et surtout se renseigner sur l’ampleur des dégâts éventuels à l’établissement hôtelier dont il a la charge. Son adjoint sur place lui a déjà fourni tous les détails sensibles et a fait ce qu’il fallait en pareille circonstance.
Dès son retour au Maroc, Patrice Legris dit avoir été surpris de constater que de l’aéroport à l’hôtel et à son domicile, les premières impressions visuelles étaient surprenantes. « Il y avait très peu de traces marquantes sur le trajet qu’un tremblement de terre aussi meurtrier avait eu lieu là », dit-il.
En fait, même dans la ville de Marrakech, ce sont surtout les zones historiques avec les bâtisses de l’époque qui ont été les plus touchées n’ayant pas été construites aux normes anti-sismiques qui ont cours aujourd’hui. En effet, à l’extérieur de la ville, dans la Medina et dans les environs, des immeubles effondrés et des blessés installés sur des lits d’hôpital parsèment les rues.

Il raconte que le gros de la population de la ville dort à même le sol dans la rue car les habitants de Marrakech ont peur de réintégrer leurs domiciles, souvent fissurés, mais surtout fragilisés et vulnérables à toute réplique qui suit normalement un séisme majeur.
« Le plus gros des dégâts et des victimes sont intervenus dans la zone la plus proche de l’épicentre dans les montagnes où les maisons d’antan, construites à l’ancienne avec le matériau sur place, se sont effondrées comme des châteaux de cartes. C’est triste et on le ressent fortement car nous avons des collègues qui ont perdu des proches qui y habitent.

C’est un véritable drame et un cauchemar pour eux », ajoute Patrice Legris qui a eu de la chance de ne pas avoir vécu cette catastrophe en direct.
Patrice Legris explique que d’après ses collègues, ce fut un moment surréaliste. Le début du tremblement de terre s’est signalé par un bruit comme une explosion après quoi tout s’est mis à vibrer. Il témoigne que dans son bureau son écran d’ordinateur était par terre de même que son porte-stylo. Ce qui témoigne, d’après lui, de la nature des chocs qu’implique un tel cataclysme.

De l’établissement hôtelier, qui est sous sa responsabilité, Patrice Legris rassure qu’il n’y a que quelques dégâts mineurs, notamment en ce qui concerne le volet décoratif de la bâtisse. S’il y a bien des fissures de part et d’autre sur le bâti, il affirme qu’il ne semble pas qu’il y ait de signes de dégâts structurels majeurs. De toute façon, le groupe hôtelier, dont il fait partie, dépêchera incessamment des experts pour faire une évaluation plus précise de l’état général de l’établissement hôtelier.

Si l’hôtel a enregistré des départs prématurés engendrés par la peur de la situation, bon nombre de clients continuent à profiter de leurs vacances. En revanche, ce tremblement de terre meurtrier a entraîné une série d’annulations à court terme en attendant que la situation revienne à la normale.

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