Meurtre du Suisse Henri Collaud – Linley Poutou: « Mo finn rant par lafnet pou al kokin »

Linley Bonny Poutou (24 ans) et sa concubine, Jacqueline Valerie Bayaram-Hogan (40 ans), ont avoué leur participation au meurtre du ressortissant suisse Marc Henri Collaud, âgé de 75 ans, commis dimanche à Terre-Rouge. Le couple a été traduit hier devant le tribunal de Pamplemousses, où une accusation provisoire de meurtre a été retenue contre eux. La police ayant objecté à leur remise en liberté conditionnelle, ils demeurent en détention préventive.

- Publicité -

Lors de son interrogatoire, le jeune homme a expliqué que sa compagne et lui avaient l’intention de commettre un vol au domicile du septuagénaire. Ayant appris que le Suisse vivait seul, ils ont alors monté un plan pour passer à l’attaque dans le courant de la nuit.

« Enn etranze sa, nou ti kwar ena inpe kas kot li ! » déclare Linley Poutou. Tous deux ont ensuite effectué un premier repérage tôt dans la journée, attendant patiemment la tombée de la nuit avec le calme dans le voisinage.

- Publicité -

Le jeune homme explique qu’il n’a eu aucun mal à pénétrer à l’intérieur de la maison de Marc Henri Collaud, car celle-ci est toujours en construction. « Mo finn rant par lafnet pou al kokin », a-t-il précisé aux enquêteurs. Sa complice, Jacqueline Bayaram-Hogan, dit avoir profité du fait que le Suisse la connaissait, pour l’avoir déjà aidée dans le passé. Aussi comptait-elle faire diversion afin que son concubin ait le temps de commettre son forfait. Sauf que… la victime a été alertée par des bruits provenant de sa chambre.

Le suspect poursuit son récit : « Mo’nn bat li ek nou atas so lamin pou li pa bouze ! » Pour autant, pas question pour Marc Henri Collaud de céder et de dire où il gardait son argent. Le septuagénaire s’est même mis à crier afin d’alerter ses voisins. Ce que Linley Poutou n’aurait pas apprécié.

- Advertisement -

Aussitôt, il dit s’être saisi d’un vêtement en nylon, qu’il a ensuite noué autour du cou de la victime avant d’exercer une forte pression. « Mo pa ti ena lintansyon pou touy li », dit-il à la police. Il ajoute que sa complice et lui avaient peur que des voisins interviennent.

Après un instant, le couple a remarqué que la victime ne bougeait plus. Aussi ont-ils pris la décision de l’abandonner sur place, « l’arme » du crime toujours nouée autour du cou et les mains ligotées. « Nou panike, nou sove ! » fait-il comprendre, tout en précisant qu’il n’aura rien emporté d’important de la maison. Les deux suspects ont alors pris la direction de Batterie-Cassée dans leur fuite.

Le corps sans vie de Marc Henri Collaud a été découvert le lendemain par une voisine, qui lui apportait son repas. Une autopsie a été pratiquée, laquelle attribue le décès à une Compression of Neck, même si le médecin légiste dit également avoir constaté des Chest Injuries.

Après avoir examiné les fréquentations de la victime, la CID de Terre-Rouge a arrêté le couple. L’enquête se déroule sous la supervision du surintendant Buchoo.

EN CONTINU
éditions numériques