Musée de l’Esclavage intercontinental – Le PM : « Accomplir notre devoir de mémoire envers les victimes de l’esclavage »

Le Premier ministre, Pravind Jugnauth, a procédé hier à l’ouverture officielle du Musée de l’Esclavage intercontinental dont la création a été recommandée par la Commission Vérité et Justice. La cérémonie d’ouverture a été tenue en présence de plusieurs personnalités, notamment le vice-président de la  république, Eddy Boissézon, le ministre de la Culture Avinash Teeluck, le président du comité scientifique du musée, Benigna Zimba, ainsi que des membres de la famille Froberville – qui ont mis des éléments historiques de la collection Froberville à la disposition du musée. Le nouvel évêque de Port-Louis, Jean-Michaël Durhône, était également présent à cette cérémonie.

- Publicité -

« Les esclaves ont bien souffert. Ils ont fait des sacrifices. Nous n’avons pas le droit de les oublier, et le musée de l’esclavage aura pour tâche de garder en mémoire la période sombre de l’histoire de l’humanité lorsque les humains étaient traités comme des marchandises », affirme le Premier ministre. Il a rappelé qu’à Maurice même, était appliqué le Code Noir – une législation pour régir tout ce qui a trait aux esclaves depuis leur naissance jusqu’à leur mort. Il ajoute qu’aux termes de ce code, les enfants des esclaves libérés étaient considérés comme esclaves si leur mère était encore asservie.

Aujourd’hui, a souligné le Premier ministre, le pays a connu des progrès immenses en termes de liberté, de démocratie et de droits humains. Ce qui fait que les enfants d’aujourd’hui ont le devoir de savoir dans quelles conditions les ancêtres ont évolué. « À travers ce musée nous démontrons notre reconnaissance envers les ancêtres qui sont passés par le système esclavagiste infâme et barbare », dit-il.  Le musée sera aussi un lieu de recueillement et de réconciliation. « Nous ne pouvons oublier les millions de victimes de la traite négrière », déclare-t-il.

- Publicité -

Le chef du gouvernement a relevé qu’à Maurice alors que les Anglais avaient aboli l’esclavage en 1833, il y avait eu de la résistance de la part des propriétaires d’esclaves mauriciens – qui avaient créé un syndicat pour les maîtres et les patrons qui possédaient des esclaves.  Ce ne fut qu’en 1835 qu’ils avaient cédé complètement à Maurice.
Dans ce contexte, il a cité les frères d’Epinay – qui avaient contesté l’abolition de l’esclavage. Le comble est qu’au lieu de dédommager ceux qui ont donné leur sang et la vie ce sont les propriétaires d’esclaves qui ont été les bénéficiaires de la compensation. Il se demande s’il ne faudrait pas un débat sur toutes ces questions.

Le président du Musée de l’esclavage intercontinental Jean Maxy Simonet a fait l’historique de l’institution. Il a rendu hommage au Premier ministre – qui a été le premier à inclure un item concernant la création du musée dans le budget présenté en 2016.

- Advertisement -

Avinash Teeluck a, pour sa part, parlé de projet noble et complexe, indiquant que le gouvernement a investi Rs 105 millions dans ce projet. Pour le ministre, le Musée de l’esclavage intercontinental vient compléter ce qu’il appelle un Cultural Heritage Centre, avec d’un côté l’Aapravasi Ghat et de l’autre côté le port qui s’est développé grâce à la sueur des esclaves.  Il souligne l’intérêt des touristes pour le patrimoine mauricien et fait ressortir que l’Aapravasi Ghat a reçu la visite de 55 600 touristes en 2018 et de 40 780  touristes en 2022. Il se dit convaincu que ces visiteurs se rendront également au Musée de l’Esclavage désormais.

La cérémonie a été marquée par l’intervention du directeur général de l’UNESCO, Gabriela Ramos, par le biais d’une vidéo. Le chœur et l’orchestre du conservatoire national de musique François Mitterrand sous la direction de Claudie Ricaud ont été très applaudis pour avoir retracé par voie musicale la progression du séga mauricien.

EN CONTINU
éditions numériques