« Que l’intelligence artificielle (IA) soit mise au service de l’humanité tout entière ! » C’est par cet appel fort que le Premier ministre, Navin Ramgoolam, est intervenu hier lors de la séance réservée aux chefs d’État et de gouvernement dans le cadre de l’AI Impact Summit, organisé au Bharat Mandapam, à New Delhi. Le chef du gouvernement doit s’entretenir aujourd’hui avec son homologue indien, Narendra Modi.
Navin Ramgoolam a affirmé que l’IA constitue désormais « un pilier structurel de notre développement futur ». Cette révolution technologique, estime-t-il, recèle d’immenses promesses : amélioration des services publics, optimisation de la prise de décision, gestion plus efficace des ressources, renforcement de la résilience climatique et émergence de nouveaux secteurs de croissance. Mais il s’est également appesanti sur les défis majeurs qui accompagnent cette transformation. « L’IA soulève des questions fondamentales d’éthique, de gouvernance, d’équité et de confiance », devait-il renchérir.
Faisant écho aux propos du Premier ministre indien, qui présidait la session, Navin Ramgoolam a plaidé pour une feuille de route commune orientée vers un développement responsable et inclusif de l’IA. « It must serve the transformative power of AI. It must serve the whole of humanity. Welfare for all and happiness for all. Without the commitment of the international community this will have no relevance », a-t-il dit.
Démontrant la force transformative de l’IA, Navin Ramgoolam a repris l’exemple cité par le président français, Emmanuel Macron, qui a fait mention des vendeurs de légumes dans les régions retirées de l’Inde, qui ne disposent pas d’adresse fixe et n’opèrent pas de comptes bancaires et n’ont pas d’éducation, mais qui peuvent désormais être payés à travers leurs téléphones mobiles. Navin Ramgoolam a aussi évoqué les réalisations de Maurice dans le domaine l’éducation et la santé.
Il a aussi fait mention du Blueprint publié par le gouvernement, qui se présente comme un pont vers l’avenir. Ce document prévoit la modernisation des services publics et la formation de la population dans le domaine des technologies. Il a également annoncé la création d’une zone économique spécialisée dédiée aux technologies digitales et à l’IA. Cette zone agira comme une plateforme pour les investisseurs mauriciens, mais également pour ceux de la région, et en particulier des pays africains.
Plus tôt dans la journée, le Premier ministre avait participé à l’ouverture officielle du sommet et visité les Country Pavilions en compagnie de Narendra Modi et d’autres dirigeants internationaux. Cette visite lui a permis de découvrir les innovations présentées par les pays participants et de mesurer l’ampleur des investissements consentis à l’échelle mondiale dans le domaine de l’IA. Il a finalement plaidé pour un partenariat stratégique international. » Let this summit be a landmark in the history of humanity where we take a collective decision so that we leave no one behind », a-t-il préconisé.
Au-delà des avancées technologiques, le message mauricien est clair : l’innovation ne peut être dissociée de la responsabilité. Pour Maurice, l’enjeu n’est pas seulement d’adopter l’IA, mais de veiller que celle-ci serve le progrès humain dans toute sa dimension. La participation de Maurice à ce sommet international traduit la volonté du gouvernement de positionner l’île comme un acteur engagé dans la transformation numérique globale.
Au programme du sommet aujourd’hui, les discussions devraient porter sur les cadres réglementaires, la coopération internationale et les partenariats technologiques nécessaires pour encadrer l’essor de l’IA.

