Une vaste opération de la Financial Crimes Commission (FCC) menée tôt, hier, a secoué le Nord du pays, connu comme le réseau Oranz. Plusieurs perquisitions ont été effectuées dans le cadre d’une enquête portant sur un présumé réseau de trafic de drogue et de blanchiment d’argent, avec dans la ligne de mire un homme connu sous le surnom de Poum Luchoo, dont l’ascension financière fulgurante intrigue les autorités. Poum Luchoo, organisateur du prochain festival « Jalsa la Vini », qui aura lieu au stade Anjalay Coopen en mai, était encore dans les locaux du Réduit Triangle jusqu’à fort tard hier.
Toutefois, il est question de connexions politiques de Poum Luchoo avec des Top Guns du gouvernement sortant, dirigé par Pravind Jugnauth. D’aucuns affirment que Poum Luchoo avait fricoté politique avec le défunt ministre Ashit Gungah. Il a aussi été très proche de Bobby Hurreeram. Poum est un très bon ami de Senna Budlorun (ex-beau-frère Bobby Hurreeram). Les limiers de la FCC ont tout d’abord procédé à l’interpellation de Hans Greedhur, un travailleur indépendant résidant à Madame Azor, à Goodlands. Lors de la perquisition effectuée à son domicile, les enquêteurs ont saisi deux véhicules, des ordinateurs ainsi que plusieurs sacs contenant d’importante somme d’argent.
Des bijoux de valeur — notamment des montres, bracelets et chaînes — ont également été récupérés par les officiers de la FCC. L’argent, en roupies mauriciennes et en devises étrangères, serait estimé à près de Rs 7 millions selon une première estimation et sujette à confirmation subséquente.
Selon certaines informations, un bateau serait également associé à Avinash Luchoo. L’embarcation est sous séquestre à Grand-Gaube.
Les premiers éléments de l’enquête affirment que le dénommé, Hans Greedhur serait soupçonné d’agir comme prête-nom, notamment pour des transactions ou acquisitions exécutées au nom de Poum Luchoo. L’opération de la FCC a également permis la saisie d’un impressionnant parc de véhicules, signe apparent d’un train de vie particulièrement élevé. Parmi les biens confisqués figurent une Porsche Cayenne, une Ford Mustang, un Ford Raptor et un 4×4 Nissan. Les enquêteurs ont également mis la main sur un quad ainsi que deux motos de la non moins célèbre marque Harley-Davidson, des engins retrouvés lors des fouilles effectuées à Goodlands et dans l’enceinte d’un spa situé à Pointe-aux-Canonniers. Mais la prise la plus marquante reste sans doute une Range Rover, présentée comme un cinquième véhicule appartenant à Poum Luchoo, qui a été saisie dans le cadre de l’enquête. Ce qui intrigue particulièrement les enquêteurs, c’est la trajectoire de celui qui serait au cœur de cette affaire. Poum Luchoo était connu il y a quelques années encore comme marchand de “mine” (nouilles) sur la plage de Mont-Choisy.
Aujourd’hui, selon les soupçons des autorités, il serait à la tête d’un train de vie de millionnaire, possédant plusieurs véhicules haut de gamme et divers biens. Les enquêteurs tentent désormais de déterminer si cette richesse pourrait provenir d’activités illicites, notamment liées au trafic de drogue. L’enquête de la FCC s’étend également à d’autres individus. Les autorités s’intéressent notamment au cas de Yohan Legentil, arrêté récemment par l’Anti Drug and Smuggling Unit (ADSU) à Roche Terre. Lors de cette intervention, les policiers avaient découvert une cargaison de drogue estimée à Rs 12 millions, et un Ford Raptor avait été saisi. Yohan Legentil avait été arrêté en compagnie de sa sœur, Marie Suzette Legentil. Les enquêteurs soupçonnent que Yohan Legentil pourrait lui aussi agir comme prête-nom, possiblement dans un réseau gravitant autour de Poum Luchoo. L’opération menée hier pourrait n’être que le début d’une enquête de grande envergure. Les enquêteurs de la FCC cherchent désormais à remonter les circuits financiers, identifier d’autres prête-noms et retracer l’origine des fonds ayant permis l’acquisition de nombreux biens saisis. Au fil des investigations, de nouvelles révélations pourraient émerger sur ce réseau présumé qui, selon les soupçons des autorités, mêlerait trafic de drogue, prête-noms et blanchiment d’argent.
Les enquêteurs soupçonnent que cet argent pourrait provenir, totalement ou partiellement, d’activités criminelles, notamment liées au trafic de stupéfiants. L’enquête se concentre désormais sur des infractions potentielles de blanchiment d’argent, en violation des dispositions prévues par la FCC Act. Les investigations se poursuivent afin de déterminer l’origine exacte des fonds et l’étendue du réseau impliqué.

