« Mauritian travelling to Agalega is required to produce bank guarantee of Rs 403 000 to cover period of stay at Agalega in connection with flight to medical emergency. » C’est ce qu’on peut lire dans une circulaire de la direction de l’Outer Islands Development Corporation (OIDC) communiquée aux habitants mercredi, et énonçant une série de nouvelles mesures concernant les visites des étrangers dans l’archipel ainsi que le déplacement des Agaléens vers Maurice. Les îlois sont très remontés contre les autorités en raison de ces nouveaux règlements, et affirment que leurs droits « an tan ki sitoyen morisen pe bafoue ». L’association Les Amis d’Agalega prévoit d’alerter l’opinion publique sur les problèmes qui perdurent dans l’archipel et sur « les situations injustes et discriminatoires » envers les habitants s’agissant des nouvelles procédures.

La circulaire de l’OIDC faisant état des « Standard Operations of Procedure » concernant les voyages à bord du MV Trochetia a été affichée d’une manière très visible au bureau de l’administration, et les informations y figurant ont vite fait la tournée des deux îles. « Bann abitan isi bien ankoler. Nou pa dakor avek sa bann desizion ki pou blok bann Agaleen », confient au Mauricien des habitants.
En tête de liste des griefs : une garantie bancaire de Rs 403 000 que les autorités réclament dorénavant aux personnes souhaitant faire un séjour dans l’archipel. Selon les habitants, cette mesure « vise à limiter l’accès à Agalega ». Ils poursuivent : « Pe dekouraz bann Morisien an zeneral e nou bann fami pou vinn dan zil ! » Et les Agaléens de souligner que l’archipel fait partie du territoire de la République de Maurice au même titre que Rodrigues, ajoutant qu’il n’y a aucune exigence financière spécifique pour se rendre à Rodrigues. « Eski bann otorite pa anvi ki bann etranze dekouver tou bann konstriksion ki pe deroule ek sanzman ki pe arive dan Agalega ? » se demandent sur un ton indigné des résidents de l’archipel.
Pour l’association Les Amis d’Agalega, cette garantie bancaire « ressemble à une fermeture graduelle déguisée et subtile de l’archipel aux non-résidents ». Cette organisation est en train d’analyser en détail les 13 points figurant sur la circulaire et compte tenir une conférence de presse « bientôt » pour faire part de ses commentaires. « Cette garantie bancaire est certes inquiétante pour l’avenir de l’archipel, mais ce nouveau protocole concernant les déplacements des Agaléens vers Maurice contient aussi beaucoup d’injustices envers la population agaléenne », dit Laval Soopramanien, président des Amis d’Agalega. Il est catégorique : « Bann drwa abitan Agalega ek drwa kominote agaleen dan Moris pe bafwe ! ». Avant de lancer un appel à la société civile pour que celle-ci « s’intéresse à la situation qui prévaut à Agalega ».
Selon cette circulaire, « by management of OIDC » – ne comportant ni signature, ni date –, portée à la connaissance des habitants, le Resident Manager sera en charge du « proper implementation of theses procedures » tandis que le Coordinator Social Work, le Public Relations Officer et le Senior Human Ressource Officer ont pour responsabilités « de veiller au respect de ces procédures ». L’OIDC n’a en outre pas précisé si ces nouvelles mesures figurant sur le document entreront en vigueur à compter du prochain voyage du bateau qu’elle organise en ce mois de décembre.
Notons que d’habitude, à chaque fin d’année, des habitants de l’archipel reçoivent la visite de leurs proches vivant à Maurice, tandis que des Agaléens font le déplacement pour être à côté des membres de leur famille à Maurice durant la période des fêtes. Selon des informations disponibles, des habitants ont commencé à se concerter pour protester contre les nouvelles mesures. Ils entreprendront une campagne de sensibilisation de la population pendant ce week-end. En tout cas, plus d’un dans l’archipel prévient que la population « ne restera pas tranquille » et fera entendre sa voix dans les jours qui viennent.


Démarcation entre les voyages « on personal ground » et « on medical ground »

– Un seul billet gratuit pour l’accompagnement d’un malade

L’OIDC établit les caractéristiques des voyages « on medical ground » et ceux « on personnal ground ». Voici les nouvelles mesures annoncées par cet organisme concernant les deux types de voyages, et dont certaines donnent lieu à un grand mécontentement dans l’archipel !
– Présentation obligatoire d’un certificat médical attesté par le Resident Doctor;
– Le billet gratuit pour le patient seulement, et dans le cas d’un patient mineur, « only one parent will be offered a free ticket »;
– Dans le cas d’un patient employé de l’OIDC, celui-ci devra être en poste au Head Office de cet organisme pendant la période de son traitement médical jusqu’à son retour vers Agalega; L’employé de l’OIDC devra reprendre son travail immédiatement sur la base d’un certificat médical; Au cas où l’employé « fail to resume duty at Agalega » après son rétablissement, « he would be considered to be in Mauritius on personal ground »;
– Tout voyage vers Maurice « other than medical ground or persuing secondary/tertiary/vocational education » sera considéré comme un déplacement « on personal ground »;
– Pour tout voyage « on personnal ground », les passagers doivent payer leur billet « in TOTO prior to embarkation »;
– Le tarif du voyage pour les Agaléens est de Rs 4 300 (pour une étape seulement incluant les frais d’assurance) tandis que le “Mauritian tariff”, lui, est fixé à Rs 10 300 (pour une étape seulement, incluant les frais d’assurance). Pour un voyage aller-retour, le passager devra débourser le double de ces deux tarifs distincts;
– Dans le cas d’un voyage « on personal ground », le tarif agaléen ne s’appliquera pas si le passager fait le déplacement à bord d’un bateau affrété pas Afcons. Toutefois, l’OIDC ne donne aucune indication du montant qui sera réclamé au voyageur;
– En cas de voyage « on personal ground », les employés de l’OIDC « are requested » de prendre leurs jours de congé durant leur séjour à Maurice.