PARIS 2024 : Tatiana Le Thiec, Franco-Mauricienne, portera la flamme des Jeux en Alsace

La judoka de 16 ans sur le parcours du 26 juin L’ex-entraîneur d’Arsenal Arsène Wenger sera le dernier porteur de cette région

Tatiana Le Thiec, judoka de 16 ans, de mère mauricienne et rodriguaise, portera la flamme des Jeux Olympiques le 26 juin dans la Collectivité européenne d’Alsace. Tatiana Le Thiec, qui nous a confié sa fierté d’être détentrice du passeport mauricien, est née en France. Sélectionnée par le Comité d’Organisation des Jeux Olympiques et Paralympiques Paris 2024 pour son palmarès prometteur, l’adolescente fera partie des Éclaireurs, relayeurs de la flamme, et parcourra une centaine de mètres avec celle-ci, avant de la transmettre à un autre sportif de sa discipline. Désigné cette fois par la Collectivité européenne d’Alsace pour porter la flamme lorsqu’elle traversera ses villes, Arsène Wenger, l’ex-entraîneur emblématique du club de foot Arsenal, sera aussi de l’événement. Arsène Wenger sera le dernier porteur de la flamme en Alsace. Pour Tatiana Le Thiec, inscrite en sports-études au CREPS, cette participation en tant qu’Éclaireuse est symboliquement aussi un pas vers Los Angeles 2028.

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« Je ne représenterai pas seulement les jeunes de ma génération, mon club de judo et ma région pendant la transmission de la flamme olympique, mais aussi Maurice. Je ferai le parcours pour l’île Maurice, et j’en suis très fière. J’ai les épaules suffisamment larges et solides pour représenter tout cela à la fois », confie Tatiana Le Thiec, entourée de sa famille. Et de préciser dans le même élan : « J’ai mon passeport mauricien ! » Si la judoka de 16 ans explique qu’elle ne sent pas la pression, elle dit toutefois savourer une petite montée d’adrénaline qui annonce l’arrivée de ce grand jour.

À un peu plus d’un mois du grand rendez-vous pour la jeune fille, c’est toute la maison qui trépigne d’impatience et vit l’événement avec une excitation légitime. « Nous avons reçu l’autorisation d’inviter autant de personnes que nous souhaitons. J’en ai parlé aux membres de ma famille et mes proches qui sont à Maurice, Rodrigues et bien entendu en France. Les invitations ont été lancées », nous dit la mère de l’Éclaireuse, Joyce Le Thiec, originaire de Camp du Roi à Rodrigues. La famille s’organise déjà pour le départ vers la Collectivité européenne d’Alsace où arrivera la flamme olympique le 26 juin. La veille, les Le Thiec vont parcourir plusieurs centaines de kilomètres, soit près de 5 heures de route en voiture pour soutenir la petite dernière de la famille.

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Voilà comment tout est arrivé… Le nom de Tatiana Le Thiec pour compter parmi les Éclaireurs de la flamme olympique n’est pas arrivé au Comité d’Organisation des Jeux Olympiques et Paralympiques Paris 2024 par hasard. L’adolescente, qui en est seulement à sa quatrième année de judo, est déjà ceinture marron. Tatiana Le Thiec n’a cessé de progresser. Et de monter sur les podiums, quand elle ne décroche pas la première place dans des compétitions départementales et régionales, portant haut les couleurs de son club, JC Espérance de Nogent-sur-Seine, dans le département de l’Aube.
Ce week-end, elle participe au championnat de France de judo dans sa catégorie (cadettes -70kg) et fraye tout doucement mais sûrement son chemin vers les Jeux Olympiques de Los Angeles en 2028. L’adhésion de la judoka au Centre de Ressource et d’Expertise à la Performance Sportive (CREPS), à Dijon, où elle concilie sports et études, atteste clairement la vocation de la jeune fille. En résidence au CREPS pendant la semaine, Tatiana Le Thiec ne rentre chez elle que durant le week-end. « Je pratique le judo matin et soir », dit-elle. Pourtant, quelques années auparavant, pour s’initier au sport, la jeune fille avait pratiqué le football et le tennis, avant de se lancer dans une discipline de combat.
Tatiana Le Thiec fait partie des profils qui correspondent aux valeurs recherchées dans le sport et incarnées par les fédérations sportives, dont celle du judo. Son nom a été soumis lors de l’appel à candidatures au relais collectif de la flamme olympique. C’est à Strasbourg, la capitale de la Collectivité européenne d’Alsace et inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO, que le judo sera représenté par des Éclaireurs porteurs de la flamme des jeux.

La ville accueille régulièrement des événements importants du judo. Elle accueillera aussi la 41e étape de la flamme olympique. Et en mars dernier, un mail tombe, elle est informée par Paris 2024 qu’elle a été sélectionnée pour faire partie des Éclaireurs.
C’est en lisant ces lignes — « Nous avons le plaisir de vous annoncer que vous allez courir dans l’étape de la Collectivité européenne d’Alsace et ce jour si spécial pour vous sera le mercredi 26 juin 2024 » — que Tatiana Le Thiec a davantage pris conscience de l’ampleur de l’événement. « J’étais très heureuse, trop contente », dit-elle. Le judo, la discipline dans laquelle elle brille, la conduira vers un moment qui restera à jamais gravé dans sa mémoire.

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Depuis mars dernier, les directives de Paris 2024 aux Éclaireurs arrivent au compte-gouttes par mail. C’est la procédure. Pour le moment, Tatiana Le Thiec a été avisée qu’elle assisterait à un briefing au Centre des Porteurs de Flamme de Strasbourg, où elle recevra également son uniforme. De là, elle sera conduite avec les autres Éclaireurs sur le lieu de son relais. La torche, le symbole du relais, lui sera alors remise. Elle recevra la flamme des jeux et aura à parcourir une centaine de mètres avant de transmettre à son tour la flamme à un/e autre Éclaireur/se. La passation de la flamme entre deux porteurs s’appelle le torch kiss. Notre judoka aura pour capitaine Ninon Lasalle, sportive de la même discipline, âgée de 18 ans. Cette dernière détient un palmarès tout aussi éloquent tant aux championnats de France, à quelques reprises, que dans d’autres compétitions.

Et parmi les quelque 100 porteurs qui passeront par l’Alsace, six ont été désignés par la Collectivité européenne d’Alsace. Parmi ces derniers figure l’emblématique Arsène Wenger. Originaire de Duttlenheim, il a été à la tête de l’équipe d’Arsenal pendant 22 ans après avoir été footballeur et l’entraîneur de l’AS Nancy Lorraine, de l’AS Monaco et de Nagoya. Il occupe désormais les fonctions de directeur du développement du football mondial à la FIFA. Arsène Wenger sera le dernier porteur de la flamme pour la région Alsace.
Tatiana Le Thiec se dit prête à être l’ambassadrice du message de paix incarné par la flamme des jeux. Entre-temps, la jeune Franco-Mauricienne poursuit ses activités sportives et scolaires, ainsi que sa vie d’adolescente, sans prise de tête. Toutefois, la vie de la famille recomposée des Le Thiec connaît une certaine effervescence depuis la nouvelle. Le jour de la confirmation de la participation de Tatiana, son père, William, n’a pu contenir sa joie. « Il a sauté pesque au plafond », confie Joyce Le Thiec. Auxiliaire de vie, cette dernière, née Modeste et dont le père est Mauricien, a quitté son village de Camp du Roi pour s’installer en France aux côtés de son époux en 2006.

Si personne ne s’est étonné que la benjamine de la famille s’est mise au sport, c’est parce que chez les Le Thiec, la compétition est une histoire d’ADN. Le père, William Le Thiec, s’est fait un nom en powerlifting et répond régulièrement aux championnats et autres rendez-vous de la discipline. Il en est de même pour la sœur de Tatiana, en l’occurrence Felicia Eddy. À 22 ans, la jeune femme, qui pratique le powerlifting également, est souvent sur la plus haute marche du podium des compétitions européennes. Tout aussi fière des ses origines mauriciennes et rodriguaises, Felicia Eddy n’hésite pas à porter les couleurs du quadricolore lorsqu’elle est en compétition.À TOULOUSE – Ngilan Louis, un autre Mauricien, porteur de la flamme olympique

Pour créer l’ambiance à quelques semaines des JO de Paris, le comité organisateur a organisé une véritable tour de France de ses départements et territoires d’outre-mer de la flamme olympique. Depuis qu’elle a été ramenée de Grèce par voilier, la flamme traverse le pays, grâce à une armée de relayeurs. Vendredi après-midi à Toulouse, la flamme olympique a été portée sur 200 mètres par un jeune Mauricien, Ngilan Louis.

Né à Maurice en 1994 d’une mère française et d’un père mauricien, Ngilan Louis porte un des prénoms du politicien et homme de lettres sénégalais Léopold Sédar Senghor. À 18 ans, après ses études secondaires au Lycée des Mascareignes, Ngilan Louis quitte Maurice pour Toulouse, où il entreprend des études supérieures en management du sport. Il travaille aujourd’hui dans une agence de marketing sportif chargé d’organiser l’animation autour du passage de la flamme olympique dans certaines régions de France, en tant que team leader. Ngilan Louis a appris jeudi qu’il avait été désigné pour être un des porteurs de la flamme vendredi après-midi à Toulouse.

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