Ajay Guness, qui a animé une conférence de presse consacrée au dossier de l’éducation, hier, a lancé un appel patriotique aux lauréats, les invitant à se mettre au service du pays après leurs études. Le leader adjoint du MMM, qui était entouré d’Ariane Navarre-Marie, Sheila Bunwaree, Anil Seeruttun, Anusha Emrith et Vishwanee Naraidoo-Chummun, a félicité tous les lauréats et tous ceux ayant réussi à leurs examens de fin d’études, tout en ayant une pensée spéciale pour les 16% qui n’ont pas réussi.
Tout en faisant appel au sens patriotique des lauréats, Ajay Guness a reconnu qu’il existe « des obstacles » pouvant les décourager à regagner le pays. Il a cité, en premier lieu, la méritocratie, qui est piétinée, selon lui. « Nous vivons dans un pays où seuls les proches du MSM sont certains d’avoir un emploi », a-t-il dit. Il a aussi fait état du marché du travail, avec des opportunités limitées pour les nouveaux diplômés. « Nous prenons l’engagement de rétablir la méritocratie, que ce soit dans le secteur public ou dans le secteur privé. De plus, notre économie doit pouvoir s’élargir de manière à développer de nouveaux piliers, que ce soit au niveau de l’intelligence artificielle, de l’économie bleue, du secteur pharmaceutique et d’autres secteurs d’avenir. Nous ferons notre maximum pour endiguer la fuite des cerveaux », fait-il comprendre.
Abordant la question du Kreol Morisien, il affirme que « c’est notre langue nationale qui fait la fierté du pays. C’est également la langue qui unit la population mauricienne ». Il a rendu hommage à tous les lauréats qui ont eu un mot d’encouragement pour l’introduction du Kreol Morisien au niveau du HSC. Il a également qualifié les raisons mises en avant par le ministère de l’Éducation pour ne pas introduire le kreol morisien au HSC de prétextes, et a souhaité que « notre langue soit introduite comme sujet subsidiaire cette année, et éventuellement comme principal l’année prochaine ». Il déplore le fait qu’alors que le Kreol Morisien a été introduit dans les écoles depuis 2012, « aucune préparation n’a été faite pour son introduction au HSC ».
Répondant à ceux qui estiment que les élèves doivent être bien conseillés avant de prendre le Kreol Morisien au HSC, il estime que c’est un argument utilisé par ceux « qui sont contre son introduction ». Il fait comprendre que les élèves ne prennent pas uniquement le Kreol Morisien, mais doivent également prendre d’autres sujets, y compris le General Paper en anglais.
Concernant la limite des cinq Credits pour être admis en HSC, Ajay Guness est d’avis que 7 842 élèves ne les ont pas obtenus cette année, dont 1 258 ont eu quatre Credits. Il a soutenu qu’un gouvernement PTr/MMM/PMSD permettrait à ceux ayant eu quatre Credits de se présenter aux examens de HSC. « Pour les autres, les parents et les enseignants devront se concerter pour savoir si l’élève peut passer en HSC ou s’il peut prendre deux matières au niveau du GCE Advance », dit-il.
Ajay Guness a également dénoncé avec force la pénurie d’enseignants dans les collèges en raison d’un manque de planification. Il a fait un plaidoyer pour que les Supply Teachers puissent être employés, avant de condamner ceux qui ne respectent pas la dignité de ces enseignants « en leur posant des questions humiliantes lors des interviews ».
À une question de la presse, Ajay Guness s’est dit révolté par le fait que des enseignants soient licenciés faute d’avoir de PGCE. Il a été particulièrement critique face aux institutions qui limogent leurs enseignants en novembre pour ne pas avoir à leur payer leur salaire de décembre.
Il a aussi été question du calendrier scolaire. À ce propos, il s’est demandé si le ministère de l’Éducation a ouvert des discussions avec Cambridge pour voir s’il est possible de revoir le calendrier des examens pour Maurice. Il s’est également demandé pourquoi le gouvernement n’étudie pas l’introduction d’autres options, comme l’International Baccalauréat.
Entre-temps, il souhaite une professionnalisation de l’Online Teaching, avec des équipements appropriés, et un soutien aux élèves qui n’ont pas les moyens financiers. Il s’est en outre élevé contre le retard pour la fourniture des manuels scolaires au niveau primaire et s’est dit révolté par les prix exorbitants des livres à partir du Grade 6.

