– La BoM accélère la normalisation des taux d’intérêt
Le taux d’inflation Year-on-Year, qui était à 11,5% en août dernier, puis à 11,9% en septembre, s’est maintenu à ce niveau en octobre, soit à 11,9%, comparé à 5,8% en octobre 2021. L’Headline Inflation affiche la même tendance inquiétante. À 8,8% en août dernier, elle atteint maintenant 9,9%. Cet indicateur s’avère comme un facteur déterminant en vue des prochaines consultations tripartites pour la prochaine compensation salariale.
Ce n’est que récemment que le taux directeur a été réajusté à deux reprises par la Banque de Maurice (BoM) afin de lutter contre le monstre inflationniste, qui réduit considérablement le pouvoir d’achat des consommateurs. Toutefois, les effets du resserrement monétaire initié par le Monetary Policy Committee (MPC) – avec une hausse de 0,75% du taux directeur, dans un premier temps, puis de 1% – n’auront pas d’effet immédiat sur l’inflation. Entre-temps, les prix continuent de prendre l’ascenseur, comme le prouve le dernier Consumer Price Index.
Cet indicateur économique a en effet bondi ces derniers mois, et est passé à 124 (juillet 2022) à 125,7 le mois dernier, et ce, alors qu’il était à seulement 112,3 en octobre 2021… Un rapide coup d’œil sur l’évolution des prix sur le marché local montre une hausse de 0,4% (entre septembre et octobre 2022) des prix alimentaires et boissons non alcoolisées. La hausse des prix se manifeste également sur d’autres postes de dépenses, que ce soit le logement, l’électricité, le gaz ou les carburants (+3,6%). Le prix des légumes, de la viande, des voitures et de la nourriture préparée est en hausse, tout comme les taux d’intérêt sur les prêts-logement.
Face à ce phénomène de poussée inflationniste inquiétant, le Monetary Policy Committee (MPC) s’est réuni le 4 novembre et a décidé de procéder à une deuxième hausse du Key Repo Rate (KRR), le portant ainsi à 4%. Pour tenter de redresser la barre, le MPC n’a pu que suivre les initiatives des banques centrales internationales, comme la Réserve fédérale américaine, la Banque centrale européenne et la Bank of England.
Le MPC reconnaît que les pressions inflationnistes vont perdurer et s’est fixé comme objectif de contenir l’inflation autour de 9,5% pour 2022. Pour ce faire, le comité accélère le processus de normalisation des taux d’intérêt, « at the same time, the aim is to close interest rate differentials whilst further containing excess volatility in the FX market ». Pour 2023, la Banque Centrale prévoit un taux d’inflation nettement inférieur, dans la fourchette de 5% à 6%. Entre-temps, et d’ici décembre, si l’inflation continue sur sa tendance, le comité de politique monétaire pourrait se réunir et revoir une nouvelle fois à la hausse le taux directeur.

