Oui, nous y sommes. Si ce n’est la persistance de sir Keir Starmer de refuser de laisser utiliser la base militaire de Diego Garcia pour bombarder l’Iran, nous serions en plein dans la mélasse ! Mais combien de temps Starmer résistera-t-il ? Océan Indien, zone de paix. Où le ciel azur serait déchiré par missiles et autres “stealth”, monstres mortels transportant des armes nucléaires. Et si par malheur l’un de ces foutus engins était dirigé sur nous ? Les risques sont déjà là, avec ce navire iranien abattu dans l’océan Indien par un sous-marin US. Les images glacent le sang.
Cette guerre déclenchée par Israël et son acolyte de tous les mauvais coups, les États-Unis, contre l’Iran, est traumatisante. La requête de Navin Ramgoolam, Premier ministre, en faveur d’un cessez-le-feu n’est-elle pas plus qu’une réplique “real politikman” correcte ? Acceptons-nous d’avoir le sang des innocents tués – de toutes les parties concernées – sur nos consciences ?
Nous avons la chance de ne pas être nés dans ces pays où les conflits armés sont des constantes. En ces périodes de carêmes chrétien et musulman, et avec la grande spiritualité de toutes les communautés du pays, les prières sont multipliées. Il faut cependant aussi des actions. Des prises de position fermes.
Des informations circulent – pas encore totalement vérifiées – à l’effet que quelques puissances arabes (Arabie Saoudite, Koweït, UAE) vont finalement désinvestir leurs capitaux de chez leur « partenaire » des États-Unis. Ce qui pourrait être une sortie de crise. Mais rien n’est sûr. Avec Trump, tout est possible.
Comme ses raisons – multiples, et certaines même farfelues – de ce shérif autoproclamé de la planète pour justifier les attaques sur l’Iran et le Liban. Toute la semaine, il s’est échiné à trouver une foule d’arguments. Pendant que les (mauvaises langues ?) “whistle blowers” pointent du doigt les Epstein Files. Car, effectivement, depuis le week-end dernier, les médias classiques n’évoquent plus du tout ce fâcheux dossier. Coïncidence, détournement de l’attention locale et mondiale, cover-up…, acte délibéré ?
Jusqu’où iront Trump, soudainement devenu le plus démocrate des Américains – il veut libérer le monde des tyrannies (son coup au Venezuela et son désir d’appropriation du Groenland entrent-ils dans cette catégorie ?) – et son allié assoiffé de sang ? Cette escalade au Moyen-Orient nous met à l’orée d’une Troisième Guerre mondiale. Et si des puissances telles que la Chine, l’Inde, la Corée du Nord ou la Russie s’en mêlent… alors adieu la paix et bonjour le cauchemar !
Aux portes de l’enfer, nous y sommes aussi s’agissant de la situation, brûlante, de la drogue. Il ne se passe plus un jour sans plusieurs « incidents » impliquant des « présumés trafiquants ». Certains se sont déroulés au nez et à la barbe des policiers. Ceux-ci ont réagi, heureusement… mais après coup. Est-ce que, sur le moment, certains auraient « peur » de quelques têtes brûlées ? Ou auraient-ils besoin de « prendre des instructions avec des hauts gradés » avant d’agir ? Durant ces deux ans de l’Alliance du Changement au pouvoir, il a été prouvé que des connivences entre trafiquants et certains policiers, certains officiers de prison, voire certains hommes de loi, existent.
Et le plus dangereux dans ces vidéos postées au quotidien par des citoyens lambda, c’est le ton qui monte à chaque fois. Ces usagers de drogues – qu’elles soient injectables ou simik – sont violemment pris à partie. Certainement l’on comprend l’agacement, pire, la fureur, de ces compatriotes qui en ont plus que marre de voir jeunes et adultes en état de manque ou qui se baladent avec leur arsenal de shoot. Nos forces de l’ordre, les instances devant régir ces situations, vont-elles réagir promptement et correctement ? Ou devons-nous attendre qu’il y ait un incident fatal, et donc mort d’homme ?
Les pistes de solution existent. Et il ne s’agit pas de simple répression; loin de là. Ces compatriotes sont des victimes, des patients. Oui, leur comportement dérange, effraie et provoque l’indignation. Mais ils ne doivent en aucun cas faire les frais des dérapages citoyens. Ni être jetés en prison. Le président de la Human Rights Commission, l’ancien DPP Me Satyajit Boolell, l’a bien souligné dans son dernier bulletin de février. N’est-il pas temps que tous ces organismes – CNDH, bureau du DPP, police, NADC, société civile, ONG, etc – œuvrent de pair ?
Husna Ramjanally

