Rencontre trimestrielle : Padayachy exhorte le privé à se montrer plus innovateur

Le ministre des Finances : « Cette année sera celle de la stabilisation de l’économie, et de la roupie en particulier »

Le ministre des Finances, Renganaden Padayachy, a exhorté le secteur privé à mettre davantage l’accent sur l’innovation afin de résoudre certains problèmes de l’heure, dont la question de la compétitivité par rapport aux autres pays de la région. II a fait part de ce sentiment à l’issue de la réunion trimestrielle hier, à Ébène, réunissant les responsables du ministère des Finances, de la Banque de Maurice, de l’Economic Development Board (EDB) et d’autres institutions gouvernementales, de même que les capitaines du secteur privé.

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Parmi les autres questions évoquées figuraient le coût de l’électricité, la stabilité et l’économie et de la roupie, aussi bien que la dépréciation.

« Nous avons eu une réunion très positive, qui nous a permis d’aborder ouvertement les problèmes auxquels nous sommes confrontés.

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L’objectif de cette instance est de faire remonter très vite les problèmes et d’apporter des solutions rapidement. Les choses avancent », a déclaré Renganaden Padayachy.

« Nous avons évoqué les défis qui se présentent pour 2023. 2022 aura été une année de forte reprise, malgré tous les problèmes au niveau international et la guerre en Ukraine, qui a provoqué une hausse vertigineuse de l’inflation. Malgré le fait que les perspectives de croissance à l’international ont baissé fortement en 2022, nous avons réussi à avoir une économie performante. Elle a été accompagnée de l’inflation, importée à plus de 75% à cause de la guerre », dit-il.

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« Pour 2023, nous nous penchons sur nos facteurs de production. Si au niveau du capital, nous n’avons pas de problème, toutefois, concernant la disponibilité des ressources humaines, un Fast Track a été institué et permet d’accélérer les demandes en matière de Work Permits afin que nous puissions maintenir une bonne performance économique », poursuit le Grand Argentier. Il a par ailleurs confirmé que la question de l’énergie et la hausse des tarifs d’électricité a été évoquée.

« Il s’agira de savoir comment trouver des solutions appropriées afin que les entrepreneurs et les PME ne souffrent pas trop de cette révision à la hausse de ces prix », concède le ministre, ajoutant que la question de Cost of Doing Business figurait également à l’agenda.

Parlant de la situation économique en général, le ministre insiste qu’une forte reprise économique a des impacts sur le pays. « Il faut veiller qu’il n’y ait pas de répercussions sur les autres indicateurs économiques », reprend-il. Pour ce qui est de la croissance pour l’année financière 2022-2023, les estimations sont dans la fourchette de 8% à 8,5%, selon lui.

Interrogé concernant le taux d’inflation, Renganaden Padayachy a fait comprendre qu’il faut prendre en compte plusieurs phénomènes externes par rapport au dollar. « Le taux directeur à l’étranger fait qu’il y a eu une appréciation du dollar. Il y a aussi un phénomène au niveau local. Le pays est sorti d’une crise profonde pour entrer dans une phase de progression. Les exportations ont augmenté, mais les importations ont aussi augmenté. Il y a par conséquent une forte demande, qui impacte la valeur de la roupie. La Banque centrale analyse les données et prend des actions en conséquence », rassure-t-il.

Il a aussi laissé entendre que cette année « sera celle de la stabilisation de l’économie », et en particulier de la roupie. « Il nous faut réussir notre politique pour maintenir une stabilité des prix. Mis à part une inflation importée, nous voulons limiter l’inflation au niveau local. Nous travaillons sur ce dossier. L’inflation a été assez élevée l’année dernière, mais cette année, ce sera un peu moins. Pour le court terme, il y aura une stabilisation des prix », indique-t-il.

Concernant les rentrées en devises étrangères, Renganaden Padayachy se réjouit de la forte reprise de l’industrie touristique l’année dernière. Toutefois, il reconnaît que le pays n’a pas encore atteint son plein potentiel à ce niveau, et qu’il y a donc encore un manque à gagner au niveau des devises. Il rappelle que la Banque de Maurice a mis quelque USD 3 500 millions sur la table pour maintenir la valeur de la roupie.

Au sujet de l’injonction concernant la subvention de Rs 500 millions mise à la disposition de la State Trading Corporation (STC) pour assurer un prix raisonnable de l’huile comestible, le ministre des Finances affirme que le gouvernement en a pris note et viendra avec des mesures appropriées.

« Pour nous, lorsque les subventions ont été introduites afin de baisser le prix de l’huile, il fallait prendre en considération les finances publiques. Nous ne pouvions donner des subventions partout. Cela aurait coûté énormément. Nous avons préféré accorder des subsides à la STC. Nous trouverons une autre formule afin de pouvoir maintenir le prix compétitif de l’huile comestible », fait ressortir le ministre.

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Jean Pierre Dalais (Business Mauritius) : « Une réunion constructive »
« Nous avons eu une réunion très constructive. Le ministre des Finances a été très à l’écoute. Différents opérateurs ont pu s’exprimer de manière claire sur les soucis et défis auxquels nous sommes confrontés pour le moment et la nécessité de les résoudre de la manière la plus efficace possible afin de poursuivre notre croissance économique.
Cela va se traduire par des propositions concrètes avec la soumission d’un mémorandum début avril. Le secteur privé, dans son ensemble, est motivé et est décidé d’avancer de manière constructive.
La priorité du budget est de poursuivre la relance économique. Il y a un certain nombre de mesures qui sont importantes pour notre développement économique. L’ouverture du pays est aussi importante. Nous avons par ailleurs constaté quelques obstacles, qui seront surmontés ensemble. »

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