Reza Uteem, porte-parole du MMM sur le dossier de l’économie, s’est appuyé sur les chiffres de Statistics Mauritius pour démontrer que les prix des légumes ont augmenté de 54,8% de décembre 2023 à mars 2024. Il déplore ainsi l’absence de mesures pour répondre à la cherté de la vie. La dépréciation de la roupie se poursuit, a-t-il fait ressortir, passant de Rs 31 pour 1 USD en décembre 2014, à Rs 47 aujourd’hui.
Reza Uteem est d’avis que « même la classe moyenne n’arrive pas à joindre les deux bouts. » D’après lui, le ministre des Finances, Renganaden Padayachy, aurait pu enlever la TVA sur des produits de première consommation comme des Processed Foods et des biscuits. Face à l’explosion des tarifs du fret, il s’est demandé pourquoi il n’y a pas l’introduction d’un Freight Rebate Scheme, comme tel est le cas pour l’exportation ainsi que pour l’importation des produits de première nécessité.
De même, rien n’a été prévu pour assurer une réduction des prix des médicaments, regrette Reza Uteem. « Les hôpitaux et autres Mediclinics – qui auraient dû fournir des médicaments gratuitement – sont en rupture de stock. Le Public Accounts Committee s’est penché sur cette question. Il y a une mafia à l’œuvre dans l’approvisionnement des médicaments », dit-il avec force. Pour lui, le gouvernement aurait dû pourvoir des « vouchers » aux personnes pour les médicaments non-disponibles dans le circuit de la santé publique. « Mais on ne veut pas contrarier les amis importateurs », avance-t-il.
Reza Uteem déplore également l’absence de mesures pour s’approvisionner sur des marchés parallèles : « Pourquoi ne pas obliger les médecins à prescrire des médicaments génériques qui coûtent moins cher ? Pourquoi ne pas appliquer les recommandations de la Competition Commission ? Le gouvernement est l’otage des importateurs », s’interroge-t-il.
L’intervenant note que la baisse du prix de l’essence et du diesel était également attendue, mais il n’en a rien été. « L’année dernière, on avait réduit de Rs 5. Une nouvelle diminution aurait entraîné des coûts de production moindres et le prix en recul de certains produits », poursuit-il. Pourtant, précise-t-il, la STC a collecté 40% de taxe supplémentaire sur les produits pétroliers, de décembre 2014 à ce jour.
Se référant à une interpellation parlementaire du 16 mai 2023, il précise que la taxe perçue sur les produits pétroliers de juillet 2022 à mai 2023 s’élevait à Rs 10,8 milliards : « De ce chiffre, seulement Rs 4,9 milliards ont été utilisées sur les subsides. » Évoquant la baisse du prix du gaz ménager, qui est passé de Rs 240 à Rs 190, il a fait ressortir qu’en 2020, alors que le montant prélevé sur les produits pétroliers pour les subsides était à Rs 3, le gaz ménager se situait à Rs 180. « Aujourd’hui, on prélève Rs 7.20 et le prix est à Rs 190. Et dire que certains trouvent que c’est une mesure historique… », a ironisé le parlementaire mauve.
D’autre part, Reza Uteem qualifie le budget 2024-2025 d’inflationniste, qui sera financé par la dépréciation de la roupie et les taxes, engendrant davantage de dettes. Il a fait ressortir des données comme suit : « En 2019, les revenus fiscaux étaient de Rs 73 milliards et la dette s’élevait à Rs 237 milliards ; en 2020, les revenus étaient de Rs 95 milliards et la dette de Rs 353 milliards ; aujourd’hui, les estimations pour les revenus fiscaux sont de Rs 196 milliards et la dette a atteint les Rs 567 milliards… »
Dans un tel contexte, a précisé Reza Uteem, chaque enfant naîtra avec une dette de Rs 470 000. « Le FMI a déjà tiré la sonnette d’alarme à ce sujet. Moody’s nous a Downgraded, mais le ministre des Finances persiste à nous endetter », devait-il faire ressortir. Il a également critiqué le gouvernement sur la mauvaise gestion du Flood Management Programme. Des Rs 3 milliards prévues dans le dernier budget pour la construction des drains, seules Rs 1,7 milliard ont été utilisées. « Lors des dernières inondations, nous avons vu les conséquences désastreuses, y compris dans ma circonscription », regrette-t-il.
Le député du MMM a ainsi dénoncé le fait que seules trois familles sur les 11 affectées par les inondations ont bénéficié de la considération de la part du Premier ministre et reçoivent de l’aide pour le relogement. Il a également regretté que sur les 12 000 maisons promises sous le NSLD, seules 3650 seront livrées d’ici décembre. « Auparavant, on avait dit Rs 12 milliards pour 12 000 maisons et maintenant c’est Rs 13,8 milliards pour 8000 maisons.
Qu’en est-il des frais pour le consultant qui a été remercié ? Certains parlent d’un demi-milliard. Par ailleurs, le salaire du CEO de NLSD, un nominé politique qui n’a jamais réalisé un projet immobilier de sa vie, s’élève à Rs 600 000. C’est cela les nouvelles valeurs militantes », laisse-t-il entendre, avec un brin de sarcasme.
Reza Uteem déplore également que les Self-Employed, qui n’ont pas de salaire minimum et dont beaucoup ne touchent pas la CSG Allowance, aient été oubliés dans ce budget.

