Salaires et conditions de service : Le PRB au menu des discussions  à la State House et à la GM House

Une délégation de la SOEF, menée par Radhakrishna Sadien, reçue par le président de la république pour aborder les doléances des fonctionnaires

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Le dossier des recommandations du Pay Research Bureau (PRB) en matière de révision salariale et de conditions de service dans le secteur public continue à monopoliser l’attention au plus haut sommet de l’État. Outre la question des modalités de la mise à exécution du rapport, dont le paiement des augmentations en deux tranches avec les répercussions par rapport aux départs à la retraite dès cette année, qui a été abordée lors des délibérations du conseil des ministres d’hier matin, la State House a été saisie en parallèle de la question de manière formelle par des syndicalistes.

Ainsi, les préoccupations soulevées par les syndicalistes à propos du dernier rapport du Pay Research Bureau (PRB) étaient au centre des discussions, hier, à la State House, lors d’une rencontre entre le président de la République, Dharam Gokhool, et les dirigeants de la State and Other Employees Federation (SOEF). Ce rendez-vous, sollicité par la fédération syndicale, avait pour objectif de transmettre au Premier ministre, Navin Ramgoolam, les principaux griefs des représentants syndicaux par l’entremise du chef de l’État.

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À l’issue de cette rencontre d’environ 45 minutes, le négociateur de la SOEF, Radhakrishna Sadien, a expliqué qu’au-delà des doléances concernant le rapport du PRB, il a également attiré l’attention du président sur le manque de consultations au niveau du ministère de la Fonction publique, ainsi que sur l’absence de nominations au sein des conseils d’administration du Mahatma Gandhi Institute (MGI) et du Mauritius Institute of Training and Development (MITD).
Il a fait ressortir que depuis les dernières élections générales, le MITD ne dispose toujours pas de Chairman, et qu’un Principal Assistant Secretary (PAS) assure la fonction d’Officer in Charge. Radhakrishna Sadien a aussi fait remarquer que des bourses d’études sont accordées aux membres du personnel du département des ressources humaines au détriment du staff technique.

Abordant plus spécifiquement le dossier du PRB, Radhakrishna Sadien a indiqué avoir signalé au président que le rapport sera appliqué en deux tranches, alors qu’il ne prévoit une table de conversion que pour l’année 2026, la seconde tranche étant programmée pour 2027.

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« J’ai également fait savoir au président de la République que de nombreux employés partiront à la retraite en 2026. Ils ignorent totalement comment leur lump sum et leur pension seront calculés si le rapport est appliqué en deux phases. Cela crée une grande incertitude », a-t-il affirmé.

Le négociateur a dénoncé par ailleurs ce qu’il qualifie de discrimination à l’encontre des fonctionnaires, lesquels, une fois l’option signée, ne peuvent plus contester le rapport du PRB — une situation inexistante dans le secteur privé, selon lui.
Bien que les fonctionnaires aient jusqu’à mi-mars pour signer l’Option Form, certains chefs de département, notamment à la police et au ministère de l’Éducation, exerceraient des pressions pour faire signer les documents dans les plus brefs délais, a dénoncé le syndicaliste.

Radhakrishna Sadien a aussi exprimé de vives inquiétudes concernant la clause de force majeure incluse dans le rapport du PRB. « Cette section donne l’impression qu’on pourra remettre en question plusieurs conditions de travail. C’est très grave. Elle fait référence à des situations telles que des catastrophes naturelles, le Covid-19 ou d’autres circonstances extraordinaires, mais pour nous, c’est une clause ouverte (open-ended) susceptible d’affecter les passage benefits, le travelling, les congés, etc. J’ai dit au président que cette clause peut permettre de revoir les conditions de travail de manière unilatérale », s’indigne-t-il.

Il a également jugé « inacceptable » que le rapport affecte la Sunday Allowance, appelant à la réintroduction de ce système afin que les salariés ne se retrouvent pas dans une situation encore plus défavorisée.
Pour lui, le PRB tenterait également de supprimer l’allocation de transport sous prétexte que le transport public existe.

La délégation de la SOEF a profité de cette rencontre pour évoquer le manque de réunions et l’absence de dialogue avec le ministre de la Fonction publique, Raj Pentiah. « Il y a un réel breakdown dans la communication », a conclu le négociateur.

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