Secondaire privé : Tribulations d’un Manager auprès de la PSEA

D’abord disqualifié, il reçoit une lettre confirmant son enregistrement pour l’année scolaire 2024, puis l’autorité lui fait comprendre qu’elle s’est trompée…

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Les nouveaux règlements pour l’enregistrement des Managers des collèges privés donnent du fil à retordre non seulement à ces derniers, mais également aux officiers de la PSEA. Les rebondissements concernant la demande d’enregistrement d’un Manager en disent long. En l’espace de quelques jours, il a reçu trois correspondances de la Private Secondary Education Authority (PSEA), avec trois versions différentes…

Pour l’année scolaire 2024, la PSEA a décidé de revoir les critères d’éligibilité pour pouvoir exercer comme Manager d’un collège privé subventionné. Il y a d’abord, une limite d’âge, fixée à 70 ans. Le demandeur doit également avoir une connaissance pédagogique, ainsi qu’un certificat de caractère neutre. De même, un Manager ne pourra diriger qu’un seul collège, même s’il en possède deux. L’enregistrement n’est valable que pour un an. Finalement, la vice-Première ministre et ministre de l’Éducation, Leela Devi Dookun-Luchoomun, détient le pouvoir de rejeter une demande, si elle estime que le demandeur ne le mérite pas.

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Un Manager, dont le collège compte plus de 50 ans d’existence, a fait une expérience rocambolesque, suivant l’entrée en vigueur de ces nouveaux règlements. D’abord, il reçoit une lettre de la PSEA, indiquant qu’il n’est pas éligible pour l’enregistrement, car il a déjà dépassé la limite d’âge imposée, soit 70 ans. L’autorité lui demande même de trouver quelqu’un pour le remplacer dans les plus brefs délais.

Or, deux jours plus tard, il reçoit une deuxième lettre de la PSEA, signée du directeur, Shiv Luchoomun, qui n’est autre que l’époux de la VPM et ministre de l’Éducation.  Celui-ci indique : « I wish to inform you that under Section 12 of the Education Act (as amended), you have been registered as Manager for the year 2024. » L’autorité régulatrice lui attribue même un matricule, qu’il devra utiliser pour ses différentes démarches et lui rappelle ses responsabilités en tant que Manager. La lettre mentionne également que sous l’article 14 de l’Education Act, la VPM et ministre de tutelle peut également annuler l’enregistrement « on any of the grounds on which he would have been entitled to refuse registration under Section 13. »

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Or, trois jours plus tard, justement, le Manager a reçu une nouvelle lettre de la PSEA, lui demandant de « disregard » la deuxième lettre qui aurait dû être adressée à son fils et non à lui. En clair, ce n’est pas lui qui a obtenu l’enregistrement comme Manager d’un des départements du collège. L’autorité lui rappelle qu’il n’est pas éligible, étant donné qu’il a dépassé l’âge limite imposé.

Dans les milieux de l’éducation secondaire privé, ce cas fait grand bruit.  « Cela démontre avec quel amateurisme, on travaille à la PSEA », déplore un Manager, mis au courant de cette situation. Lui-même demeure en attente d’une réponse de la PSEA pour sa demande d’enregistrement soumise il y a plus d’un mois.

Les tribulations de ce Manager suscitent également de nombreux commentaires. Car il n’y a pas longtemps, il avait célébré l’anniversaire de son collège, en présence des ministres et députés de sa circonscription, ainsi que de Lady Sarojini Jugnauth. Pour l’occasion, il n’avait pas hésité à montrer sa couleur politique. Le paradoxe est que quelques mois plus tard, il a été le premier à tomber sous le couperet de la PSEA de Luchoomun…

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