Sécurité : trois retraités sans défense victimes d’agression mortelle

Invariablement, le mobile du cambriolage à domicile retenu dans le cadre des enquêtes policières

- Publicité -

En une semaine, le pays a connu trois meurtres. Les trois victimes sont des retraités sans défense en leurs domiciles. Invariablement, le mobile dans chacun de ces crimes demeure le vol. Face à cette situation, la police se réveille et demande aux personnes âgées de prendre un maximum de précaution pour assurer leur propre sécurité. Les Casernes centrales les invitent ainsi à télécharger l’application mobile Sekirite et d’y écrire leurs détails personnels. En cas de danger, l’utilisateur peut rapidement avertir le National Command Centre de la police. Des officiers du poste de police le plus proche devront en principe se déplacer en urgence en cas d’alerte. Entre-temps, les investigations sur ces trois cas de meurtre progressent avec des suspects appréhendés.

Vendredi 22 mars, la police découvre le corps de Abdoola Fakeermahamood (63 ans), plus connu comme Said, à l’étage de son domicile, rue Hyderabad, Plaine-Verte. L’homme n’avait plus donné signe de vie depuis quelques jours déjà. Ses amis et proches ne cessaient de frapper à sa porte, cadenassée, mais en vain.

- Publicité -

La victime louait une partie de sa maison à un tailleur, qui se trouvait à l’étranger, et dont le fils, Zaid Santally (42 ans), un toxicomane notoire, avait l’habitude de soutirer de l’argent à la victime. Des habitants ont alors aperçu son épouse, Saamnaz Santally (39 ans), entrant furtivement dans la maison de la victime. Appréhendée, elle a avoué que le sexagénaire se trouvait à l’étage avec Said Fakeermahamood. Mais la victime avait déjà rendu l’âme. L’autopsie a attribué son décès à un œdème pulmonaire et cérébral. Des produits illicites auraient été administrés à la victime par ses bourreaux.

La police a également appris que de gros retraits d’argent avaient été effectués du compte bancaire de la victime. La Major Crime Investigation Team (MCIT) compte d’ailleurs solliciter les autorités compétentes judiciaires pour accéder à ses documents bancaires. Au niveau de l’enquête, seule Saamnaz Santally a accepté de collaborer avec la police. Selon elle, le quadragénaire aurait séquestré la victime pour la forcer à signer des documents l’autorisant à effectuer ces retraits d’argent.

- Advertisement -

Le deuxième cas est celui de Marc Henri Collaud, un ressortissant suisse (75 ans) habitant Terre-Rouge. Le corps de ce retraité a été découvert chez lui dimanche dernier, alors qu’il ne donnait plus signe de vie. Une voisine, qui devait lui apporter à manger, avait frappé à sa porte plusieurs fois, sans obtenir toutefois de réponse.

C’est à travers une fenêtre que la police a vu la victime allongée sur le sol, les mains ligotées et un fil de nylon autour du cou. L’homme portait des blessures sur plusieurs parties du corps. Marc Henri Collaud avait été étranglé la veille lors d’une tentative de vol. Le Suisse était marié à une Mauricienne et sa maison étant toujours en construction, il n’avait pas souhaité que son épouse soit sous ce toit le temps des travaux.

Des limiers de la CID de Terre-Rouge ont examiné les fréquentations de la victime. C’est ainsi qu’elle a appris que le retraité avait l’habitude de donner de l’argent à des personnes sollicitant son aide. Les enquêteurs ont alors appréhendé Linley Bony Potou (24 ans) et sa concubine, Jacqueline Valérie Hogan (40 ans). Cette dernière a avoué que la victime lui avait déjà donné de l’argent dans le passé et qu’elle avait décidé de cambrioler son domicile. Ainsi, pendant qu’elle détournait l’attention du Suisse samedi soir, son concubin s’était introduit à l’intérieur en passant par une fenêtre.

Marc Henri Collaud a néanmoins entendu du bruit, et s’est rapidement retrouvé face au cambrioleur. Le ressortissant suisse a cependant tenté de se défendre en vaporisant une substance sur le visage du suspect. Ce dernier, fou de rage, se serait ainsi saisi d’un morceau de bois qui se trouvait dans la maison avant d’en asséner plusieurs coups au propriétaire des lieux. Ensuite, sa complice et lui ont ligoté la victime. Cette dernière ne voulant pas révéler où il conservait son argent, Linley Potou l’aurait étranglée. Le couple a ensuite pris quelques objets avant de quitter les lieux.

Le troisième meurtre est celui de Razeeyah Nuther Saib (71 ans), survenu à Trèfles, où elle habitait seule. L’alerte aura été donnée à la police de Stanley mercredi soir par ses proches, car ces derniers n’avaient plus de ses nouvelles.

La victime gisait au rez-de-chaussée de sa maison, qui était par ailleurs en sens dessus dessous. L’autopsie a conclu que cette ancienne maîtresse d’école avait été étranglée.
La police a arrêté Jansen Kervin Somadoo (24 ans), car ce dernier avait été aperçu rôdant dans les alentours plusieurs fois avant le drame. Les enquêteurs ont appris que celui-ci était venu faire du repérage, estimant que la retraitée constituait une proie facile. C’est ainsi que le 23 mars, il s’est introduit dans sa maison.

Problème : Razeeyah Nuther Saib l’a surpris. Et malgré son âge avancé, elle avait offert une ultime résistance, qui s’est avérée fatale. Le suspect l’a alors agressée sauvagement avant de la traîner au sol et, finalement, de l’étrangler. Jansen Kervin Somadoo est reparti avec un téléviseur et la voiture de la victime, qu’il a par ailleurs abandonnée à Rose-Hill durant la semaine. Le jeune homme est passé aux aveux et a même restitué les clés de la voiture.

Encore, les meurtriers présumés en détention ne sont pas étrangers aux séquelles d’abus de stupéfiants…

EN CONTINU
éditions numériques