Amine Radi ne fait pas dans la dentelle. Avec lui, le show peut prendre des tournures spectaculaires. Comme cette lettre d’un fan mauricien qui lui a été adressé et qui lui avoue qu’il est venu à son spectacle avec une fille qu’il aime qui va bientôt se marier. Sauf qu’Amine Radi, lui, a fait les choses en grand, en conviant le fan sur scène.
Sa dulcinée a préféré faire comprendre par l’entremise de sa cousine que le gars se faisait tout un film dans sa tête. Se prendre une raclette, c’est gênant certes, mais attention, en humour, tout est permis. Et pour Amine Radi si l’occasion lui est donnée de faire fusionner un couple, il s’y colle.
Détonnant le show d’Amine Radi, dimanche au Trianon Convention Centre ! L’artiste a prouvé qu’il pouvait se coller à la culture de notre pays en entonnant son fameux “Ki pozision” ? L’expert-comptable, qui sait jongler avec les chiffres, a appris qu’à Maurice, les numéros font aussi partie de notre folklore. D’ailleurs, il a repéré des “35” dans la salle… mais son idée première est avant tout de faire rire les Mauriciens. Beaucoup l’ont accompagné dimanche, dans son délire au Trianon Convention Centre.
De son show se dégage une forme d’authenticité, de renouveau et d’originalité. Avec une vidéo pour s’amuser, il a cumulé aujourd’hui plus de 800 millions de vues sur Internet. Ce qui fait sa force, c’est la possibilité de calquer son répertoire sur son vécu et sur les gens issus des diverses cultures des pays qui le font voyager.
Il n’hésite pas à mettre sa mère en vedette en disant : « Quand petit, je me retrouvai à terre, la première chose que ma mère faisait était de s’assurer que le vélo est intact. Posant un doigt sur sa bouche et frottant le mur, comme si elle voulait y laisser son empreinte. C’est sa façon à elle d’évaluer les dégâts. Il ne faut pas être étonné si les Arabes sont vite repérés, avec autant d’ADN sur les murs. »
Ce qui est intéressant dans l’approche de cet humoriste, c’est sa manière de jouer sur les mots, pour donner plus de consistance à sa trame. « Y a-t-il des Indiens dans la salle ? Je ne comprends rien de vos films Zindagi par-ci, par-là, l’acteur, il a le temps de chanter, se doucher, courir, on veut l’assassiner et la balle continue de se figer dans le temps. » Avant d’inviter un Indien, une Algérienne, une Mauricienne à venir danser sur une chanson indienne.
Et lui, Amine, de se marrer aussi avec des chants marocains, en disant que les chants qui sont perçus comme de l’amour dans son pays sont lourds de sens, mais pour un Français cela n’est pas mieux : « Je t’aime un lundi, un mardi, un mercredi. Et le mieux est à venir, écouter bien, je t’aime en janvier, en février. C’est à mourir de rire. À Maurice, j’ai découvert la chanson de Tacha l’amour… Ti lamour, mo bizin dir twa Fabiano, je t’aime de tout mon cœur. » Et de lancer en guise de boutade : « Y a des gens qui ont de l’argent comme Franklin ici, on ne sait jamais ? Et votre PM, il va bien Pinocchio ? »
Rien ne fait peur à Amine Radi, pour lui tous les coups sont permis et il joue bien sa carte de l’autodérision et de l’improvisation prenant sous sa coupe son public. Il se moque gentiment de nos policiers à la taille un peu « trop ronde » à son goût. « À Maurice, ce n’est pas un métro que vous avez mais un tramway. Et l’avion d’Air Mauritius, c’est pas mieux non plus. Moi, j’ai voyagé en business class qui n’a rien à voir avec ma chambre d’adolescent au Maroc. Ici, tu as la wifi, des desserts que j’ai vite fait de rempiler dans mes valises, on ne sait jamais… »
Son humour n’est jamais glauque, juste une vision caricaturale de la vie avec cet art de surfer sur tous les thèmes sans fausse note. Amine Radi plaît par son approche. Avec lui au final, c’est toujours plus de rire mais aussi un trop-plein d’amour. Comme il le dit : « N’ayez pas peur de dire à vos proches, vos amis, que vous les aimez, après il sera peut-être trop tard. »
La première partie du spectacle a été assuré par Kaleem, un artiste qu’on voudrait bien revoir sur scène dans un one-man-show.

