C’est ce que maintient le Dr Chamane sur le cas de Jean-Hugues Duval
L’enquête judiciaire ordonnée par le Directeur des Poursuites publiques (DPP) pour établir les circonstances du décès de Jean-Hugues Cursley Duval à Saint-Brandon le 8 novembre dernier a repris ce 16 janvier devant le magistrat Prashant Bissoon, siégeant en Cour de district de Port-Louis. Le Dr Prem Chamane, Police Medical Officer, qui avait pratiqué l’autopsie le 10 novembre 2023 à la morgue de l’hôpital Jeetoo, a été appelé à la barre des témoins.
Interrogé par le représentant du State Law Office (SLO), Me Vignesh Ellayah, le médecin légiste a maintenu ses conclusions à l’effet que Jean-Hugues Duval est décédé d’un œdème pulmonaire aigu. Il a expliqué en cour que l’œdème pulmonaire consiste en un excès de fluide dans les poumons. L’œdème pulmonaire peut survenir suite à des causes naturelles ou après une overdose.
Il a ensuite commenté le teneur du rapport toxicologique du Forensic Science Laboratory (FSL), qui avait établi que des opiacés (morphine et Codéine) ainsi que de la Xylazine, plus connue comme « drogue du zombie », avaient été décelés dans le corps du défunt.
Le Dr Chamane ajoute qu’une combinaison entre ces différentes substances pouvait facilement s’avérer fatale, et que l’on est ici en présence d’un simple cas d’overdose. Il a soutenu cette conclusion en affirmant que les poumons du défunt pesaient deux fois leur poids normal, ce qui indique qu’ils étaient gorgés de fluides.
Confronté au témoignage du frère de Jean-Hugues Cursley Duval, Jean-Éric Duval, qui avait maintenu qu’il avait aperçu du sang coagulé sur le visage quand il était parti identifier le corps, le Dr Chamane avance que ce n’était pas du sang, mais du fluide pulmonaire mélangé à du sang, qui s’était évacué par les narines et la bouche. Il devait aussi affirmer n’avoir décelé aucune cicatrice de blessure récente.
Le magistrat est alors intervenu en rappelant que, selon une déposition antérieure, le défunt avait cessé de prendre de la drogue pendant cinq ans. Le médecin légiste a alors expliqué que tout portait à croire qu’il avait rechuté, laquelle s’est avérée fatale pour Jean-Hugues Duval.
Contre-interrogé par Me Mahen Saulick, le représentant de la famille du défunt, le Dr Chamane a admis n’avoir pris aucune photographie du corps avant de procéder à l’autopsie, vu qu’il n’y avait aucune indication de possible Foul Play. De vifs échanges sont intervenus avec le médecin légiste, faisant ressortir qu’il n’y a aucun protocole en vigueur au sujet de photos d’une dépouille avant l’autopsie.
L’homme de loi a pris l’engagement qu’il montrerait les protocoles qui établissent que des photos d’un corps doivent toujours être prises avant toute autopsie. Il s’est demandé pourquoi l’autopsie n’avait pas été effectuée en présence du frère du défunt, mais le médecin légiste a été catégorique : selon le protocole, aucune autopsie n’est effectuée en présence d’un proche. Il devait ajouter que l’un des enquêteurs engagés dans cette affaire, à savoir l’inspecteur Bissoon, qui assistait à l’autopsie, était parti chercher le frère, qui se trouvait normalement dans les parages, mais que celui-ci était demeuré introuvable.
De son côté, Me Ellayah devait demander s’il était envisageable que l’on ait pu injecter de la drogue dans le corps de Jean-Hugues Cursley Duval après l’avoir tué, mais le médecin légiste a expliqué qu’il n’avait décelé aucune trace d’injection sur le corps. Il a aussi affirmé qu’après le décès d’une personne, le sang cesse de circuler, et qu’il est donc impossible qu’un œdème pulmonaire se forme.
Jean-Hugues Cursley Duval était âgé de 50 ans. Pêcheur de profession, il travaillait pour le compte de la compagnie Raphael Fishing. Parti pêcher à Saint-Brandon le 21 août 2023, il y est décédé le 8 novembre. Et ce, dans des circonstances que sa famille considère comme troubles.

