Le ministre du Travail, Reza Uteem, se dit extrêmement déçu des circonstances entourant la suspension du président de la Bank of Mauritius Employees Union, Chitanand Rughoobar. Entre-temps, la Banque de Maurice a été convoquée officiellement aujourd’hui au ministère du Travail et des Relations industrielles à ce même sujet. Mercredi en début de soirée, le Website de la Banque Centrale a posté une chronologie des événements dans cette affaire pour récuser des accusations de mesures punitives à l’encontre du syndicaliste.
Du côté de Victoria House, la raison de cette déception est que le cas faisait l’objet de négociations entre les représentants de la Banque de Maurice (BOM) et le syndicaliste afin de trouver un terrain d’entente. À la suite d’une rencontre, mercredi, entre le négociateur du licencié, Narendranath Gopee, le ministre a déclaré que, lors de négociations à la Commission of Conciliation and Mediation (CCM), le représentant de la BOM a fait savoir qu’il allait seek instructions et rien ne présageait qu’entre-temps la Banque de Maurice allait le suspendre.
« Ce que je trouve extrêmement regrettable est que la Banque de Maurice a le 8 août écrit au syndicaliste pour lui dire qu’une enquête est en cours à son encontre parce qu’il avait été arrêté et qu’une charge provisoire de Rogue and Vagabond pèse sur lui. Le 8 août donc, la BOM de Maurice est au courant de ce qu’on lui reproche. La loi est claire, à partir du moment où l’on sait qu’un délit a été commis, il existe un délai de dix jours. Allons, ne me faites pas croire qu’une grande institution comme la BOM, qui paie de grands avocats, ne sait pas qu’il y a un délai de dix jours pour loger des charges officielles contre le syndicaliste. Ce n’est que le 25 août dernier, après des réunions de médiation que la BOM décide de le suspendre pour exactement la même charge provisoire. C’est totalement inacceptable et il est clair que la BOM, selon nous, n’est pas en train de respecter la loi », avance Reza Uteem.
De son côté, la Banque de Maurice a émis un communiqué dans une tentative de recadrer les informations qui circulent dans la presse à l’effet que des mesures punitives ont été prises à l’encontre de Chitanand Rughoobar, en raison de son statut de syndicaliste. La BOM rejette ainsi catégoriquement cette affirmation. Elle met en avant que le 13 juillet, la police a arrêté et placé en détention Chidanand Rughoobar, analyste à la Banque, pour avoir délibérément et illégalement tenu des propos obscènes à l’adresse d’un policier dans un lieu public. Il a été présenté au tribunal de district le même jour et libéré sous condition, sous réserve de comparaître devant le tribunal de district de Grand-Port le lendemain.
Le 14 juillet, le syndicaliste a comparu devant le tribunal de district de Grand-Port, où une charge provisoire a été déposée contre lui pour le délit de Rogue and Vagabond. Le même jour, le syndicaliste a été libéré sous caution après avoir fourni une caution de Rs 10 000 pour cette accusation provisoire. Il a été sommé de comparaître devant le tribunal le 4 décembre.
Le 16 juillet 2025, le syndicaliste a informé la banque qu’il s’était présenté au tribunal de district de Grand-Port le 14 juillet relativement à une inculpation provisoire découlant d’un incident signalé le 13 juillet au poste de police de Mahébourg.
La BOM a aussi demandé à Chitanand Rughoobar des éclaircissements sur l’intégralité des circonstances de l’affaire, conformément aux conditions d’emploi de la BOM. À ce jour, Chitanand Rughoobar n’a toujours pas fourni à la banque l’intégralité de ces informations, souligne la BOM dans le communiqué.