Les tensions géopolitiques et les conflits régionaux, les incertitudes en matière de politiques commerciales, les perturbations des chaînes d’approvisionnement, les tensions commerciales et le protectionnisme, entre autres, sont des facteurs qui entravent le commerce mondial.
Malgré tout, le commerce international peut être porteur d’opportunités, pourvu que les entreprises locales bénéficient du soutien d’experts en la matière, de bons partenaires et d’outils appropriés. C’est dans cette optique que le groupe MCB a organisé une conférence de haut niveau, afin de mettre à la disposition de ses clients les clés pour mieux naviguer dans le monde des échanges commerciaux, et ce, de manière pérenne.
Thierry Hebraud, Chief Executive Officer-Designate du pôle bancaire du groupe MCB, s’est appesanti sur le rôle crucial du négoce international dans le développement pérenne des économies.
« C’est au cœur du moteur économique mondial et cela doit se renforcer davantage, notamment pour soutenir les efforts du continent africain dans son développement », dit-il.
L’intervenant est d’avis qu’il s’agit d’accélérer l’émergence de prochaine génération de « champions africains » et d’optimiser le business africain dans son ensemble. Il mise sur de « réel potentiel de développement » pour l’Afrique, d’autant que sur les trois dernières années, le commerce mondial a montré « des limitations et des problématiques », et que cela a entraîné « un besoin de relocalisation des facilités de production ». Thierry Hebraud estime que cela représente une chance à saisir pour le continent africain. « L’Afrique a un boulevard devant elle si elle peut saisir ces opportunités. » Le groupe MCB continue de se positionner comme partenaire de référence pour les entreprises engagées dans le commerce international, affirme-t-il, même dans un environnement compliqué.
« Dans un monde qui bouge, il faut s’adapter et précéder les besoins nouveaux. Nos équipes de Trade Solutions ont à cœur de rechercher et d’améliorer sans cesse notre offre, tout en misant sur le digital, qui est un impératif stratégique pour traiter le financement du Trade, simplifier les procédures, améliorer la transparence et accélérer les transactions », préconise-t-il.
Pour ce faire, la formation des équipes à tous les niveaux se poursuit afin de renforcer l’expertise de la banque pour qu’elle soit mieux à même d’accompagner les entreprises à naviguer dans ce monde hautement complexe du commerce international.
« Depuis début 2022, nous pensions qu’il y aurait un retour à la normale au niveau de la chaîne d’approvisionnement mondiale, mais cela n’a pas été le cas. Upward pressures are still coming », explique pour sa part l’économiste Rebecca Harding, qui est intervenue par visioconférence.
L’Afrique reste très dépendante de la Russie et de l’Ukraine, pour les importations de céréales notamment, mais si l’Afrique pouvait en produire davantage, le commerce deviendrait Sustainable. Rebecca Harding affirme que la guerre en Ukraine – un conflit politique – penche également vers un conflit économique. Et c’est le commerce international qui trinque, avec des sanctions, des contrôles sur les exportations et des embargos. « Trade is fundamental in geopolitics. »
« Expect sanctions to sharpen »
L’économiste explique que, depuis fin 2022, et durant la première moitié de 2023, il y a eu encore beaucoup de défis, et que « we need data intelligence to understand what is going on ». Elle note que le commerce intra-africain a été « severely affected » et s’inquiète des pressions inflationnistes dans le monde entier, « coming from outside monetary systems». Cela d’autant qu’il y a « no end in sight » concernant le conflit entre la Russie « et le reste du monde », et que les relations se détériorent entre la Chine et les Etats-Unis.
Rebecca Harding prévient que l’avenir s’annonce compliqué. « Expect sanctions to sharpen, expect export controls to tighten. Sustainability is increasingly weaponized », dit-elle, mettant en garde contre les efforts de développement durable, qui vont représenter des défis pour le commerce mondial.
« US Inflation Reduction Act and EU Cross Boarder Carbon Tax exacerbate trade tensions. Sustainability shift is expensive and will be inflationary. Regulations posing huge compliant cost, without being clear on what or how to measure. Supply chain regulations run risk of excluding countries and companies and this is dangerous », rajoute-t-elle.
L’Afrique devra relever de grands défis. « 54% of respondents to a recent survey of banks said emerging ESG regulations do not suit African businesses and sustainability reporting is adding complexity for African-based firms », déclare-t-elle, tout en précisant que « Africa is central to the battle because it has critical metals ».

