Trafic de drogue depuis La Réunion : Une filière maritime cannabis déjouée dans l’Ouest 

Un important réseau présumé de trafic de cannabis par voie maritime entre La-Réunion et Maurice a été mis à nu à l’issue d’une vaste opération menée par l’Anti-Drug and Smuggling Unit (ADSU), avec l’appui de la National Coast Guard (NCG) et du Helicopter Squadron de la police. L’enquête, déclenchée à partir de renseignements précis, révèle un mode opératoire bien rodé, impliquant des débarquements nocturnes sur des plages isolées du Sud-Ouest de l’île.

- Publicité -

L’opération décisive a eu lieu le 31 janvier, vers 17 h 45, sur la plage de La-Prairie, une zone réputée sensible en matière de trafic maritime clandestin. Sur la base d’informations jugées hautement crédibles concernant l’arrivée imminente d’une cargaison de cannabis en provenance de La-Réunion, les unités de l’ADSU ont déployé un dispositif exceptionnel, combinant surveillance aérienne et intervention en mer.

Trois suspects ont été arrêtés fuyant de la plage : Jean Berty David Kardaree (35 ans), domicilié à Baie-du-Cap, présenté comme l’un des organisateurs logistiques, Muhammad Said Bin Yusuf Jeetun, alias Saheel (27 ans), mécanicien de profession, soupçonné d’assurer le soutien technique et les déplacements, ainsi que Jean Rohan Noe Quinzino Perle (20 ans), résidant à Chemin-Grenier, considéré comme un exécutant. Les trois hommes ont fait face, au tribunal de Souillac en ce début de semaine, à une accusation provisoire de Conspiracy to organise the importation of Cannabis. Ils sont en détention provisoire.

- Publicité -

Au cours de cette première phase de l’opération, la police a mis la main sur un arsenal logistique révélateur de l’ampleur du réseau : un van de 15 places, un 4×4 Toyota Hilux, quatre téléphones portables, qui auraient servi à la coordination des opérations, ainsi qu’une somme de Rs 33 200 en espèces, qui proviendraient de transactions liées à la drogue. Mais, il n’y avait aucune cargaison de drogue sur place.

Les suspects ont été placés en cellules, notamment au Piton Detention Centre, et aux postes de police de Bel-Ombre et Chemin-Grenier. Les officiers du Scene of Crime Office (SOCO) et du Forensic Science Office (FSO) ont, quant à eux, procédé au gel et à la sécurisation des véhicules afin de préserver les éléments matériels nécessaires à l’enquête.
Le lendemain, 1er février, l’ADSU est passée à la vitesse supérieure avec une série de perquisitions ciblées menées simultanément aux domiciles des suspects à Highlands, Chemin-Grenier et Baie-du-Cap. Une autre intervention chez Jean Burty Kardaree à Plein-Bois, L’Escalier, a permis la saisie d’une motocyclette et d’une camionnette, que les enquêteurs soupçonnent d’être des biens acquis grâce aux revenus du trafic de cannabis. Ces véhicules ont été transférés au bureau de l’ADSU de Rose-Belle pour analyses et vérifications approfondies.

- Advertisement -

Un élément majeur est venu confirmer la piste maritime. Dans la nuit du 1er au 2 février, la NCG de Souillac a été alertée de la présence d’un bateau échoué à Rivière-des-Galets. À leur arrivée sur les lieux, les forces de l’ordre ont découvert un speed boat gris, équipé de deux moteurs hors-bord Suzuki, immobilisé à environ cinq mètres du rivage.
L’embarcation a été immédiatement sécurisée à l’aide de cordages, et une sentinelle armée a été postée sur instruction du surintendant de police Hayman Dass Ghoorah, afin d’empêcher toute manipulation ou contamination des preuves.

Les enquêteurs estiment que ce type de speed boat à double motorisation correspond parfaitement aux embarcations utilisées par les trafiquants pour effectuer des traversées rapides et discrètes entre La-Réunion et Maurice, généralement de nuit, en évitant les radars et les patrouilles régulières.

Selon des sources proches de l’enquête, les plages du Sud et Sud-Ouest, peu éclairées et difficilement accessibles, serviraient de points de débarquement temporaires, avant que la marchandise ne soit rapidement évacuée vers l’intérieur de l’île à l’aide de véhicules tout-terrain.

L’enquête se poursuit activement afin de déterminer le volume exact de cannabis qui aurait été importé, d’identifier les commanditaires, et de remonter l’ensemble de la filière, tant locale que régionale. D’autres arrestations ne sont pas exclues dans les jours à venir.

EN CONTINU
éditions numériques