Jean Vedward Marianne, qui est en détention provisoire depuis sept ans, sous une charge de trafic de drogue sous l’article 41 de la Dangerous Drugs Act, ne sera pas relâché de sitôt. En effet, la juge Ratna Seetohul-Toolsee a rejeté sa demande de remise en liberté conditionnelle dans un Ruling lundi. Jean Marianne, un skipper, serait impliqué avec le caïd Curly Chowrimootoo, le cerveau d’un réseau de dix personnes impliquées dans le trafic d’héroïne entre Madagascar et Maurice.
Le 18 mai 2016, une escouade de l’Anti Drug and Smuggling Unit (ADSU) avait saisi plus de six kilos d’héroïne d’une valeur marchande de Rs 92 millions au cours d’une perquisition chez la femme de Curly Chowrimootoo, saisie qui avait permis de démanteler ce réseau et de remonter jusqu’à Jean Vedward Marianne. La police lui reproche d’avoir convoyé de la drogue à plusieurs reprises depuis les environs de Tamatave à Baie-du-Tombeau à bord de deux vedettes, le Maggi Mai et l’Ocean Diamond.
Une première accusation avait été retenue en 2019 contre les membres du réseau. Curly Chowrimootoo et sa femme Samantha avaient plaidé coupables alors que d’autres co-accusés, y compris Jean Vedward Marianne, avaient choisi de plaider non coupables. Ces derniers avaient été jugés séparément après qu’un nouvel acte d’accusation avait été retenu contre eux en 2021. Alors que le procès avait débuté, certains des accusés avaient changé leur fusil d’épaule et plaidé coupables mais Jean Vedward Marianne avait continué de clamer son innocence. Après sept ans derrière les barreaux, il avait fait une nouvelle demande de liberté conditionnelle devant la Cour suprême.
La juge a pris note que l’accusé a des enfants et qu’il est en détention provisoire depuis sept ans, mais que son procès commencera en octobre 2023, et que les preuves contre lui sont a priori solides. Vu que l’accusé était un pêcheur professionnel qui a déjà navigué jusqu’à Madagascar, le risque qu’il ne prenne la fuite est considérable.
Qui plus est, il fera face à une longue peine d’emprisonnement s’il est reconnu coupable, ce qui pourrait l’inciter à effectivement mettre les voiles. La juge a aussi pris en considération le fait que les mesures qui sont imposées lors d’une libération conditionnelle, comme un couvre-feu, pourraient ne pas se révéler adéquates pour empêcher la fuite de l’accusé. Il sera donc reconduit en cellule en attendant son procès.

