Si l’objectif premier de la Fédération mauricienne de triathlon était d’organiser les championnats de Maurice, et cela après les différentes restrictions auxquelles le sport mauricien a dû faire face pendant 2022, elle a réussi sa mission. Mais la FMTri a également brillé lors des championnats d’Afrique grâce à Valérie Gérard qui, au passage, a complété l’année en figurant dans le Top 10 mondial chez les 50- 54 ans.
La plus grande réussite au niveau local pour la FMTri est d’avoir pu organiser les championnats de Maurice en août dernier, qui avaient également servi au passage à dresser une sélection pour défendre les couleurs de Maurice lors des championnats d’Afrique au Maroc. Cette compétition locale a permis à la fédération d’établir une sélection pour les Championnats d’Afrique au Maroc. Si six triathlètes avaient représenté Maurice, seule Valérie Gérard, qui concourait dans la catégorie 50-54 ans, est revenue avec la médaille d’or, synonyme de qualification pour les Mondiaux à Abu Dhabi aux Emirats Arabes Unis.
Même si sa participation a été très longtemps mise en doute par manque de finances, la Mauricienne a pu avoir le soutien de quelques proches ainsi que de certaines entreprises qui ont cru en elle. À la compétition mondiale, la triathlète, qui était engagée dans deux épreuves de Super Sprint et dans l’épreuve olympique. Si dans la première course elle a terminé cinquième sur 18 candidats, elle a pris la septième place (sur 28 triathlètes) dans la seconde course. Grâce à ces performances, Valérie Gérard a été classée dans le Top 10, un sacré succès pour le triathlon mauricien.
« Ses prestations doivent servir d’exemple à la jeunesse du triathlon. Même après avoir évolué dans la catégorie élite, cela ne s’arrête pas là, car il y a encore la possibilité de représenter Maurice dans les autres catégories, notamment en masters », fait ressortir le président de la FMTRi, Alain St-Louis.
Si dans la catégorie masters le triathlon local arrive à percer, dans la section élite, c’est plus compliqué. Les Laurent L’Entêté et Julie Staub n’ont pas vraiment pu émerger sur le plan continental, soit une 13e place pour le premier et une 9e place pour Staub aux derniers championnats d’Afrique. Sans parler des Jeux du Commonwealth, qui ont été trop relevés pour les Mauriciens. Mais chez les jeunes, avec un encadrement de haut niveau,Rémy Gérard a une grande marge de progression devant lui. S’il a pris la sixième place au Maroc, il a été à une dizaine de minuter d’accrocher le podium. Pour une nation comme Maurice, c’est encouragement.
Mais la déception de cette année reste la non-participation du triathlon lors des Jeux de la CJSOI en décembre dernier. Si la discipline avait été inscrite au programme, celle-ci, après le manque de participants, a été retirée par les organisateurs. « C’est très malheureux car nos jeunes étaient préparés pour remporter l’or, et je suis sûr que cela aurait été le cas. Mais encore une fois, le Covid-19 n’a pas permis aux îles comme Madagascar, les Maldives et les Seychelles de bien se préparer. En espérant que cela ne soit pas le cas lors de la prochaine édition », explique Alain St-Louis.
Cependant, pour le président de la FMTri, cette année a été une réussite, et cela malgré plusieurs restrictions. « Tout d’abord, je pense que nous avions la possibilité d’organiser d’autres courses si le Covid-19 ne s’était pas pointé. On a dû refuser des camps d’entraînement organisés par la Fédération internationale de triathlon. Cependant, je suis très satisfait de l’ensemble de la saison. Au niveau des élites, nos deux triathlètes, même s’ils n’ont pu décrocher de podium sur le plan continental, ont quand même pu grignoter des points pour la qualification des Jeux Olympiques, ce qui est assez encourageant. »
Le président de la FMTri précise que l’objectif premier cette année restera les Championnats d’Afrique sprint qui se tiendront à Maurice en septembre. « Ce sera certainement un sacré objectif, que ce soit pour la fédération ou nos licenciés. En parallèle il y aura également la course pour les points olympiques, en espérant qu’elle puisse être en faveur des Mauriciens. » Alors que le budget des différentes fédérations a connu une baisse en 2022, Alain St-Louis espère que « le ministère revoie sa copie à ce sujet afin de pouvoir réaliser les projets que nous avons à l’agenda. »

