Personal and Business Meta-Coach, Valérie Imbert Kerambrun forme en développement personnel les employés d’entreprise de Maurice et Rodrigues. Elle croit en la complémentarité homme-femme et en l’importance des valeurs féminines pour un monde plus inclusif et plus durable. Vice-présidente de Pedostop, elle a aussi à cœur la cause des enfants ayant subi des violences sexuelles. Valérie anime aussi une émission, Au cœur de l’essentiel, sur RM1, chaque premier et troisième samedi du mois. Pour elle, la femme de 2026 doit être libre dans sa tête, dans ses choix et dans ses actions. Et être plus que jamais porteuse de lumière, de douceur et de valeurs.
Le méta-coaching est une profession qui attire. Pourquoi en avez-vous fait votre métier ?
C’est le méta-coaching qui m’a choisie. J’ai toujours été très attirée par le comportement du consommateur déjà durant mes études de marketing, c’était mon module préféré. Plus tard, en approfondissant la communication, j’ai commencé à croiser la programmation neurolinguistique qui m’a vite intrigué. Donc, quand la question s’est posée de me certifier en coaching, j’avais deux grands courants qui s’offraient à moi : les formations ICF (International Coaching Federation) ou celle de ISNS (Institute Society of Neuro-Semantics). Mon choix s’est vite porté sur le méta-coaching de l’ISNS.
Le méta-coaching est le terme utilisé pour décrire une forme avancée de coaching qui vise à aider les individus et les groupes à améliorer leur capacité à apprendre, à penser et à performer à leur meilleur niveau. Il va au-delà des méthodes de coaching traditionnelles en s’attaquant aux processus de pensée, croyances et schémas sous-jacents qui influencent le comportement et les résultats d’une personne. Le mot “méta” dans méta-coaching signifie aller au-delà ou transcender un concept donné afin d’obtenir une perspective de niveau supérieur.
Dans le contexte du coaching, le méta-coaching consiste à coacher le processus de coaching lui-même. Il s’agit d’aider les individus à développer une plus grande conscience de soi, de meilleures compétences en autorégulation, ainsi qu’une capacité accrue à apprendre et à s’adapter. C’est un set d’outils sur lesquels je me base aujourd’hui pour accomplir ma mission de vie qui est d’aider les gens à être la meilleure version d’eux-mêmes. Je suis une éveilleuse de conscience. Je reçois mes clients individuels dans mon cabinet à Helvétia, Moka, un espace bienveillant et serein ; à Pointe-aux-Canonniers ou au Quartier des Serres, à Mapou, pour ceux du Nord ou en ligne pour ceux à qui cela convient.
Votre rôle consiste aussi à former en développement personnel les employés en entreprise à Maurice et à Rodrigues. Pouvez-vous nous en dire plus?
Je suis à mon compte depuis une dizaine d’années et au début j’offrais un catalogue de formations en “soft skills” (customer experience, public speaking, communication skills, sales techniques) – ce que je fais toujours – mais je me suis vite rendu compte que tout passe par l’humain et surtout par soi. J’ai revu mes formations traditionnelles en les modulant en ateliers interactifs expérimentaux.
J’utilise des concepts et modèles appris en méta-coaching ainsi que mes recherches sur les sciences humaines et certains outils ésotériques tels que la numérologie, entre autres, et d’autres plus scientifiques tels que les neurosciences pour proposer des formations en développement personnel pour ceux qui veulent éveiller le niveau de conscience de leurs employés sans forcément passer par le coaching individuel. Cela leur permet d’avoir des propositions différentes, le corporate étant encore plus à l’aise avec la formation que le coaching.
Cependant, il est clair que l’objectif n’est pas le même. Le méta-coaching individuel permet de plus grandes transformations que la formation.
Tout de même, une formation de la sorte peut titiller votre curiosité et vous inciter à aller à la recherche de vos propres réponses. J’ai eu la chance de former des employés de deux grosses entités à Rodrigues l’an dernier, j’ai été séduite par l’authenticité du peuple rodriguais en règle générale – leur capacité à être fiers de qui ils sont et leur profonde connexion à l’essentiel. On a beaucoup à apprendre d’eux à Maurice.
Êtes-vous de cet avis que la femme entrepreneure mauricienne doit être multicasquette ?
La femme entrepreneure mauricienne est multicasquette, c’est encore un fait dans notre petite île Maurice patriarcale. Notre chemin est beaucoup plus long que les hommes, mais je crois en la complémentarité homme-femme et en l’importance des valeurs féminines pour un monde plus inclusif et plus durable. On ne peut plus continuer à servir des valeurs masculines uniquement. Il faut un mixte des deux.
Vous avez aussi créé une émission, Au cœur de l’essentiel, sur RM1. Quel est le concept et vous vous adressez à quel auditeur ?
En 2025, en effet, j’ai voulu ouvrir au grand public la possibilité d’un espace de parole libre et bienveillante. De partager des expériences et des points de vue autour de questions humaines et existentielles. De nourrir l’auditeur en profondeur, par des mots, mais aussi par des capsules inspirantes sonores et artistiques. De créer un pont entre cultures, générations et sensibilités. Ainsi, est née l’émission Au cœur de l’essentiel, en collaboration avec RM1, la radio nationale de la MBC.
Au Cœur de l’Essentiel est une émission radiophonique live d’une heure qui propose un temps suspendu, un espace rare où l’on prend le temps de penser, de ressentir et de partager. Dans un monde saturé de vitesse et d’images, cette émission s’inscrit à contre-courant : elle valorise l’écoute, la profondeur et l’authenticité. Chaque premier et troisième samedi du mois, un thème universel est exploré à travers la rencontre d’invités aux parcours variés – penseurs, artistes, praticiens, voyageurs, citoyens engagés – dans une atmosphère douce et interculturelle qui nous ressemble. On y parle du concept de liberté, du courage d’être soi, de l’échec, de l’importance de la reconnexion au vivant…
Mon objectif est de démocratiser la réflexion et le développement personnel. Je veux que cette émission soit l’émission de tous les Mauriciens, et pas uniquement celle de quelques intellectuels car il s’agit bien là de questions de la vie de tous les jours. Ces questions qui nous rendent meilleurs quand on décide de s’y pencher. L’émission est rediffusée en mode podcasts sur mon vlog www.inspire.mu et sur les pages FB et YouTube de RM1.
À Maurice, il y a beaucoup d’autres souffrances sociales, notamment le “bullying”, le suicide des jeunes et les féminicides. Ce début d’année a été marqué par deux cas de féminicide. Comment mettre un terme, selon vous, à ces actes ignobles de violence domestique ?
Je suis très anxieuse et triste de la situation sociale à Maurice. Chacun doit contribuer à sa façon : soutien des entités gouvernementales, conscientisation à travers les sociétés privées, les ONG, les éducateurs. Nous nous devons d’être à l’écoute au maximum de notre entourage, d’insuffler le plus de valeurs possibles à nos jeunes en essayant de comprendre leurs besoins et de les protéger.
Vous êtes aussi active au sein de Pedostop, et l’enquête de Kantar Analysis démontre qu’à Maurice, 42% des adultes déclarent avoir déjà subi une forme de violence sexuelle dans leur vie. Et qu’une fille sur cinq, et un garçon sur 13 serait victime d’abus sexuel avant ses 11 ans. Comment protéger les enfants des prédateurs sexuels et les sensibiliser à leurs droits en tant qu’enfants ?
J’ai choisi celle qui touchait mon cœur de petite fille et de maman en portant assistance aux plus vulnérables : j’aide à ma façon avec les outils et les moyens que j’ai à ma disposition, une force décuplée par le levier de la collaboration. J’ai rencontré une équipe formidable et tellement complémentaire au sein du board de Pedostop dont je suis vice-présidente depuis janvier 2025.
Ensemble, nous soutenons et contribuons à porter les actions de Virginie Bissessur, notre directrice et son équipe. Nous avons tous à cœur la cause des enfants ayant subi des violences sexuelles. Et la même mission, le même objectif : sensibiliser, ouvrir les yeux sur la réalité, comprendre que cela n’arrive pas qu’aux autres, reconnaître les signes, responsabiliser chacun des “key stakeholders” afin de réduire le nombre de vies brisées par ces prédateurs.
Nous avons besoin des donateurs, des patrons, des sociétés privées qui nous permettent de faire ces études coûteuses, des campagnes nationales de sensibilisation, un colloque annuel où nous formons les gens en liens directs avec ces enfants : CDU, BPF judiciaire, psychologues.
Cette année, nous allons encore plus loin en proposant des formations au grand public ou dans les écoles. Nous avons besoin de l’assistance de nos experts pour que les stakeholders mauriciens travaillent en atelier sur l’amélioration de leurs procédures de prise en charge, notamment concernant le fond et la forme, sur des propositions d’amendement des textes juridiques, etc. La route est longue et c’est ensemble qu’on va y arriver petit à petit. Notre devise est : Every child is my child.
L’intelligence artificielle apportera-t-elle des gains ou des pertes aux femmes au travail ?
L’intelligence artificielle est un outil qui doit être à notre service. On doit tous s’y mettre, hommes ou femmes, afin de ne pas être dépassés par la technologie. C’est un peu comme si vous décidiez de ne pas utiliser Internet. Si la femme décide de ne pas s’y intéresser, cela va être dur pour elle. Si on s’en sert à bon escient, on va gagner en efficacité. L’IA nous permettra d’automatiser les tâches redondantes ou sans valeur ajoutée pour que nous ayons plus de temps pour insuffler du sens.
La femme de 2026, vous l’imaginez comment ?
Libre dans sa tête, dans ses choix et dans ses actions. Et plus que jamais porteuse de lumière, de douceur et de valeurs à la terre mère.
Vos projets actuels ?
Je suis une hyperactive qui a besoin de savoir ralentir des fois. Ça grouille tout le temps dans ma tête. Je réfléchis à la rédaction d’un livre, à packager mes formations pour les vendre au-delà de l’île Maurice. J’adore étudier : je vais compléter mon master pract en NLP (je suis déjà NLP Pract), je reprendrais bien des études de psychologie aussi.
Entre-temps, je continue à porter ma pierre sur des thématiques humanistes de la diversité et de l’inclusion, en tant qu’oratrice publique et facilitatrice sur différentes plateformes : j’accompagne les corporate mauriciens à travers les Great Talks, que je conçois et facilite pour la certification Great Place to Work, des panels ou tables rondes autour de thèmes liés à l’expérience collaborateur, aux événements de Board Of Good, entre autres plateformes. J’aime mettre les gens en lien et en lumière. Ma philosophie de vie est : Dare to dream big – take charge of your life – unleash your potential.

