Violations flagrantes des droits humains en Iran

– Des minorités religieuses, dont la foi bahá’íe, persécutées

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BUREAU DES AFFAIRES EXTÉRIEURES DE LA FOI BAHÁ’ÍE DE MAURICE

La foi bahá’íe fait partie des minorités religieuses les plus sévèrement persécutées en Iran presque depuis la naissance de la religion jusqu’à maintenant. Cela s’est produit au début du règne du Shah.

Le Báb a été exécuté à Tabriz le 9 juillet 1850 par un peloton d’exécution fort d’un régiment dont les balles auraient mutilé son corps – et celui d’un disciple qui a choisi de mourir avec lui – mais ont laissé son visage intact. Au cours de la même période, on estime qu’environ 20 000 de ses partisans sont morts. Des estampes contemporaines montrent certains ayant des pieux enfoncés à travers eux et d’autres sciés à mort, membre par membre, par des charpentiers.

Suite à la révolution d’Iran en 1979, les membres de la foi bahá’íe – la plus grande minorité religieuse du pays – ont été soumis à une campagne de persécution incessante. Selon les mots de l’ancien rapporteur spécial des Nations Unies sur la liberté de religion ou de conviction, Heiner Bielefeldt, les bahá’ís iraniens subissent la persécution “du berceau à la tombe, et au-delà”.

Le 29 août 1983, le procureur général iranien a annoncé l’interdiction légale de toutes les activités administratives et communautaires bahá’íes en Iran, faisant de l’appartenance aux institutions administratives bahá’íes une infraction pénale.

La dignité humaine mérite un respect inconditionnel, indépendamment de son âge, de son sexe, de son état de santé physique et mentale, de sa condition sociale, de sa religion ou de son origine ethnique.

Chaque année, l’Assemblée générale des Nations Unies adopte une résolution contre les violations flagrantes des droits humains en Iran. La résolution adoptée par l’Assemblée générale le 16 décembre 2020 exprime de vives inquiétudes quant aux restrictions sévères et croissantes en cours contre les chrétiens, les derviches gonabadi, les juifs, les musulmans soufis, les musulmans sunnites, les yarsanis, les zoroastriens et les membres de la foi bahá’íe. Cette résolution demande au gouvernement de cesser de surveiller les individus en raison de leur identité religieuse, de libérer tous les pratiquants religieux emprisonnés pour leur appartenance ou leurs activités au nom d’un groupe religieux minoritaire reconnu ou non reconnu et de veiller à ce que chacun ait le droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion ou de conviction, y compris la liberté d’avoir ou d’adopter une religion ou une conviction de son choix, conformément à ses obligations en vertu du Pacte International relatif aux Droits Civils et Politiques.

Face à cette agitation perpétuelle et persistante, les bahá’ís restent fermes dans leur foi car ils gardent espoir en ce que Bahá’u’lláh, le prophète-fondateur de la foi bahá’íe dit: “Notre espoir est que les chefs des religions du monde et tous leurs dirigeants s’unissent pour travailler à la réforme de cet âge et au relèvement de ses destinées; après avoir attentivement étudié les besoins du monde, qu’ils se consultent et, par une mûre et soigneuse délibération, qu’ils administrent à ce monde malade et cruellement affligé le remède que demande son état… Il incombe à ceux qui détiennent l’autorité de rester modérés en toutes choses. Tout ce qui sort des bornes de la modération cesse d’exercer une influence bienfaisante. Considérez, par exemple, la liberté, la civilisation et d’autres biens analogues. Quelque favorables qu’ils puissent paraître aux hommes d’entendement, si on les pousse à l’excès, leur influence devient néfaste… Dieu, veuille que, sous les efforts soutenus exercés par leurs dirigeants, leurs savants et leurs sages, les peuples du monde soient amenés à reconnaître où sont leurs plus grands intérêts.”

Le 18 juin 1983, 10 femmes bahá’íes, dont deux adolescentes, furent pendues à Chiraz. Certaines d’entre elles venaient de perdre des membres de leur famille proche, exécutés au préalable par le régime. Elles avaient subi un long emprisonnement durant lequel elles avaient été torturées et forcées de renoncer à leur religion. Devant leur refus catégorique, le régime décidait d’en faire un exemple pour toutes les femmes du pays. Elles s’apprêtaient à être pendues, l’une après l’autre, sans aucun procès.

Leurs noms :

Mona Mahmoudnejad, 17 ans – étudiante

Roya Eshraghi, 23 ans – vétérinaire

Simin Saberi, 24 ans – diplômée d’études secondaires

Shahin (Shirin) Dalvand, 25 ans – sociologue

Akhtar Sabet, 25 ans – infirmière

Mahshid Niroumand, 28 ans – physicienne

Zarrin Moghimi-Abyaneh, 29 ans – traductrice

Tahereh Arjomandi Siyavashi, 30 ans – infirmière

Nosrat Ghufrani Yaldaie, 46 ans – femme au foyer

Ezzat-Janami Eshraghi, 57 ans – femme au foyer

Leur crime ? Elles étaient toutes membres de la foi bahá’íe et tenait des classes spirituelles pour des enfants où elles occupaient des fonctions administratives au sein de la religion; ou encore comme le centre mondial bahá’í se trouve en Israël et donc, pour le régime, elles étaient forcément des espionnes politiques.

En réalité, leur présence dérangeait le système. Elles étaient éduquées, certaines occupaient des postes importants, elles professaient les principes de l’égalité des genres dans un pays où les femmes allaient désormais perdre tous leurs droits. Avec le nouveau régime, les femmes sont reléguées à un rôle inférieur aux hommes. Une série de restrictions sera imposée, notamment sur le code vestimentaire des femmes, leur droit au travail et à l’éducation.

Un appel de la communauté bahá’íe aux États-Unis a persuadé le Président Ronald Reagan de lancer un appel personnel à la miséricorde, mais cela n’a fait que durcir la résolution du dirigeant de l’époque en Iran.

Partout dans le monde, ces interrogations de Bahá’u’lláh résonnent toujours et encore: “Jusqu’à quand l’humanité s’obstinera-t-elle dans sa perversité ? Combien de temps encore fera-t-elle triompher l’injustice ? Combien de temps le chaos régnera-t-il parmi les hommes, et la discorde agitera-t-elle la face de la société ? Les vents du désespoir soufflent, hélas ! de toutes les directions, et les querelles qui divisent et affligent l’humanité s’enveniment chaque jour. L’ordre actuel des choses est lamentablement défectueux, et des signes d’imminente convulsion et de désordre peuvent être discernés.”

En dépit de cette souffrance, la bannière de la foi bahá’íe est hissée haut et fort dans toutes les régions du monde. La révélation de Bahá’u’lláh a le pouvoir de transformer la société. Les disciples de Bahá’u’lláh et leurs amis s’efforcent sérieusement de contribuer au bien-être de leurs communautés et à l’avancement de la société en mettant en pratique les enseignements de Bahá’u’lláh.  Atteindre l’unité de l’humanité peut se faire par des actions concrètes telles que: favoriser le caractère dévotionnel à travers des échanges interreligieux, promouvoir l’éducation spirituelle des enfants, adolescents, jeunes et adultes dans une façon systématique, participer à des discours dominants dans la société et initier des actions sociales dans des domaines importants. Travaillant main dans la main avec voisins et collègues, la communauté dans son ensemble apprend comment libérer le pouvoir de construction de la société à un niveau encore plus élevé pour refléter un monde nouveau, uni et illuminé.

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