Le Premier ministre, Pravind Jugnauth, s’est adressé à la population, lundi soir. Et le pays n’est plus en confinement. Même si d’un point de vue purement économique, pratiquement rien ne change, puisque le pays a continué à tourner normalement si ce n’est que lors des premiers jours suivant ce fatidique 10 mars.
Ainsi donc, exactement 52 jours se seront écoulés au 30 avril. 52 jours au cours desquels le sport mauricien a tourné au ralenti pour certains, si ce n’est carrément à l’arrêt pour d’autres. Seuls quelques rares privilégiés, notamment les deux qualifiés olympiques en boxe, dans un premier temps, puis une toute petite poignée de sportifs de haut niveau, ont pu retrouver la salle d’entraînement et autre piste synthétique du stade Maryse Justin, à Réduit.
Si le gouvernement est à blâmer sur ce chapitre, en considérant le nombre incroyable de Work Access Permits délivrés par la police en plein confinement, en revanche, la décision de permettre aux athlètes de haut niveau à voyager est à saluer en espérant qu’elle sera appliquée à tout le monde. D’autant qu’une bonne partie a déjà reçu ses deux doses de Covaxin, vaccin indien qui, rappelons-le, n’avait pas encore obtenu le feu vert de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) au moment de son injection ! Tant mieux donc pour ces athlètes, premiers vaccinés de l’ère Covaxin, et surtout après le coup de pub réalisé par le gouvernement, à un moment où la population se montre toujours réticente à se faire vacciner.
Un pas a donc été franchi pour ceux visant une participation aux Jeux olympiques et aux Jeux paralympiques. Du moins, pour l’heure. Car, rien n’est plus sûr avec une Covid-19 qui ne cesse de muter. Les JO et JP seront-ils maintenus dans ces conditions, qui plus est, au moment même où le Japon subit une nouvelle vague de la pandémie ? On ne le sait pas encore.
Ce qui est certain, en revanche, ce que des dirigeants se voient, eux, déjà à Tokyo ! Une liste a d’ailleurs été déjà dressée depuis un certain temps déjà par le Comité olympique mauricien (COM) apprenons-nous. Parmi, on y retrouverait le président Philippe Hao Thyn Voon et deux de ses proches collaborateurs, nommément Hedley Han et Richard Papie.
Un quatrième membre fera le déplacement et, selon les informations qui circulaient, le choix devait se faire entre Aline Li Chuen Cheong et Aarti Gulrajani-Descann. C’est finalement la première nommée qui aurait décroché le fameux sésame. Aline Li Chuen Cheong agira donc en tant que team manager de la sélection féminine qui, précisons-le, malheureusement, attend toujours sa première qualifiée !
Au-delà de ce choix, c’est la démarche du COM qui laisse perplexe. Un clearcut run pour déterminer les trois premiers. En revanche, un déplorable « tirage au sort » pour ces dames, si on peut l’appeler ainsi. Même si l’engagemen t professionnel serait évoqué pour justifier le retrait de la deuxième candidate.
Est-ce donc ainsi le traitement qu’on réserve aux dames au COM ? Ou encore, la considération qui est accordée à l’égalité des genres ? Celles qui défendent cette noble cause sauront apprécier ! Même si au sein du mouvement olympique, cette façon de faire ne semblerait pas pour autant déranger et encore moins les dames qui y sont proches !
Ce qui est aussi quasi-certain, dans ce brouillard d’incertitudes, c’est qu’on retrouvera le sport là où nous l’avions bien laissé, il y a 52 jours. C’est-à-dire en plein marasme, notamment sur un plan purement adminwistratif et embourbé dans toutes sortes de conflits. A commencé par cette sombre affaire de détournement de fonds allégué remis entre les mains de la police par le COM quelque temps seulement après l’entrée du pays en confinement.
Une fédération y est visée, sauf que pour l’heure, on ne veut en dévoiler les détails. Etrangement aussi, cette affaire ne date pas de 2021, ni de 2020, mais de début 2018, soit avant les Jeux du Commonwealth en Australie ! Des questions se posent donc sur le « timing. » Pourquoi maintenant et pas avant ?
Au niveau fédéral également, nombreux sont-ils les dirigeants à avoir sollicité le Tribunal arbitral du sport (TAS). On suivra surtout avec un certain intérêt l’affaire opposant Port-Louis Amateur Swimming Association (PLASA) à la Fédération mauricienne de natation (FMN). Une affaire qui date d’avril 2017 suivant une plainte contestant les élections régionales et fédérales de cette année-là et qui sera appelée, pour la énième fois, le 31 mai. Sauf que, depuis, la plainte est devenue caduque avec de nouvelles élections qui sont prévues pour le 9 juin !
Aura-t-on aussi enfin des réponses des Casernes Centrales concernant l’affaire de permis de travail octroyé à cinq joueurs étrangers de Cercle de Joachim, alors qu’un des documents soumis par ce club n’était pas celui reconnu par la fédération internationale ? Si le président de la Mauritius Football Association (MFA), Samir Sobha, également représentant du club curepipien, a été convoqué en novembre de l’année dernière, en revanche depuis, c’est silence radio. Même si certaines sources policières avaient promis des développements imminents !
Voyez-vous, le sport a été certes à l’arrêt pendant 52 jours, mais ses vieux démons, eux, sont toujours là. Et ce n’est pas demain la veille qu’on s’en débarrassera, faute de bonne volonté et d’amour propre de la part de ceux qui se sont incrustés au pouvoir. Les élections prévues au sein des certaines fédérations le prouveront d’ailleurs très bientôt. Et malheureusement, une fois encore, ce sont les intérêts personnels et autres calculs extra-sportifs qui primeront. Quitte à donner des coups bas et aller à l’encontre même des principes et des valeurs du sport.