Les élections express approuvées par l’exécutif du Comité olympique mauricien (COM), il y a trois semaines, n’auront finalement pas lieu le 29 octobre. Le président Philippe Hao Thyn Voon l’a, lui-même, annoncé au courant de la semaine écoulée. Ces élections se tiendront l’année prochaine. Pas avant, mais bien après les Jeux olympiques de Tokyo au Japon ! Au moins, est-il assuré, à défaut de valider, dans l’immédiat, un nouveau mandat de quatre ans à la tête du COM, de mettre le cap sur Tokyo pour assister aux Jeux olympiques. Accompagné de ses « béni oui-oui », bien évidemment !
Le renvoi de ces élections permettra donc aux fédérations d’y tenir les leurs d’abord avant celles du COM. Une évidence, voire une logique, que le président du COM et son équipe ont malheureusement, pris trop de temps à comprendre. Tout comme ces amendements contestables touchant directement aux droits des dirigeants et des anciens athlètes et qui n’ont fait que discréditer un COM déjà en mal de crédibilité.
Ainsi, Philippe Hao Thyn Voon a subitement découvert les règles de bonne gouvernance et ceux de la bienséance. Sauf qu’il ne dit pas dans quelles conditions ses membres et lui ont été contraints de repousser ces élections. Il se contente tout simplement de dire, ironiquement à la presse, que cette décision est la preuve « que nous voulons donner plus de temps à tout de monde. » Sacré personnage ce Philippe Hao Thyn Voon. Soit il ne sait pas ce qu’il dit, soit il ne maîtrise plus la situation.
Ce qui est sûr, c’est que le président du COM ne sait plus sur quel pied danser. Du coup, il commence à parler… de règlement pour expliquer ce renvoi ! Les élections devant se tenir, selon lui, un mois après une assemblée générale extraordinaire — dans le cas précis, vendredi. Bizarre tout de même que Philippe Hao Thyn Voon évoque ce point, pratiquement 14 jours après l’invitation aux fédérations signée de l’Acting Secretary General, Al-Yousouf Bayjoo ! Au moins, Week-End a eu raison d’être le seul à avoir questionné la tenue des élections pour le 29 octobre.
Le plus révoltant, c’est que Philippe Hao Thyn Voon trouve moyen d’évoquer des « free & fair » élections, alors que les règles du fair play ont été bafouées dès le départ par ces décisions unilatérales prises par ses membres et lui. Il faut être vraiment dupe pour croire à un tel charabia. A l’exception peut-être de ceux qui lui font allégeance, tout en étant conscient que l’image du COM a été sérieusement écornée ces dernières années.
Le discours de Philippe Hao Thyn Voon a donc changé. Diamétralement même. Etonnant ? Pas nécessairement quand on sait la façon dont ses membres et lui ont été désavoués, voire blâmer indirectement, par le CIO récemment. Et ce, par rapport à des amendements à ses statuts, mais que l’instance suprême du sport mondial a considéré d’anti-démocratique.
Pourtant, Philippe Hao Thyn Voon était conscient que cette bombe à retardement allait, tôt ou tard, lui éclater à la figure. Vivian Gungaram, président de l’Association mauricienne d’Athlétisme (AMA) a beau tenter de lui faire entendre raison sur pas mal de points, le 3 septembre. Malheureusement, ses avertissements n’ont pas été pris au sérieux. Cela devant une assistance silencieuse et acquise à la cause du président.
Sauf que le retour de la manivelle a fait très mal, même si certains tentent de faire accroire le contraire. Ce rappel à l’ordre, voire cette correction, a certainement laissé des séquelles que même le temps parviendra difficilement à effacer. Tant mieux pour le sport. Bravo surtout au CIO d’avoir rétabli les faits et d’avoir fait comprendre à certains que les règles et la Charte olympique surtout étaient faits pour être respectés et non banalisés.
Deux ans après les scandales de Gold Coast en Australie, plus précisément aux Jeux du Commonwealth, le COM se retrouve donc à nouveau sous les feux des projecteurs. Pas pour les mêmes raisons certes, mais tout aussi graves, notamment à une autre échelle. Lorsque l’on ose aller à l’encontre même de la Charte olympique, on assume son choix.
Pour l’heure malheureusement, le COM n’a pas reconnu ses erreurs flagrantes et encore moins son président. On fait comme si de rien n’était, alors que l’image du sport mauricien a pris un sérieux coup. Qui plus est, on osera se présenter, à nouveau, aux urnes pour un nouveau mandat de quatre ans ! Et ça, c’est très grave.
Que les membres du COM se rassurent toutefois ! L’histoire se souviendra, pendant encore très longtemps, de leur passage au sein de cet organisme. Les événements de septembre-octobre 2020 étant reconnus pour avoir fait beaucoup de tort au sport et à ses principes. Pour cela, la communauté sportive ne pardonnera pas et encore moins les athlètes sans qui les dirigeants n’existeraient même pas.