L’organisation du sport a repris lentement suivant la levée du confinement, fin mai, dans le sillage de la pandémie de COVID-19. Pas pour toutes les disciplines, malheureusement ! Et ça c’est bien dommage, alors même que le ministre des Sports, Stephan Toussaint, avait rappelé, aux fédérations bénéficiaires d’un soutien financier de l’Etat, leur devoir de se servir de ce moment pour vulgariser leurs disciplines. À Maurice comme à Rodrigues. Cela, dans un contexte très particulier, en raison du report des Jeux olympiques entre autres et de l’annulation des compétitions internationales.

Visiblement, son message n’a pas été bien reçu par certaines fédérations au moment où 2020 tire à sa fin. Il n’y a qu’à voir le nombre de cas déposés devant l’Ombudsperson for Sports, cette année, pour se rendre compte à quel point le sport local est malade. Ce qui dérange encore plus, c’est que la période de confinement n’a finalement pas servi à grand-chose pour certains, alors même qu’ils auraient pu en profiter pour se remettre en question. Au risque de nous répéter, ce sont des intérêts, autres que ceux du sport, qui priment.

La dernière en date concerne le chemin de croix entamé par les dirigeants de deux clubs rodriguais pour se faire entendre auprès de la Fédération mauricienne de Tir à l’Arc (FMTA). Cela, depuis février dernier, alors qu’un virement bancaire a été effectué concernant les frais d’affiliation comme c’est le cas chaque année! Depuis, les ponts sont coupés. La FMTA ne répond plus aux récriminations des Rodriguais les forçant ainsi à référer l’affaire à la police !

La question qu’il faut maintenant se poser est de savoir pourquoi une fédération adopte-t-elle une position unilatérale à l’égard de ses licenciés ? Cette attitude fait-elle partie des principes fondamentaux qui régissent le sport ? Dans le cas présent, la situation est d’autant plus étonnante car la fédération concernée est dirigée par un membre du Comité olympique mauricien (COM), de surcroît Acting Secretary General, Al-Yousouf Bayjou ! Au moins est-il au courant des 7 principes  fondamentaux de l’olympisme, lui qui est supposé défendre les valeurs olympiques et ses principes !

Nous n’en citerons qu’un seul, soit le principe 4 se trouvant dans la Charte olympique: « La pratique du sport est un droit de l’homme. Chaque individu doit avoir la possibilité de faire du sport sans discrimination d’aucune sorte et dans l’esprit olympique, qui exige la compréhension mutuelle, l’esprit d’amitié, de solidarité et de fair-play. » Al-Yousouf Bayjou et les membres de son comité sauront en tirer les conclusions !

Etrangement aussi, ce conflit n’est pas sans rappeler la réaction brutale et anti-sportive du président du COM, Philippe Hao Thyn Voon, en mai 2014, à l’égard des Rodriguais. A l’époque, il avait écrit au Comité international olympique (CIO) pour dénoncer la démarche rodriguaise qui, selon lui, voulait un comité olympique, alors que Rodrigues avait tout simplement demandé un comité régional olympique sportif ! Une démarche légitime soutenue par l’ancien ministre des Sports, Michael Glover, qui n’avait pas hésité à dénoncer récemment, l’attitude de Philippe Hao Thyn Voon sur ce dossier !

Ce qui est encore plus inquiétant, c’est que ce conflit, aussi bien que les autres récemment évoqués, implique des membres du COM, reconnus pour être des proches de Philippe Hao Thyn Voon ! À commencer par Aarti Gulrajani-Descann, 4e vice-présidente du COM et dont la fédération d’escrime qu’elle préside, n’a toujours pas agréé à la demande d’affiliation de Moka Rangers depuis 2018. Cette même Aarti Gulrajani-Descann qui avait proposé, lors de l’assemblée générale extraordinaire du COM, le 16 octobre dernier, un vote de confiance à Philippe Hao Thyn Voon ! Celui-là même, dont le comité qu’il préside, a été désavoué par le CIO suivant certains amendements apportés aux statuts du COM, le 3 septembre dernier, et qui sont contraires à la Charte olympique !

Brièvement, on citera aussi le cas de Bennon Soobiah, suspendu pour 10 ans par la Fédération mauricienne de Basket-Ball, alors qu’il y a eu bien plus grave dans le passé, sous ce même comité présidé par Hedley Han, trésorier du COM ! Le cas est devant l’Ombudsperson for Sports, tout comme la plainte déposée par New Grove Swimming Club, toujours dans l’attente d’une affiliation auprès de la fédération, représentée au COM par Aline Li Chuen Cheong au poste d’assistante-trésorière.

Et comment ne pas citer Richard Papie, 1er vice-président du COM, et dont on ne s’arrêtera de se poser des questions quant à sa présence comme membre exécutif du COM. A moins que depuis, il soit parvenu à respecter l’Article 29 de la Charte du COM qui stipule : « Pour être reconnue par un CNO et être acceptée comme membre de ce CNO, une fédération nationale doit exercer une activité sportive spécifique, réelle et durable…» !

Ainsi donc, toute la pagaille provoquée au sein de certaines fédérations, et non des moindres, résume parfaitement la situation, mais surtout le fonctionnement et la gestion en place au COM. La racine du mal est bien plus profonde qu’on peut le penser et désormais, il faut la traiter avec patience avant de s’en défaire.