2020 sera définitivement une année qui fera date dans le grand récit de l’Histoire, pour les générations que nous constituons surtout. Et pour cause : une pandémie de COVID-19 meurtrière et qui a mis à l’arrêt toute une planète pendant des mois. Et par conséquent, une économie mondiale qui peine toujours à s’en remettre. à Maurice comme ailleurs, le sport n’a pas été épargné par ce virus. Plusieurs compétitions internationales ont été d’ailleurs annulées, alors que d’autres, à l’image des Jeux olympiques d’été de Tokyo 2020 (Japon), ont été reprogrammés pour l’année prochaine, pratiquement à la même période.
Malheureusement, ce chamboulement a touché tout le monde. Non seulement les athlètes, mais aussi nous journalistes, notamment en matière de couverture. Il nous a donc fallu nous réinventer. Cela, sans pour autant dévier de notre ligne éditoriale. Grâce au soutien de nos fidèles lecteurs et personnes de bonne volonté, nous avons pu “deliver the goods”.

En l’absence de compétition et la fermeture des frontières, il était toutefois devenu impossible de conserver le même format que nous avions adopté depuis plusieurs années. Malheureusement donc, nous nous ne pourrons établir notre Week-End Hit Parade des Fédérations et encore moins décerné un titre de sportif de l’année 2020.
En revanche, cela ne nous empêche, en aucune façon, de reconnaître la plus grosse performance de l’année avant le lockdown de mars dernier. Et pour la rédaction sportive de Week-End, la qualification du boxeur Richarno Colin pour les Jeux olympiques de Tokyo en est une. C’était fin février dernier, lors du tournoi qualificatif au Sénégal où il décrochait, au passage, une médaille d’argent.

Débrouillardise de certaines fédérations
Il est tout aussi important de saluer la débrouillardise de certaines fédérations à garder leurs athlètes “on the move”. Car s’il y a eu le “work from home”, il y a également eu, ce qu’on peut désormais appeler, le “train from home”. D’un côté, il y a eu ceux disposant déjà d’un certain matériel de “keep fit” et pour d’autres, l’ingéniosité de travailler les muscles avec les parpaings (bloc en béton) ou encore les escaliers et autres récipients sanitaires ! Bravo donc à tous ces athlètes qui se reconnaîtront.
Saluons aussi les efforts de ces fédérations à ne pas se contenter de ces « grandes vacances forcées » pour s’endormir sur leurs lauriers. Ces dernières ont su se réinventer en basculant sur le côté virtuel avec la tenue des séances de visioconférence rien que pour conserver le contact avec leurs membres. Sans oublier les séances de formation à distance. Il a aussi été question de compétitions virtuelles, même de niveau mondial, pimentant un quotidien morose et gâché par la COVID-19, mais aussi la démarche d’aider ceux qui étaient dans le besoin. Malheureusement, tel n’a pas été le cas pour une toute petite poignée et c’est dommage ! C’est à se demander si elle sert le sport ou vice-versa ?

La MFA et ses problèmes

2020 aura aussi été l’année du lancement de la Sports Economic Commission (SEC), en marge de la création d’une économie sportive et ce, après la mise en place du National Sports & Physical Activity Policy, en octobre 2018. Sauf que depuis juillet dernier, on n’entend plus rien si ce n’est que le SEC est teinté d’une coloration politique, notamment pour ce qui est de sa constitution et de certaines nominations, entre autres. Aussi, on a découvert, cette année, l’accord du partenariat commercial entre l’Etat mauricien et le Liverpool Football Club. Près de Rs 400M pour si peu de pub ! Mais surtout la grosse bourde lors du récent match Liverpool-Tottenham avec le désormais fameux “MAURITUSNOW.COM” et qui a fait rire l’Angleterre et tant d’autres territoires !
Malheureusement, il n’y a pas eu que cela. à commencer par la Mauritius Football Association (MFA) et sa décision de faire participer une sélection nationale de futsal à la Coupe d’Afrique des Nations au Laayaoune, pour ne pas dire en terrain « miné. » Cette partie du monde étant une zone de conflits et n’étant surtout pas reconnu par l’Organisation des Nations Unies ! Conséquence: suspension de Maurice par la Confédération africaine de Football pour avoir quitté la compétition prématurément, couplé d’une très forte amende.

Notons aussi l’affaire de transfert de joueurs étrangers par Cercle de Joachim « outside TMS (Transfer Matching System) without ITC (International Transfer Certificate) ». Conséquence: la Disciplinary Committee de la Fédération internationale de Football Association (FIFA) a infligé une sanction de Rs 400 000 au club, au même titre que la MFA, également reconnu coupable dans cette affaire. Précision: le président de cette fédération n’est autre que Samir Sobha, représentant de Cercle de Joachim ! L’affaire est maintenant entre les mains de la police suivant une requête du ministère du Travail étant donné que le document produit dans le cadre de l’obtention d’un permis de travail aux joueurs concernés, n’est pas celui reconnu par la FIFA !
à un degré moindre, il y a eu cette décision de l’Association mauricienne de Volley-Ball (AMVB) de rétablir Kaysee Teeroovengadum en tant que secrétaire général, alors que ce dernier fait toujours face à la justice. L’affaire concerne une allégation d’attouchement sexuel sur une athlète et qui se serait passé lors de Jeux du Commonwealth d’avril 2018 à Gold Coast en Australie. Finalement, l’AMVB a dû faire machine arrière après la position adoptée par le Premier ministre, Pravind Jugnauth, à l’Assemblée générale. Une déclaration venant surtout rappeler aux fédérations sportives que tout n’était pas permis et que personne n’est au-dessus de la loi.

Un ministère qui ne convainc pas
Le ministère des Sports, très discret pendant le confinement, a fini par sortir de sa coquille. Il y aura eu la démarche du comité Horizon 2024 en marge des Jeux olympiques de Paris en France. Des sponsors ont commencé à se manifester et tant mieux donc pour les athlètes. L’objectif étant de permettre à Maurice de décrocher des médailles olympiques, comme l’a du reste déclaré le ministre des Sports, Stephan Toussaint. Petite parenthèse: ce dernier n’a été, une fois encore, guère convaincant lors de ses prestations à la reprise du Parlement.

La décision majeure reste cependant l’annonce du Conseil des ministres, en juillet dernier, de la catégorisation des fédérations en marge du budget 2020/21, puis d’un New Athlete Assistance Scheme menant vers l’excellence. Sauf que ce dernier plan a été très contesté, vu que la catégorie régionale, représentant 74% des bénéficiaires, avait été supprimée ! Finalement, le ministère a pris la décision de repousser l’échéance de l’application de ce plan pour l’année prochaine ! La raison: il est difficile de juger les athlètes faute de compétitions internationales. Comme quoi au ministère, on n’avait pas sous la main cette information pourtant élémentaire et connue de tous !

Un COM très contesté
Pour terminer, comment de pas évoquer la situation autour des élections du Comité olympique mauricien (COM), finalement renvoyées pour 2021 et qui se dérouleront désormais tout juste après les JO de Tokyo. Sans les questions embarrassantes du président de l’Association mauricienne d’Athlétisme (AMA), Vivian Gungaram, et la position ferme adoptée par Week-End, cela n’aurait cependant pas été possible. Il a eu d’abord l’intention de l’actuel comité, présidé par Philippe Hao Thyn Voon, de tenir les élections avant la fin de l’année, mais aussi et surtout, la décision, entre autres, d’omettre le vote aux athlètes pour élire leurs représentants au sein de la Commission des athlètes du COM ! Finalement, cet amendement a été rejeté par le Comité international olympique le considérant en totale contradiction avec la Charte olympique.

Dans cet océan de problèmes a émergé, en octobre dernier, le comité de réflexion pour l’assainissement du sport et au sein duquel on retrouve, entre autres, Vivian Gungaram, l’ancien ministre des Sports, Michael Glover, et l’ancien président de la Mauritius Tennis Federation, Jean-Michel Giraud. La gestion et le fonctionnement du COM, le non-respect de la Charte olympique et l’émergence des clubs et fédérations à caractère douteux, ont été dénoncés. Le départ de Philippe Hao Thyn Voon du COM étant l’axe principal de ces nombreuses revendications. à déplorer ce mouvement plus que déplacé de trois athlètes de haut niveau que sont l’haltérophile Roilya Ranaivosoa, le boxeur Merven Clair et de la pongiste Caroline Ramasawmy de venir défendre un président du COM malgré les critiques avérées !

En somme, la période de confinement n’aura finalement pas vraiment aidé. Si les athlètes et certains dirigeants ont fait le boulot, qui consiste à veiller au bon fonctionnement du sport, en revanche, d’autres n’ont jamais été en mesure de se remettre en question. Et ça, c’est vraiment dommage. Preuve, si besoin est, que 2021 ne partira définitivement pas sur de nouvelles bases…