Deux sombres affaires ont éclaté pratiquement au même moment à la Mauritius Football Association. Et non des moindres ! D’un côté, une préposée qui porte plainte à la police pour voyeurisme allégué. Un téléphone portable ayant été découvert, le 30 juillet, dans les toilettes des dames caché, selon sa déposition, dans un panier de couleur bleu et ; susceptible d’attenter à la pudeur des autres préposées. De l’autre, le secrétaire général de la MFA, Didier Pragassa, qui soumet sa démission, la semaine suivante et sans que la fédération n’en précise la raison officielle ! Même le très respecté journal anglais, The Guardian, en parle.

Ainsi donc, la planète foot a été sévèrement et dangereusement secouée en l’espace de quelques jours seulement par deux troublantes affaires. Deux cas malheureusement traitées avec beaucoup de légèreté, notamment par le biais d’une communication déplorable et questionnable de la MFA, mais surtout quasi-absente dans le cas de voyeurisme allégué.

En prenant d’ailleurs connaissance du très court communiqué de la MFA, en début de soirée du 10 août, on se doutait que quelque chose ne tournait pas rond à Trianon. Un communiqué confirmant d’abord les bruits de couloir à l’effet que le SG, Didier Pragassa, avait démissionné de son poste, mais sans pour autant préciser la date exacte de son départ de la MFA ?

Ce que nous savons uniquement, c’est qu’il a démissionné “last week” soit dans la semaine du 1er au 7 août ! Une absence d’un détail, aussi important soit-il, qui mérite d’être judicieusement exploitée dans le cadre de l’enquête policière. Aussi, n’était-il pas important de donner la raison exacte de ce départ plus surprenant qu’inattendu ? Un départ qui pouvait, en effet, être personnel, médical ou disciplinaire. Sauf que, pour la MFA, on avait officiellement omis — délibérément ou pas — de le dire.

Pas pour le président de la MFA, Samir Sobha, dont la déclaration parue, dans un quotidien, quelques heures seulement plus tard, prenait tout le monde de court en précisant, cette fois, la nature de la démission ! « Didier Pragassa a démissionné de son poste pour des raisons de santé » ! Si ce n’est pas de l’inélégance, voire une façon répugnante de communiquer, alors cela y ressemble.

C’est dire à quel point la MFA s’est compliquée davantage la tâche en décidant de mener les choses à sa façon. Un fonctionnement très souvent décrié dans ces mêmes colonnes et qui, rappelons-le, n’a fait que ternir davantage l’image d’une discipline, voire d’un “Roi”, qui ne méritait certainement pas un traitement aussi cavalier que cela.

À ce jour donc, personne ne sait officiellement pourquoi Didier Pragassa a brusquement soumis sa démission de la MFA. En revanche, ce que nous savons désormais c’est, qu’entretemps, une déposition a été faite, le 10 août, à la police de Rose-Hill. Cela, suite à la découverte d’un téléphone portable caché, “on video recording mode”, dans un panier se trouvant dans les toilettes des dames !

L’identité de son propriétaire n’est pas connue étant donné que personne n’a été pointé du doigt dans la déposition. Il incombera donc aux enquêteurs d’étudier toutes les pistes possibles, afin de trouver le coupable. Comme dirait l’anglais, “No stone should be left unturned” après la mise au grand jour de cette choquante affaire.

Aussi, est-il étrange le très peu de temps qui s’est écoulé entre l’éclatement de ces deux affaires. La similitude ? Un parfum de cover-up ? Alors que les membres d’un “Emergency Committee” ont été convoqués, le 10 août, force est de constater que la MFA ne pipe ensuite mot de ce qu’elle considère pourtant comme étant des “serious allegations” concernant le cas de voyeurisme allégué ! Au moins, aurait-on pu révéler les “findings” des 10 jours d’enquête interne, somme toute questionnable, et qui ont finalement poussé la préposée à faire confiance à la police.

L’assistant secrétaire général de la MFA, Nazeer Bowud, à qui la préposée s’est du reste confiée, se serait expliqué face aux enquêteurs. D’autant que les questions sont nombreuses. La MFA a-t-elle pris le soin de réquisitionner immédiatement le téléphone dans les toilettes suivant la dénonciation de la préposée ? La MFA a-t-elle informé la police et, éventuellement, remis cette pièce à conviction à des fins d’enquête ? Où se trouve actuellement ce fameux téléphone portable à l’heure où nous écrivons ces quelques lignes ?

Reste que tout n’est pas totalement perdu. Car, il suffira tout simplement d’avoir recours aux instances appropriées et procéder ensuite à un audit des personnes présentes à la MFA, le 30 juillet. Cela, en vue de déterminer le ou les téléphones portables enregistrés à leurs noms. Peut-être alors — on dit bien peut-être bien — qu’on en saura un peu plus sur cette dégoûtante affaire. Cela, en considérant le nombre de casseroles qui traînent derrière cette association et dont on attend toujours malheureusement d’en connaître le dénouement !

Pour l’heure, beaucoup de questions demeurent sans réponse. Comme toujours d’ailleurs, à la MFA. Sauf que là, les choses semblent avoir pris une tournure encore plus grave que d’habitude et à laquelle personne ne s’y attendait. On laissera donc le soin aux enquêteurs de se pencher sur l’authenticité de la déposition et de faire ensuite la lumière sur cette mystérieuse affaire.