Le trésorier de Grande Rivière Sud Est Wanderers, Jayesh Rampadarath, a été convoqué devant un comité disciplinaire, lors de la semaine écoulée. Il lui est, entre autres, reproché d’avoir tenu des propos jugés incendiaires à l’égard de la Mauritius Football Association (MFA), sur un réseau social, le 29 novembre dernier. En tant que dirigeant sportif, Jayesh Rampadarath n’avait effectivement pas le droit de se laisser emporter de cette façon. Désormais, il aura à assumer les conséquences.

Ce qui surprend, toutefois, c’est la vitesse à laquelle la MFA a réagi. Il n’aura, en effet, fallu que huit jours pour que ce dossier soit traité. D’autres en ont, dans le passé, fait l’expérience, se faisant même lourdement sanctionné. Cela, pour avoir tout simplement osé s’exprimer sur la gestion de la MFA, mais de façon plus diplomatique.

Petite parenthèse : en mai 2019, La Source Flacq Espoir n’avait pu disputer ses chances lors des inter-régions, compétition menant à la promotion en deuxième division nationale, faute d’avoir pu payer une amende de Rs 30 000 à temps !

La raison: il avait refusé d’affronter Henrietta Tropic — club au sein duquel le président de la MFA, Samir Sobha, était à l’époque membre — étant donné que les joueurs adverses n’avaient pas de licence, contrairement à elle qui avait payé les frais pour cela ! Il était aussi reproché à l’équipe flacquoise d’avoir occasionné une altercation où un “security officer” de la MFA aurait été blessé.
à bien voir donc, lorsqu’il s’agit de convoquer des dirigeants et d’appliquer ensuite la guillotine, la MFA excelle comme pas deux. “Pena kata-kata” ! Faut-il cependant que les procédures soient respectées et que, si sanction il devrait y avoir, que ce soit mesuré. Ce qui n’a malheureusement pas été toujours le cas.

En revanche, lorsqu’il est question d’agir contre ceux qui sont à l’intérieur même de la MFA, on devient tout à coup léthargique, pour ne pas dire amnésique. C’est le cas de Cercle de Joachim, dont le représentant n’est autre que le président de la fédération, Samir Sobha. Ce club a été épinglé par le Disciplinary Committee de la Fédération internationale de Football Association (FIFA) pour avoir effectué le transfert de joueurs étrangers « outside TMS (Transfer Matching System) without ITC (International Transfer Certificate) ». Ce qui est très grave !

Cercle de Joachim, aussi bien que la MFA, ont été sanctionnés d’une forte amende de quelque Rs 400 000 chacun. Ce qui n’est quand même pas rien vu que cela n’engage, non seulement un club, mais bien une fédération nationale tombant sous la juridiction de la République de Maurice ! Sans oublier le “damning report” à l’encontre de la fédération pour avoir omis d’utiliser le TMS que la FIFA précise avoir été créé « in order to achieve greater transparency in international transfers and financial flows, which in turn increases the confidence of the stakeholder in the market as well as global integrity in football. »

Avouez que cela fait tâche, notamment à un moment où les grands moyens sont déployés par le gouvernement mauricien pour faire retirer, entre autres, Maurice de la liste noire de l’Union européenne. Ainsi, l’image que projette la MFA par le truchement de cette sanction assombrit davantage le tableau. Car, en termes de transparence et de bonne gouvernance, cette fédération est très loin du compte.

On se demande d’ailleurs pourquoi la MFA a décidé de garder jalousement secrète cette sanction, pourtant tombée en… mai dernier ? La question qui demeure aussi, c’est de savoir si des mesures ont été prises en conséquence. Une enquête en interne a-t-elle été initiée et si oui, qui est le responsable du dossier ? Ou encore, où en sont les travaux après tout ce temps ? Car forcément, il y a des fautifs dans cette affaire. Au Cercle de Joachim, comme à la MFA.

Sans oublier que, pour bien moins que cela, des dirigeants de clubs ont payé le prix fort. Même des joueurs, à travers la sévère sanction infligée à La Source FE, les privant de compétition ! Il ne faut pas non plus oublier la dimension qu’a pris cette sanction étant donné que la police a été saisie de l’affaire. Samir Sobha ayant même été convoqué aux Casernes Centrales. Les conditions menant à l’obtention du permis de travail aux joueurs étrangers étant sérieusement questionnées dans la mesure où le document produit devant les autorités locales n’est forcément pas celui reconnu par la FIFA !

Samir Sobha, qui porte la double casquette de dirigeant de Cercle de Joachim et de président de fédération, aura des comptes à rendre. Il en est de même pour le responsable local du TMS, Nazir Bowud, et de celui du secrétariat de MFA, Didier Pragassa.
La faute commise, de par sa gravité, ne peut donc rester impunie. La FIFA l’a fait, tout en donnant un avertissement à la MFA. Etrangement toutefois, on n’a pas entendu le ministère des Sports si ce n’est qu’une déclaration du ministre Stephan Toussaint au Parlement en août dernier et récemment mardi. Il est donc impératif que le ou les responsables payent pour leur faute.