Détresses

En cette période post-Covid-19, les détresses sont multiples. Il y a celles, individuelles, que connaissent surtout ceux qui ont perdu leur gagne-pain, par exemple. Et ces autres, collectives, comme ce qu’endurent ces squatteurs depuis plusieurs semaines. Et en face, un gouvernement qui fait… la pluie et le beau temps.
Dans son exercice budgétaire, Renganaden Padayachy a royalement raté le coche pour ce qui est de l’emploi ! Aucune mesure destinée aux très nombreux Mauriciens qui se retrouvent, du jour au lendemain, sans emploi, sans rémunération fixe, sans alternative pour nourrir leur famille et subvenir à leurs besoins. Bref, au chômage, comme ça, du jour au lendemain… Et pourtant, des pistes ont été présentées avec divers projets, dont celui de l’autosuffisance alimentaire, la transformation des produits, l’emballage, entre autres. Il va sans dire que ce n’est pas le Data Technology Park de Côte-d’Or qui engloutira la masse de nouveaux chômeurs qui atterrissent sur le pavé !
Certes, ce n’est ni la faute de M. Padayachy, ni celle du gouvernement si notre pays pas été épargné par ce sale virus mortel qui fait trembler le monde. Mais en revanche, c’est bien leur responsabilité de créer de l’emploi pour tous les citoyens de notre pays. Ils ont été élus, entre autres, pour cela. Ainsi que d’assurer un toit décent au-dessus de la tête de chacun.
Ce sont les deux grands débats du moment, hormis les “gate”, qui ont recommencé à faire surface, à peine l’Assemblée Nationale a-t-elle repris ses activités ! À croire que l’on vit dans un pays gangrené par la corruption : « skandal lor skandal » ! Et le carton rouge décerné par l’UE en nous mettant sur la liste noire des pays hébergeant des activités financières internationales douteuses n’arrange nullement les choses.
Effectivement, on avale mal la pilule, parce qu’on refuse d’être taxé de « mauvais élève » quand on a toujours tout mis en œuvre pour figurer parmi les meilleurs. De surcroît, sachant que les retombées d’une telle classification seront désastreuses, surtout pour notre tourisme, notre vitrine mondiale, et que cela refroidira définitivement les ardeurs des investisseurs. On comprend que la priorité de chaque Mauricien est de rétablir la situation et de « make amends » afin que le pays ne subisse pas ces contrecoups.
En revanche, le gouvernement persiste à ne pas jouer la carte de la franchise, et prône encore et toujours cette opacité qui finit par être caractéristique de son règne ! Un manque de transparence qui s’est traduit, cette semaine, par le biais de la nomination expresse de l’ex-commissaire des prisons Vinod Appadoo, catapulté conseiller en matière de sécurité au PMO. On peut comprendre que Pravind Jugnauth souhaite, pour des raisons personnelles, récompenser les efforts de l’ex-patron de l’ADSU et homme fort de la prison. Mais peut-être aurait-il été plus sage d’attendre que les enquêtes policières entourant la mort des détenus Louis Michael Louise, Jean Alain Auguste, Jean Caël Permès et Joselito Evenord le dédouanent totalement, avant de faire cela.
Ces décès sont survenus derrière les barreaux, pendant que ces Mauriciens étaient “in custody”. Et donc sous la responsabilité de l’État et de son responsable désigné, en l’occurrence Vinod Appadoo. Pravind Jugnauth n’a-t-il pas été un peu trop rapide en besogne ? Ou pense-t-il qu’il n’a aucun compte à rendre ? Il y a eu mort d’homme. Et qui qu’ils soient, coupables de quoi que ce soit ou blancs comme neige, ils méritent justice. On ne cessera de le répéter. Et espérons également que nos élus qui siègent au Parlement, qu’ils soient dans les rangs de l’opposition ou de la majorité, seront définitivement plus agressifs et sérieux sur cette question, et qu’ils demanderont des éclaircissements. Car jusqu’ici, la perte de la vie de ces hommes accuse un silence assourdissant ! À croire, hélas, que la perte de vie humaine est… normale, banale, courante et anodine. C’est tout, sauf ça ! Demandez à leurs familles !

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Husna Ramjanally

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