L’arrestation d’un boxeur médaillé d’argent aux Jeux des Iles de l’océan Indien pour trafic d’héroïne, lors de la semaine écoulée, a choqué la sphère sportive. Une semaine seulement après l’éclatement du cas de voyeurisme allégué à la Mauritius Football Association. Et pour cause ! Ce n’est la première fois que le sport et le sportif de haut niveau se retrouvent dans la mélasse. Malheureusement ! Et ce ne sera vraisemblablement pas la dernière fois. Sauf que cette fois, il est question quand même d’une grosse saisie de drogue évaluée à Rs 43.8 M destiné aux toxicomanes, donc à notre jeunesse. Et ça, cela donne froid dans le dos.

Qu’est-ce qui peut bien pousser un sportif de haut niveau à se tourner vers le trafic illicite ? Quitte à aller à l’encontre des principes fondamentaux du sport et de ses valeurs et qualités intrinsèques qui forgent, non seulement l’athlète, mais surtout l’humain. Ou encore à plonger délibérément d’innocentes victimes, et par conséquent, des milliers de parents dans une douloureuse tourmente. Forcément, l’appât du gain y est pour beaucoup.
Cela démontre aussi à quel point l’humain est fragile. Que le bien et le mal ne sont séparés que d’un fil. Que l’humain peut facilement se laisser tenter, allant même jusqu’à sacrifier plusieurs années de sueur, d’efforts et de sacrifices. Quitte à ensuite vendre son âme au diable et à se mettre au service d’un cercle vicieux, afin de gravir les échelons, non pour la postérité, mais en marchant sur des cadavres ! Une triste vérité à laquelle sont confrontés des milliers de parents, impuissants, et vivant, qui plus est, une angoisse infernale.

L’arrestation de ce sportif de haut niveau démontre, une fois encore, une chose fondamentale : que le pays va mal et, malheureusement, à tous les niveaux. Ce mal, il est même plus profond qu’on ne le pense et personne n’est épargné. La corruption gagne du terrain, trop vite même et, nos politiques, nos sportifs, en passant par le citoyen lambda, ne font pas exception à la règle. Toute opportunité est toujours bonne à prendre, qu’elle soit bonne ou mauvaise.

Les principes et valeurs ? Qui s’en soucie réellement de nos jours ? Certainement pas beaucoup. Tant qu’on peut assouvir ses désirs et ses pulsions, n’est-ce pas ? Rien qu’à voir ce qui se passe actuellement à la MFA, néanmoins à un tout autre niveau, nous donne une idée à quel point le sport mauricien souffre aujourd’hui d’un déficit en bienséance morale.
Désormais, tout le monde en parle, même à l’international. Et ça, c’est de la publicité dénigrante et dont la République de Maurice s’en serait très bien passée. Et à l’heure même où le pays est à genou économiquement et qu’elle essaie aussi de se refaire une image au niveau financier.

Qu’on le veuille ou non, cette sombre affaire de « Telephonegate » a terni davantage l’image d’une discipline en mal de reconnaissance et de respect. Elle a surtout mis le doigt sur un point très sensible. Celui d’abord de la responsabilité de la MFA suivant ce cas. Mais également le fonctionnement d’une fédération très souvent questionnée pour son opacité évidente. Une association qui est très loin d’être irréprochable sur un certain nombre de dossiers.

Le laxisme avéré dans le cas du fameux téléphone, désormais introuvable, en est la preuve flagrante. Ce comité directeur de la MFA a lamentablement échoué dans sa mission. La légèreté avec laquelle cette affaire a été traitée mérite même une profonde réflexion. Le rôle et la responsabilité citoyenne de tous ceux concernés étant plus que jamais remis en question, notamment pour des raisons évidentes suivant la disparition du téléphone incriminé.

On note aussi deux démissions. D’abord, celle de Barlen Sengayen, puis celle de Vinod Busviah, tous deux des anciens du Managing Committee. Sauf que la question qui se pose est de savoir pourquoi maintenant, mais pas avant ? Où étaient-ils lorsque de nombreux scandales ont éclaté nuisant à la réputation du football ? N’avaient-ils rien à dire alors ?
Plus malheureux encore, c’est qu’il semblerait que ces messieurs ont subitement découvert que la MFA n’était pas une association de confiance ! Et bien nous, on ne cautionne pas ces démissions farfelues dont le but ultime ressemble beaucoup plus à un trompe-l’oeil qu’à autre chose. Au même titre que les propos tenus par le président de la MFA, Samir Sobha, sur une radio privée concernant l’affaire du tristement célèbre « Telephonegate ».
Ainsi donc, le sport mauricien s’est retrouvé, l’espace de quelques jours seulement, dans la partie réservée aux faits divers. D’un côté, un boxeur de haut niveau qui franchit délibérément l’interdit et de l’autre, un « téléphone voyeur » dont on attend toujours d’en connaître l’identité du propriétaire.

Aussi, déplorons-nous, ces pseudo-dirigeants qui n’arrivent pas à assumer leurs responsabilités et à valoriser, comme il se doit, leur discipline au nom même de l’intégrité et de l’éthique. Ces mêmes personnes qui peinent à faire respecter les principes, outrepassant qui plus est et allègrement, dans certaines situations, leurs propres statuts.
Hier, c’était la perversion de certains sacro-saints principes de l’olympisme par des dirigeants du Comité olympique mauricien. Aujourd’hui, c’est un cas de voyeurisme allégué qui fragilise davantage les assises sportives en attendant que l’affaire soit élucidée suivant des conditions rendues désormais compliquées en raison du laxisme de certains à la MFA. Et puis quoi encore ? Nous n’avons malheureusement pas de réponse à cela. Sauf
peut-être pour ceux qui se croient tout permis et qui pensent être
au-dessus de la loi.