Jameer Allyhosain est sans aucun doute le jeune jockey mauricien qui monte graduellement, mais sûrement, au firmament des courses locales et il est en train cette saison de confirmer son titre de meilleur jockey mauricien obtenu la saison passée. Avec un brillant triplé samedi dernier, il s’est hissé à ce stade à la deuxième place du classement général des jockeys à six longueurs de l’intouchable Derreck David, mais avec 11 victoires et un Strike rate de 21.8 %, il devance d’une victoire les aguerris Nooresh Juglall et Rye Joorawon. Sa monte sur Vascostreettractor a confirmé sa bonne maîtrise tactique et un sens de l’attente du bon moment, ce qui démontre ses progrès constants. Toutefois, le jeune jockey a encore une large marge de progression s’il veut durer d’autant que vu sa taille longiligne de 1m75, la bataille contre le poids deviendra rapidement son quotidien.
A ce stade, ce jeune homme enthousiaste et travailleur, a pourtant pour gros défaut, ce qui devrait être une qualité, c’est sa rage de vaincre. Il lui fait commettre pas mal d’erreurs en course au point qu’après dix journées de courses seulement, il a déjà écopé de 9 journées de suspension. Si sur les quatre semaines d’inactivité précédentes, il n’en avait purgé effectivement que deux, puisque les 2 autres avaient été commuées en amende, désormais chaque journée de suspension est appliquée à la lettre. En tout cas, le jockey mauricien devra rapidement rectifier le tir s’il veut poursuivre la saison car, selon les directives de la Gambling Regulatory Authority, datant de 2018, encore une de ces inepties chères aux experts ‘ban pa compran narien’ de cet organisme, si un jockey atteint la barre fatidique des 12 journées de suspension, même si les fautes sont bénignes, il ne pourra plus exercer pour le reste de la saison.
A lui maintenant de faire preuve de plus de prudence, s’il veut mener sa saison au terme du calendrier défini d’autant qu’il y a un manque flagrant de jockeys de qualité sur notre hippodrome qui nuit à la compétitivité des épreuves.
Dans cette perspective, trois entraînements nommément les établissements Allet, Maingard et Sewdyal se sont prémunis de leur droit de faire appel à un jockey étranger pour défendre leurs couleurs et ont déjà adressé aux autorités concernés (MTC, ministère du Travail, PMO et GRA) leur vœu d’avoir respectivement comme titulaire les jockeys Fayd’herbe, Orffer et Martinez. On ne connaît pas à ce stade la réponse que voudra bien donner les instances concernées à cette demande à un moment où le ‘tout mauricien’ domine l’action. Mais quelle meilleure publicité pour le monde extérieur qui suit de près nos courses, que de montrer que notre pays est résilient et peut accueillir des travailleurs étrangers dans une période si troublée par la menace de la Covid-19.
Il faudra bien sûr, comme dans tous les autres cas de personnes venant de l’étranger, passer par l’étape incontournable de la quatorzaine.
Dans ce contexte, il n’est pas envisageable de voir ces jockeys à l’œuvre avant la mi-septembre au mieux. Si ce ‘move’ salutaire de ces entraineurs est avalisé par les autorités il est clair que les courses au Champ de Mars bénéficieront d’un bond qualitatif qui fait largement défaut ces temps-ci. Ceci dit, nous maintenons qu’en terme d’équité, il appartenait au MTC, dans la conjoncture actuelle, de recruter des club jockeys pour les mettre aussi à la disposition des entraînements qui n’ont pas les moyens d’en faire venir les siens. Nous sommes de ceux qui pensons que le club jockey est l’avenir des courses mauriciennes — avec un mélange savant de jockeys étrangers et locaux — comme le modèle qui s’est imposé et a permis aux courses de Hong Kong de s’épanouir et de devenir un modèle respecté au niveau mondial.
Il est vrai que là-bas, il n’y a pas une Regulatory Authority qui veut en permanence se substituer à l’organisateur des courses qui est la seule instance reconnue par les autorités hippiques mondiales. S’il n’est pas totalement inutile d’avoir une instance pour réguler les paris — quoique le nôtre est piloté dans l’ombre par un veule personnage, un expert évidemment, complètement inféodé à la politique et au monopole du copinage — cette instance ne devrait pas pour autant s’occuper de ce qui ne la regarde pas, c’est-à-dire la conduite et la règlementation de l’hippisme dans notre pays, mais veiller uniquement que les règles soient respectées et que justice et équité priment. Après dix journées hippiques, comme la saison passée, les Rules of Racing 2020 ne sont toujours pas approuvées par la GRA et les officiels du MTC doivent toujours s’appuyer sur des dispositions obsolètes mondialement pour exercer leurs pouvoirs correctifs, ce qui les affaiblit sur le plan légal par exemple. Ainsi, certains produits utilisés sur des chevaux sont aujourd’hui reconnus comme dopants dans les règles internationales et ne le sont pas dans notre juridiction et peuvent être utilisées sans conséquences par leur entourage.
Pourtant, la GRA a en son sein, l’homme providentiel, pour trouver tout terrain d’entente avec le MTC concernant les Rules of Racing avec son expérience internationale acquise à la maison mère du contrôle hippique qu’est le British Horse Racing Board et son expérience passée à Scotland Yard. Il s’agit de Paul Beeby, un british intègre qui connaît son métier sur le bout des doigts, que la CEO de l’époque, Mme Ringadoo, avait recruté pour l’Integrity Department de la GRA, après avoir immédiatement annulé avec bon sens, celui choisi par la GRA pour la Horseracing Division, un Sri Linkais, Karthi Selvaratnam, venu de Dubai où sa famille avait la charge à l’entraînement des chevaux d’un certain…Jean Michel Lee Shim. Nous vous laissons imaginer le couple Bheekary/Selvaratnam au service du magnat du jeu… Autant dire que ça aurait été Bal & Carnaval !
Pour en revenir à Paul Beeby qui a montré sa maestria dans la gestion des chevaux contaminés au Zilpatérol la saison passée et des enquêtes pour doping dont le dernier concernant l’établissement Simon Jones. Cette enquête menée de main de maître a valu à l’entraineur et à l’un de ses palefreniers des sanctions exemplaires. Mais, il y au bout de la chaine de ce doping des personalités qui lui coûtent aujourd’hui son job, mais pas son intégrité. Depuis cette enquête et le départ de la CEO, il n’a subi que des humiliations dans son travail et du harcèlement à relent de racisme de la part du management et d’un membre du conseil d’administration de la GRA. Tout ce qu’il a mis en place pour le contrôle anti-dopage est en train petit à petit d’être défait sur instruction du membre du board qui est à l’origine d’autres interférences dans le travail du Britannique. La dernière humiliation subie est celle d’avoir constaté par la publication d’une ‘expression of interest’ que son poste sera offert à un Mauricien. Le Britannique partira bientôt, mais son excellent travail n’a pas fini de faire parler lui…
Terminons par dénoncer une grande injustice subie au sein du MTC et il est de notre devoir de la rendre publique. Un employé a été suspendu de ses fonctions sans qu’aucune raison officielle ne lui a été communiquée à ce stade alors que c’est son chef hiérarchique qui a été mis en cause. Bizarrement, au lieu d’une enquête sur le chef, c’est ce dernier qui a mené l’enquête et il a pointé du doigt son subalterne qui a été sanctionné par un comité disciplinaire. Ce subalterne a retenu les services d’un homme de loi pour le défendre et d’autres membres du club, et non des moindres, comptent témoigner pour le soutenir et dénoncer les agissements de son chef. Le pire c’est qu’entretemps le subalterne, qui est aussi un membre du MTC, a reçu un nouveau courrier du MTC lui interdisant d’assister aux courses dorénavant. Son avocat a demandé des précisions au MTC et évoque ‘un double jeopardy’ contre son client.
Que ce soit pour Paul Beeby à la GRA ou le subalterne au MTC, les deux autorités font preuve d’un caractère ‘dominère’ inquiétant et inacceptable dans une République qui se respecte. Cela pose la question fondamentale du bafouage des droits humains et de la capacité de potentats auto-proclamés de faire plier leurs autorités et de protéger les vrais responsables… Lorsque prime l’injustice, il ne reste que la colère du peuple pour la renverser !