La démission, hier, de Nando Bodha, une des rares personnes de qualité qui restait encore au MSM, est un coup de tonnerre, quoi qu’en disent les voyous de la brigade vocale et autres bénéficiaires de prébendes et de briani de la mafia du pouvoir qui gravitent autour du Sun Trust.

Pour la hauteur des vues, l’ancien ministre des Affaires étrangères a toujours présenté un contraste flagrant avec son ancien leader Pravind Jugnauth. Dans sa grande allocution prononcée lors de la réception organisée pour la Fête du printemps vendredi, le Premier ministre a rappelé qu’il est né sous le signe du Buffle de métal, avec les 60 ans qu’il célèbre en décembre prochain. Buffle de métal peut-être, mais plus apte à participer au concours de bouffons vulgaires. Pour le métal, il peut toujours adresser à ses amis qui manifestent avec des armes tranchantes.

Le leader du MSM a donné un nouvel exemple de la finesse de ses arguments hier, lorsqu’il s’est interrogé, selon le sens de l’humour très particulier qui est le sien, sur la “partie du corps de Paul Bérenger que Roshi Bhadain aurait embrassée”, lui qui, peut-être frustré, n’avait eu que la main seulement “baisée” par le leader du Reform Party.

Cette nouvelle blague, qui est à mettre au registre des “palabres” que lui-même et Alan Ganoo dénoncent, est intervenue après celle faite sur les “scavengers” et les “parents qui seraient trop contents de laisser leurs filles en sa compagnie”, tellement il est inoffensif. Voilà pour le propos d’un chef de gouvernement qui n’aura jamais la stature d’un homme d’Etat. Et qui restera le petit chef de clan qu’il est.

Tout ce qu’il a eu à dire sur la décision de Nando Bodha, c’est qu’il s’est laissé tenter par Paul Bérenger qui lui a fait miroiter le poste de Premier ministre. So what? Pour reprendre une de ses propres formules favorites. Ce job est réservé? Pourquoi lui, pourquoi pas d’autres, et pourquoi pas Nando Bodha?

Et si le leader du MSM a, selon son expression très recherchée, “lastik” son secrétaire général, c’est qu’il en sait lui-même quelque chose en matière de “lastik” lui qui a débauché ces supposés militants devenus de véritables paillassons du Sun Trust. Lorsqu’ils n’ont pas pour chauffeur personnel des distributeurs de joints à domicile.

En parallèle des événements politiques de ces derniers jours, se déroulent aussi sous nos yeux des faits qui donnent froid dans le dos. Jeudi 7 janvier 2021: un récidiviste notoire à un haut gradé de la police: “Allo boss! nou pe al fer enn louvraz la!” C’est peut-être la teneur de la conversation qui s’est déroulée entre Manan Fakoo et le Deputy Commissioner of Police Chandrasingh (Uttam) Ramsurrun.

Et c’était juste avant l’agression de Fardeen Okeeb, celui qui, dans un accès de delirium tremens, avait tenu des propos à caractère sectaire. Il a été kidnappé chez lui, traîné dans un champ de cannes à Cottage pour être déshabillé, battu et laissé pour mort par une bande organisée.

Comment un repris de justice, multirécidiviste, peut-il avoir le numéro de quelqu’un qui peut, demain, prendre la place du commissaire de police? On a tout lieu de penser qu’il existe une forme de familiarité entre Manan Fakoo et Uttam Ramsurrun. C’est déjà bien inquiétant comme ça.

Qu’est-ce qu’un officier de police digne de ce nom et responsable aurait fait dans de telles circonstances? Primo: dire à son interlocuteur privilégié que la police s’est déjà saisie du caractère délictueux et dangereux des propos de Fardeen Okeeb, qu’il sera interrogé aussi vite que l’a été Pierre Noël après une blague quelconque, et qu’il sera éventuellement interpellé et, secundo, que lui et sa bande ont intérêt à bien se tenir, parce que la police sera dépêchée au domicile de la cible pour la protéger et qu’elle ne tolérera aucune agression.

Non, rien de tout ça. Fardeen Okeeb a été tabassé. L’agression a été filmée. Et, comme dans toutes les enquêtes qui concernent les protégés de la police ou les biens connectés au pouvoir, elles traînent en longueur et les enquêtes durent indéfiniment, bien que les faits et les preuves soient inattaquables et évidentes.

Justement dans cette affaire, il y a eu déposition, interrogatoires, des agresseurs identifiés et mêmes des parades d’identification, et une seule arrestation, celle de Vivek Ramphul. Or, un des agresseurs présumés, Manan Fakoo a été assassiné. Cette affaire suscite beaucoup d’interrogations.

Comme c’est le DCP Ramsurrun qui avait la responsabilité des opérations lors des différentes comparutions du ministre Yogida Sawmynaden et qu’il avait cru utile de mobiliser les snipers, il est utile de se demander s’il n’a pas été prévenu de la petite parade intimidante des Vishal Shibchurn, de Manan Fakoo et de Senna Budlorn le 12 janvier. Et se demander pourquoi ils n’ont pas été embarqués comme cela a été le cas pour Keshwanee Bundhoo.

C’est une nouvelle illustration de la faillite de la police et de sa partialité. Lorsqu’un agent du MSM, drapé dans son jacket vert acheté sans doute acheté ou obtenu d’un des magasins du Reza Foolah/Sudheer Mudhoo Group, va donner une déposition à minuit, dans les heures qui viennent, à 6 heures du matin, les frères Dardenne sont coffrés.

Ceux dont les violentes agressions sont filmées et qui sont positivement identifiées sont, eux, toujours en liberté? Il y a, en plus, eu une tentative d’écarter l’enquêteur qui avait démarré l’enquête et qui avait procédé à l’interpellation de Vivek Ramphul qui a d’ailleurs permis de faire avancer le dossier et tout cela ne serait que coïncidence?

Quatre mois après le décès de Sooparamanien Kistnen et le “suicide” que la police et les autorités ont voulu vendre pour enterrer au plus vite cette triste affaire, la police vient dire qu’il y plusieurs suspects dans le viseur? C’est tout? Un protégé du ministre Maudhoo est dénoncé par un chef inspecteur pour infraction à une condition de sa liberté conditionnelle, c’est lui qui est transféré.

Et au lieu de fournir des explications sur ces questions qui préoccupent les Mauriciens, on a toujours des palabres et des blagues douteuses du ministre de l’Intérieur!