Les XXXIIes olympiades prennent aujourd’hui fin à Tokyo au Japon. Longtemps remise en cause en raison, notamment, d’une incertitude d’annulation grandissante, liée à la pandémie de Covid-19 et ce, après un premier renvoi d’une année, la communauté mondiale du sport s’est finalement retrouvée, le temps de deux semaines, sur les différentes aires de compétition.
Ces Jeux terminés, il nous incombe de dresser un bilan. Et là, ce qui nous intéresse, ce sont les performances réalisées par nos huit représentants. Bien évidemment, il serait injuste de notre part de porter un jugement trop sévère sur nos porte-drapeaux. Cela, en tenant compte qu’ils ont tous souffert de deux confinements en l’espace d’une année. Sans oublier que les sorties à l’étranger ont été restreintes, à son strict minimum, en raison des mesures sanitaires imposées par le gouvernement.
Reste qu’il est un fait que nos athlètes ont failli sur le point de la performance notable, à l’exception du boxeur Merven Clair qui est tombé en quart de finale, soit au seuil d’une médaille olympique. Pourtant, le simple fait de se retrouver aux JO aurait dû les transcender d’un point de vue purement psychologique. Malheureusement, tel n’a pas été le cas et c’est dommage. Aussi, savions-nous que la quête de médaille allait être très compliquée. Mais de là à rentrer au pays sans aucun record national et encore moins de Personal Best, mérite réflexion.
Désormais, c’est vers les JO de Paris 2024, en France, que les regards sont tournés. Et ce, dans l’espoir de pouvoir caresser, à nouveau, ce rêve qu’est la médaille olympique. Comme l’avait fait l’unique médaillé (bronze), l’ancien boxeur, Bruno Julie en 2008 en Chine. Les gros moyens déployés — Rs 1M par athlète par an — par Horizon Paris 2024 seront-ils suffisants pour combler ce grand vide ? Seul le temps nous le dira.
En revanche, ce que nous pouvons affirmer, c’est qu’ils étaient bien huit dirigeants mauriciens, dont six du Comité olympique mauricien (COM), à avoir assisté aux JO ! Certains, dont on se pose toujours des questions quant à leur présence à Tokyo quand on considère qu’ils n’étaient que huit athlètes à représenter le pays !
Fidélité récompensée ? Sans doute, surtout lorsqu’on est témoin à quel point nombreux sont-ils à prêter allégeance au président du COM, Philippe Hao Thyn Voon. Et ce, en dépit du fait que des principes sacro-saints de la Charte olympique ont été banalisés, voire violés, afin que les assises personnelles de certains soient confortées au détriment même du sport et de ses valeurs intrinsèques.
Le contraste est même flagrant quand on considère que des membres du COM ont bénéficié de la tenue officielle, désormais contestée, mais pas Jérémie Lararaudeuse, spécialiste du 110m ! Et on n’en saura pas plus, malheureusement. Le ministre des Sports, Stephan Toussaint, ayant déclaré, mardi à l’Assemblée nationale, que le COM n’était pas disposé à en dévoiler des informations sur ce sujet !
Au COM, c’est justement cette façon de faire qui nous agace, voire qui nous révolte. Pourquoi priver un athlète de ses droits et qu’ensuite, on refuse de s’expliquer sur l’autel de la transparence, de la persévérance et de la méritocratie ?
À Philippe Hao Thyn Voon on demandera : Richard Papie, Hedley Han et autres Aline Li Chuen Cheong méritent-ils autant de porter la tenue officielle que Jérémie Lararaudeuse ? Un athlète ne mérite-t-il pas un minimum de considération et de reconnaissance en obtenant sa tenue officielle pour laquelle il a sué ? Aussi, pourquoi n’a-t-il reçu que Rs 53 900 en termes de soutien financier pour sa préparation, alors que le COM avait, lui-même, indiqué que Rs 900 000 allaient être équitablement reparties entre les qualifiés olympiques ?
Forcément, il y a, quelque part, un problème et dont la source n’a certainement rien à voir avec l’athlète, lui-même ! La seule explication plausible — avec le refus du COM de communiquer — ne peut être, pour l’heure, associée qu’à la position adoptée par l’ancien président de l’Association mauricienne d’Athlétisme, Vivian Gungaram, pour contester le fonctionnement du COM.
Aussi, déplorons-nous, la façon dont l’information a été distillée à travers la presse locale par le COM de Tokyo, et plus particulièrement par son chef de mission à Tokyo, Hedley Han. Depuis son départ, le 18 juillet et pendant les Jeux, nous n’avons plus eu de nouvelles de lui. Contrairement à son omniprésence dans certains titres de presse ! Lui qui se disait pourtant être le relais entre les sportifs et la presse locale et ce, par le truchement des services d’une boîte de communication ! Au final, on n’en a obtenu qu’un malheureux communiqué de presse de cette agence ! Décidément, quelque part, quelqu’un a brillé par son amateurisme. On laissera le soin à Hedley Han d’y répondre.
En somme, le déplacement à Tokyo a confirmé, ce que nous savions déjà. Le COM ne changera guère tant que certains se croiront tout permis. Sauf que Philippe Hao Thyn Voon et ses membres gagneraient à savoir que cette manière de fonctionner ne nous empêchera nullement de faire notre travail avec autant de professionnalisme et d’impartialité. D’autant que le sport mauricien n’est pas la propriété du COM et encore moins de Philippe Hao Thyn Voon. Le sport appartient à ceux qui le pratiquent et à ceux qui savent véritablement en apprécier la valeur. Et nous nous battrons toujours pour qu’il en soit ainsi !