Le président de la Mauritius Football Association (MFA), Samir Sobha, s’est finalement exprimé sur la reprise. C’était samedi dans les colonnes du Mauricien. Enfin, serait-on tenté de dire, alors que les différents championnats sont à l’arrêt depuis trois mois ! Sauf que sa prise de position interpelle sur certains points, nous forçant à rétablir les faits. Non pour faire la leçon à M. Sobha, mais pour apporter des éléments de réponse, afin que personne ne soit induit en erreur, à commencer par la MFA et ses membres eux-mêmes.

Précisons d’abord une chose : que ce soit dans le cas de la MFA où d’une autre fédération, Week-End adopte une ligne éditoriale impartiale. Par principe, notre cheval de bataille a été de défendre les intérêts du sport et la juste cause de ceux qui le pratiquent. Loin de s’attaquer à l’homme, mais à prendre surtout position face aux actions contestées de certaines fédérations, mais également pour dénoncer ces décisions qu’on peine à comprendre.

Il fallait donc réagir et nous le faisons, même si, dimanche dernier, nous évoquions l’affaire Cercle de Joachim, lourdement sanctionné par la Fédération internationale de Football Associations (FIFA), au même titre que la MFA. Autant que nous le sachions, Samir Sobha est bien le président de cette fédération, mais aussi membre de la formation curepipienne ! Est-ce donc la faute à la presse si son club et sa fédération se sont retrouvés dans cette situation ? Venir donc dire que cette affaire ne concerne que la FIFA et la MFA relève de l’imaginaire.

Est-ce aussi la faute à la presse si un document, de surcroît pas reconnu par la FIFA, a été soumis au ministère du Travail pour l’obtention d’un permis de travail à des étrangers ? Ou encore, si une enquête a été initiée sur les procès-verbaux différents issus d’une même et seule assemblée générale annuelle, soit celle de 2015 ? Est-ce encore la faute à la presse si l’Independent Commission Against Corruption (ICAC) a été alertée sur le transfert de fonds de la formation curepipienne à un Licensing Officer de la MFA ? Cela, comme indiqué par le ministre Stephan Toussaint, en décembre dernier à l’Assemblée nationale.

C’est pour autant de raisons que nous avons décidé de réagir. Car, Samir Sobha ne peut et de doit, en aucun cas, se muer en victime expiatoire en transposant les problèmes de sa fédération sur le dos de la presse. Comme évoqué, il y a un « manque de communication auprès de certaine presse » et « plusieurs presses ne sont pas ouvertes au dialogue. Ce qui ne nous permet pas de nous défendre lorsqu’il est question de la MFA. » Peut-il alors au moins nous dire pourquoi la MFA n’a toujours pas répondu à nos sollicitations, depuis janvier, dans le cadre de l’affaire BET 365 ?

Le président de la MFA prend même un air mélancolique en déclarant « si je suis punissable, j’accepterai la sanction…», mais que, jusqu’ici, dit-il, les autorités n’ont rien trouvé à lui reprocher. Nous, on ne se prononcera pas sur ce point préférant laisser le soin aux instances compétentes de faire leur travail en toute indépendance.

En revanche, on ne peut s’empêcher de se poser cette question. Qui est l’auteur de cette déclaration de presse du 10 novembre 2020, après avoir été aperçu devant les bureaux du CCID aux Casernes Centrales : « Je m’y suis rendu afin de renouveler mon permis international. En aucun cas je n’ai été convoqué. »

Or, le Premier ministre, Pravind Jugnauth, semble avoir, lui, une toute autre lecture de la situation en se basant sur les informations qui lui ont été fournies par le Commissaire de police. Il a récemment déclaré au Parlement que, suivant le cours de l’enquête dans l’affaire Cercle de Joachim, deux membres de la MFA, dont le président, ont été interrogés !

Que dire maintenant de cet aveu interpellant, voire inquiétant, trois mois après l’arrêt des compétitions. Ainsi, apprenons-nous de Samir Sobha, la FIFA avait déjà été contactée cet effet ! Est-ce cela la définition de transparence à la MFA ? Alors que des clubs et leurs joueurs — sans qui la fédération n’existerait même pas — ont navigué dans le flou le plus total pendant tout ce temps. C’est dire la considération qui est accordée aux véritables acteurs du football local. Et pourtant, Samir Sobha a osé questionner le mécontent légitime des joueurs concernant la reprise !

Comment ne pas questionner aussi l’absence de vision de la MFA lorsque Samir Sobha précise « on pensait que les choses allaient s’améliorer, mais le COVID-19 a refait surface. » Révoltant quand on considère qu’une deuxième vague de la pandémie a resurgi quelque temps seulement après la première à travers le monde.  La FIFA ayant même pris des mesures pour parer à toute éventualité. La MFA en a-t-elle fait autant au lieu d’agir comme une assistée et éviter une deuxième saison blanche d’affilée ?

Mettre ses erreurs sur le dos des autres est trop facile, tout comme pointer un doigt accusateur sur une section de la presse. Surtout pas lorsqu’on a mis à l’épreuve la sécurité des joueurs en faisant déplacer la sélection nationale de futsal en territoire hostile et non-reconnu, début 2020.

Malheureusement, à ce jour, la démarche est restée impunie par les autorités locales. Idem au niveau de la Confédération africaine de football (CAF), apprenons-nous, cette fois, de Samir Sobha ! Un aveu très grave touchant au fonctionnement même de la CAF, voire à son code de conduite, face à ce qui peut être désormais être qualifié de grosse faute professionnelle, si ce n’est pas pire.