Ça y est ! La date butoir du 1er octobre a enfin été franchie. Les premiers touristes ont commencé à fouler le sol mauricien, tandis que des compatriotes et des étrangers vivant à Maurice prennent l’avion vers des destinations choisies. Cet aspect de la vie de notre pays, autrefois courant et banal, avait totalement disparu depuis le premier confinement causé par la crise sanitaire, en mars 2020. Lever la tête vers les cieux et scruter l’azur, au son du vrombissement d’un Boeing, c’était devenu très, très rare. Du coup, ces « retrouvailles » sont comme un baume au cœur dans le désert des “feel good factors” qui ont brutalement disparu depuis l’an dernier. Et le Covid-19, il convient de le faire ressortir, n’en est pas l’unique coupable.

Une autre « bonne nouvelle » est tombée dans la soirée du jeudi 30 avec la réintégration des 18 pilotes de la compagnie d’aviation nationale, Air Mauritius. Geste patriotique ou stratégie réfléchie ? Le plus important, c’est que ces brillants éléments, qui ont préféré servir leur pays plutôt que d’aller s’épanouir sous d’autres cieux – qui, certainement, leur ont fait les yeux doux, de par leurs compétences et leurs qualifications exceptionnelles –, ne seront plus pénalisés. Et avec eux, leurs familles et enfants.

En faisant marche arrière sur cette décision prise, où ces 18 éléments de MK s’étaient retrouvés du jour au lendemain en congé sans solde pour cinq ans, dans le sillage de la vente des avions A319 et A340, Pravind Jugnauth marque certainement des points. Il l’a également fait avec l’autopont de Phœnix, qui permet à un gros lot d’automobilistes de souffler, en appuyant sur le champignon, plutôt que de hurler des jurons à l’égard des autres conducteurs !

Dans notre contexte actuel, la peur-psychose du Covid-19 a gagné du terrain, avec l’arrivée des touristes venant de régions du monde entier, dont certaines où circule le très redouté variant Delta. C’est un sentiment naturel, un réflexe inévitable. Surtout avec l’explosion des nouveaux cas recensés ces deux derniers mois, tant en ce qui concerne les nouvelles infections au virus que le nombre de décès. Le gouvernement a pris quelques mesures, espérons-le, pas cosmétiques, pour parer à toutes éventualités. Comme de permettre aux cliniques privées de traiter les cas de Covid-19, puisqu’un touriste sera plutôt réticent à aller vers les hôpitaux nationaux.

Mais le fait est que ce fichu virus circule désormais partout, que personne n’est à l’abri nulle part. Avec, désormais, la circulation libre des touristes, certes vaccinés, les risques d’infection grandissent inévitablement. Ce qui donne encore plus la frousse. D’où le fait extrêmement important de redoubler les consignes de sécurité, d’une part. Mais, surtout, d’agir de manière responsable : arrêter de s’agglutiner dans les supermarchés et autres complexes commerciaux, ou les ti-bazars et boutiques du coin, entre autres. Nettoyer systématiquement les surfaces et se désinfecter les mains tombent dans la même catégorie.

La reprise des activités, ce 1er octobre, a aussi permis à nombre de gérants de commerces, comme les propriétaires de salles de cinéma, à renouer avec le grand public. Tant mieux pour ces Mauriciens qui vivent de ces métiers. Néanmoins, ce qu’on n’a pas compris, c’est pourquoi les gérants des Night-Clubs et boîtes de nuit sont restés sur le pavé. Oui, ce sont des endroits exigus dans certains cas. Mais avec des mesures appropriées, comme des restrictions strictes, n’aurait-on pas pu aider ces Mauriciens à également reprendre un élan économique ? D’autant qu’autour, dans les villes comme les villages, les pubs, les bistrots et les cafés, entre autres, ont rapidement aménagé des pistes de danses, et eux peuvent opérer au grand jour. Le sort des gérants des boîtes de nuit ne méritait-il pas un meilleur traitement, moyennant une étude et l’élaboration d’un cahier des charges au préalable ?

De même, des couacs sont encore et toujours enregistrés dans le secteur de la santé publique. Où, il faut être réaliste, ces frontliners sont, depuis belle lurette, au bout du rouleau. Sans compter qu’il n’y a pas vraiment d’organisation pour que la main-d’œuvre disponible puisse travailler, se ressourcer et faire face aux multiples défis. Demain se prépare aujourd’hui : nos politiques, cependant, ne semblent pas adhérer à cette pratique.