Avec la reprise des travaux parlementaires mardi dernier, c’est la démocratie parlementaire qui reprend ses droits. L’Assemblée nationale, faut-il le rappeler, est une des plus importantes institutions démocratiques du pays. Non seulement en tant qu’Assemblée législative – car c’est l’endroit où les législations sont adoptées –, mais c’est surtout le lieu par excellence où les élus du peuple, de la majorité comme de l’opposition, doivent pouvoir faire remonter tous les problèmes, les anxiétés et les questionnements de la population.

C’est pour cette raison que les pères de l’indépendance s’étaient assurés que toutes les composantes de la population – en termes de communautés, de cultures, de régions, rurales ou urbaines, mais aussi intellectuels, les professionnels et les travailleurs – puissent être représentées au Parlement. C’est également la raison pour laquelle on souhaiterait que ceux qui le veulent puissent s’exprimer en kreol. Après tout, le Parlement est aussi un endroit où les membres de l’exécutif doivent communiquer toutes les informations essentielles pour la bonne marche du pays ainsi que leurs activités ministérielles à la population à travers, entre autres, des interpellations venant des deux côtés de la Chambre.

En gros, le Parlement peut aussi faire office de soupape de sûreté, dans la mesure où c’est là que de nombreux problèmes provoqués par les manques d’informations ou de “fake news” peuvent être désamorcés. « Si nous ne pouvons pas nous exprimer au Parlement, où devrions-nous le faire ? Dans les rues ? Dans les médias sociaux ? » avait lancé récemment le nouveau leader de l’opposition, Xavier-Luc Duval, pour justifier l’organisation d’un débat parlementaire consacré entièrement à la gestion de la COVID-19 et à la campagne de vaccination. À notre avis, la nécessité d’un tel débat, auquel aurait participé un nombre prédéfini d’orateurs, est toujours valable.

Les travaux parlementaires de mardi dernier, de l’avis des députés, ont été satisfaisants. Ces dernières peuvent en effet amener les membres du gouvernement de bonne volonté à communiquer beaucoup d’informations. Cela a été le cas mardi, sauf pour les dossiers (et pas de moindre importance) se trouvant devant l’ICAC. Toutefois, aucune réponse ou information transmise ne peut être remise en cause ou commentée par les auteurs des interpellations. Ils risquent sinon d’être rappelés à l’ordre par le Speaker par un « ask your question honorable member », avec tous les avertissements d’usage si les parlementaires persistent.

Le leader de l’opposition a eu à puiser son énergie dans sa longue expérience parlementaire pour mener à bien sa PNQ adressée au ministre de la Santé. Ce dernier a eu le mérite de communiquer en détail beaucoup d’informations, ce qui aura cependant donné lieu par la suite à beaucoup de commentaires et d’interrogations. À titre d’exemple : la population est rassurée d’entendre le ministre annoncer qu’il est possible d’atteindre l’immunité collective avec la vaccination d’un taux variant entre 62% et 74% de la population jusqu’en août de cette année. De plus, avec les vaccins fournis par le Serum Institute of India, Bharat Biotech de l’Inde et ceux en provenance de la plateforme Covax, de l’Union africaine, de Chine et de Russie, soit un total de 1 455 651 doses de vaccin, auxquelles s’ajoutent 151 231 doses de Johnson and Johnson, les autorités sont en mesure de vacciner 879 056 personnes. Formidable.

Toutefois, le ministre n’a donné aucune date de livraison de ces vaccins. Un débat sur les vaccins aurait ainsi permis au ministre de la Santé de bien éclaircir son annonce et de savoir si ce qu’il propose est un mirage ou la réalité. Il est entendu que les parlementaires de l’opposition auraient aussi eu l’occasion de faire des propositions concrètes. Il est réconfortant que, malgré les craintes observées, le Parlement se réunira à nouveau mardi prochain. Nous l’attendons avec impatience.

En attendant, la campagne de vaccination, considérée comme le meilleur moyen d’empêcher la propagation de la Covid-19, se poursuit à un rythme de 7 000 doses par jour. Souhaitons toutefois que le gouvernement ne continue pas de faire la sourde oreille concernant les demandes insistantes en vue de l’amendement du Consent Form.