Qu’il se trouve dans l’opposition ou au gouvernement, le MSM a une manière particulière pour tenter de museler ou d’intimider : il envoie ses agents manifester. Il l’avait fait quand son leader avait estimé que les journaux avaient réduit sa foule à un meeting. Plus récemment, il a envoyé ses agents manifester devant la Cour suprême pendant que se déroulait le procès MedPoint, dont son leader était le principal accusé. Vendredi, à Mahébourg, on a eu droit à une manifestation MSM pour soutenir les ministres de l’Environnement et de la Pêche convoqués en cour suite à une plainte pour irresponsabilité dans l’affaire Wakashio. Quel était donc l’objectif de cette manifestation soigneusement organisée depuis plusieurs jours avec des pancartes « na pa tous nou Kavi et nou Sudhir » ? Intimider la cour et montrer que le slogan des trafiquants de drogue, qui marqua les années Jugnauth père, « gouvernement dans nous lamé » est toujours d’actualité ? Mais fort heureusement, les habitants de Mahébourg ne se sont pas laissés impressionner par les agents orange. Copieusement hués, les deux ministres ont dû avoir recours à une escorte policière pour regagner leurs voitures. Mais le lendemain matin, des policiers sont allés arrêter les contre-manifestants à Mahébourg en ne s’occupant pas, du moins pour le moment, des agents orange venus de Quatre-Bornes et de Flacq pour tenir une manifestation illégale. Une illustration que, malgré tout ce que le nouveau commissaire laisse entendre, aux Casernes centrales, plus on change, plus c’est la même chose et que la police dans « lamé MSM » ?

Lettre de La Réunion : « Mon mari devait subir un traitement médical non disponible à Maurice. Nous sommes allés à La Réunion au mois de février pour commencer le traitement qui devait durer trois semaines et se poursuivre avec une chimio. Le traitement s’est bien passé et puis est arrivée l’épidémie de Covid 19 et Maurice a fermé ses frontières, ce qui était tout à fait normal. Nous nous sommes dit que nous allions rentrer dans un des vols organisés par le gouvernement pour rapatrier les Mauriciens bloqués aux quatre coins du monde. N’ayant pas pu prendre le vol de rapatriement d’avril, nous avons attendu le suivant alors qu’avait lieu le rapatriement des Mauriciens depuis l’Inde, depuis Londres, depuis Paris, depuis Madagascar en nous disant que notre tour allait finir par arriver. D’autant plus que nous ne sommes qu’à une demi-heure d’avion de Maurice. Cela fait plus de sept mois que nous sommes coincés à La Réunion où, heureusement, nous avons de la famille pour nous héberger et disposons des moyens de vivre. D’autres Mauriciens sont dans de plus mauvaises conditions que nous. Depuis des semaines, nous essayons d’avoir des informations sur ce vol qui va enfin nous permettre de rentrer chez nous retrouver nos enfants, nos parents. Les agences de voyages sont fermées, Air Mauritius n’existe plus et les numéros de téléphone du consul de Maurice à La Réunion et de son adjoint sont branchés sur répondeur. Les emails que nous leur avons envoyés sur leur adresse officielle n’ont jamais reçu de réponse ou même un accusé de réception. C’est à se demander si ces numéros et adresses de représentants de l’État censés venir en aide aux citoyens mauriciens en difficulté sont opérationnels. Nous n’avons aucune information ici et les rares numéros de téléphone du ministère des Affaires étrangères que nous avons pu obtenir sonnent dans le vide. Nous sommes affolés, inquiets, fatigués et avons le sentiment que nous avons été abandonnés par notre pays. On avait dit que le prochain vol de La Réuion aurait lieu fin août-début septembre, sans plus. Que devons-nous faire pour obtenir une réponse, une attention des autorités de notre pays ? »

Effectivement, les informations sur les vols de rapatriement des Mauriciens à l’étranger ne sont pas disponibles. Ou alors au compte-gouttes. Au ministère des Affaires étrangères, les rares fonctionnaires que l’on arrive à joindre disent ne pas avoir d’informations précises, savent que les vols seront BIENTÔT organisés et demandent de contacter le consul honoraire de Maurice à La Réunion ou son adjoint sur les numéros et adresses mail officiels. Comme nous le dit la lectrice plus haut, ces téléphones sont sur répondeur. Il est vrai que la situation née de la Covid-19 est compliquée et l’est plus encore avec le krach d’Air Mauritius. Mais au lieu d’aller essayer de convaincre un militant écologique de ne pas critiquer le gouvernement et de poursuivre des ministres suite au naufrage du Wakashio, est-ce que le ministre des Affaires étrangères ne pourrait pas donner des informations aux Mauriciens bloqués à l’extérieur du pays et à leurs parents ? Est-ce que la responsabilité du gouvernement pour rapatrier les Mauriciens ne concerne que les épouses et enfants de ministres ?

Jean-Claude Antoine