Le Comité international olympique (CIO), instance suprême du sport mondial, a répondu à la branche locale, il y a une semaine. Le Comité olympique mauricien (COM) devra obligatoirement revoir sa copie quant aux amendements apportés à ses statuts lors de l’assemblée générale annuelle le 3 septembre à Trianon. Cela sur recommandation du département légal du CIO. Il y aura donc bien une élection pour permettre aux anciens athlètes de choisir, eux-mêmes, leurs représentants pour siéger à la Commission des athlètes. Et ce, comme clairement stipulé dans la Charte olympique, la bible même de ce que doivent être le sport et son fonctionnement, à travers le monde.

Malheureusement, certains au COM ont trouvé les moyens de pervertir un des sacro-saints principes de l’olympisme. Et ça, c’est révoltant, voire très dangereux. On ne joue pas avec la démocratie, qui plus est, avec une facilité déconcertante, mais surtout diligente. Sauf qu’au COM, on a voulu tenter un coup de poker, mais cela n’a pas marché. Et l’on s’en réjouit. Tout comme ceux qui continuent à croire que le sport local peut toujours se retrouver, mais dans le respect des règles et dans la transparence surtout.

Ainsi donc, la démarche du CIO de demander au COM de faire machine arrière est un signal très fort de son engagement à faire respecter les valeurs fondamentales de l’olympisme. Un cinglant revers à tous ceux qui pensaient que tout était permis. Aussi, on ne défie pas le CIO en lui adressant, en son âme et conscience, un amendement qui est opposé à ses principes, susceptible surtout de faire du tort à ceux de la bonne gouvernance.

Le CIO a donc été intransigeant sur la question et démontre, avec fermeté, qu’on ne badine pas avec la Charte olympique. Ce faisant, il est venu conforter la position de Week-End sur la question. Du reste, nous avons été les seuls à remettre en question, le 20 septembre dernier, l’amendement à l’article 5 (Membership) 2 (c) du COM , soulignant que celui-ci était « Contraire à la Charte olympique ». Deux semaines plus tard, le CIO a réagi, à son tour, à la suite d’une copie envoyée par le COM.

Pouvait-il en être autrement ? Le CIO pouvait-il aller à l’encontre de ses propres principes ? Certainement pas. Sauf pour certains au COM qui ont quand même voulu jouer à une forme de roulette russe. Cela en sachant qu’ils allaient se brûler les mains ! Ayant d’ailleurs sans doute réalisé la bévue, Philippe Hao Thyn Voon a essayé de se dédouaner, quelques jours après la réunion du 3 septembre, en indiquant, dans une interview, que la décision de son comité pouvait être renversée par le CIO ! Pourquoi donc avoir pris ce risque de mettre à mal la réputation du sport local dans ces conditions-là ?

En somme, le COM a reçu une claque magistrale et non des moindres. Un sérieux désaveu surtout, à celui qui veut, à tout prix, postuler pour un nouveau mandat de quatre ans à la tête de cet organisme. Quitte à aller à l’encontre des principes et en changeant les règles du jeu comme tenir des élections express et non en fin d’année comme évoqué par Philippe Hao Thyn Voon, lui-même.

Ce désaveu du CIO est, qui plus est, la preuve que le présent comité exécutif du COM s’est auto-discrédité. Non seulement Philippe Hao Thyn Voon, mais aussi tous ceux qui l’entourent. Un sérieux rappel à ces dirigeants qui, visiblement, ne peuvent aspirer à un nouveau mandat vu la gravité de la faute qui a été commise en ignorant, notamment, une des valeurs olympiques, qui est le respect. Respect des règles ou encore respect de l’adversaire.

Malheureusement, on est bien loin, à Maurice, d’épouser cette philosophie olympienne. Par contre, on cautionne impunément l’émergence de fédérations que nous qualifierons de douteuses. Au cas contraire, elles auraient été actives et visibles surtout. Ce qui n’est pas le cas. Des fédérations dont le COM doit certainement, à la communauté sportive, des explications crédibles sur leur mode de fonctionnement, afin de prouver leur existence.

D’autres antennes de ce type sont en voie de germination, dit-on. Pourquoi et dans quel but ? D’autant que l’histoire nous a prouvé que les intérêts sont bien ailleurs, pour ne pas dire consolider une majorité et le pouvoir.

Est-ce donc cela qu’on appelle la promotion du sport ? Où est-ce tout simplement la promotion de soi ? Est-ce dans l’intérêt du sportif qu’on suppute au sport ses droits fondamentaux ? Si c’est cela que le COM définit comment étant les vraies valeurs de l’olympisme et bien, la résurrection du sport mauricien n’est pas pour demain, messieurs-dames !