Fermé depuis un peu plus de cinq mois en raison des rénovations devant être entreprises, le centre de Jeunesse de Flacq n’ouvrira pas ses portes de sitôt. Les Rs 8M estimées pour les coûts des travaux par la « technical team » du ministère des Sports étant considérés « to be on the high side. » C’est ce qu’a déclaré le ministre Stephan Toussaint, mardi à l’Assemblée nationale, à une question du député du MSM, Vikash Nuckcheddy. Une démarche soutenue, dit-il, par rapport à la situation économique actuelle du pays tout en précisant que le «  scope of works is being reviewed for a more cost-effective solution. »
En temps de crise, effectivement, tout décaissement de fonds publics nécessite réflexion. Et ça, Stephan Toussaint a eu le mérite de préciser ses intentions surtout dans cette conjoncture difficile. L’argent devant être, définitivement, utilisé de manière judicieuse. Sauf que toute action, pour quelle soit crédible, doit impérativement être accompagnée d’une bonne dose d’impartialité.
Ainsi, on aurait d’abord aimé savoir si Stephan Toussaint en aurait fait autant s’il s’agissait d’une action au sein de sa circonscription, soit le 12, à Mahébourg/Plaine Magnien ? Il est donc de notre devoir de nous demander si les Rs 11M dédiées au stade Harry Latour, avant le confinement, seront maintenues ? Des rénovations suivant celles…d’octobre 2019 de l’ordre de Rs 449 000, selon ses dires au Parlement le 28 février dernier. Deux rénovations — une réalisée et une en phase de programmation — en l’espace de cinq mois seulement pour un total de Rs 15M. Tant mieux pour les Mahébourgeois et pour le football surtout.
En revanche, le centre de jeunesse de Flacq devra attendre après que Stephan Toussaint a désavoué sa propre « technical team » ! Pourtant très utilisé en temps normal, dit-on, la rénovation de ce lieu incontournable pour la jeunesse bute sur une simple question de sous ! Et c’est vraiment dommage quand on considère que la création de ces centres ruraux après les Jeux des Iles de 1985, sous la baguette de l’ancien ministre des Sports, Michael Glover, était de rassembler les jeunes, tout en leur offrant une activité saine, autre que le football, et aussi les tenir éloignés des fléaux dominant de l’époque qu’étaient l’alcool et le cannabis surtout.
Cette jeunesse, pourtant symbole puissant de ce que sera fait notre avenir, se voit suspendue à une décision de réduction des coûts de rénovation. Tout simplement révoltant ! Qu’est-ce Rs 8M face aux Rs 5 milliards dépensés pour la construction d’un complexe sportif international à Côte d’Or ? Même si ce gros budget a été dépensé avant la crise économique mondiale. Ce qui est aussi sûr, c’est que ce complexe n’est pas autant utilisé contrairement aux activités autour d’un centre de jeunesse où au moins, le contribuable peut profiter, indirectement, de son labeur.
Etait-il donc nécessaire, à ce point, que Stephan Toussaint demande que les coûts de rénovation, travaillés par une équipe de son propre ministère, soient revus ? D’autant que nous savons tous que chaque seconde de perdue sur ce terrain, représente plusieurs de gagner pour les trafics illicites, symbolisés aujourd’hui par une prolifération de drogue synthétique ultra dangereuse. Une drogue qui n’épargne, précisons-le, personne et qui constitue un véritable calvaire pour ces nombreux parents dont les enfants ont été injustement pris par ce piège qui parasite la cellule familiale.
Il y a donc urgence et le ministre Toussaint gagnerait à prendre ce dossier avec tout le sérieux et autant de détermination. Un peu comme il le fait actuellement auprès des pêcheurs et autres mandants à Mahébourg, suivant le désastre écologique causé par l’échouage du vraquier Wakashio sur les récifs de Pointe D’Esny.
Sa disponibilité et son engagement devant même être égaux partout ailleurs, sans partialité aucune. Certes, le drame qui s’est joué à Mahébourg n’a, pour l’heure, pas son équivalent et mérite toute l’attention des autorités. Notre jeunesse le mérite amplement et autant aussi. Et ça, Stephan Toussaint gagnerait bien à le savoir.
Notre jeunesse n’a pas de prix, surtout pas à un moment où elle parvient difficilement à trouver ses repères et où sa fragilité est sérieusement mise en cause. Même si les temps sont durs, le ministre, qui trouve pourtant les ressources nécessaires quand il s’agit de projets qui lui sont chers, comme il l’a démontré avec Zenes montre to talan, gagnerait à réfléchir également aux conséquences que cette fermeture prolongée pourrait avoir sur les jeunes de cette région.