— Alors, ça a été?
— Quoi, la reprise au travail?
— Non, je ne parlais pas du retour au travail, mais de ton séjour à l’hôtel pour l’année.
— Très bien, toi. Au départ, je ne voulais pas trop, mais à la fin je me suis laissé convaincre. Trois jours pour sortir de chez toi, oublier ce qui se passe dehors et ne pas avoir besoin de penser à ce qu’il faut acheter pour cuire pour le dîner, à faire la vaisselle le ménage tout ça, c’était bien. Très bien même.
— Où ça que vous êtes allés?
— Dans un petit hôtel. Moi, je ne voulais pas aller dans un grand hôtel avec plein de gens, comme dans un fancy-fair. On a choisi un petit hôtel et les autres clients étaient des gens bien.
— Il y avait de l’animation, un disco tout ça?
— Tu vas croire toi-même ! On ne voulait pas aller dans un concert avec DJ, mais se reposer. Il y avait de la musique, mais pas de dialsa, les enfants ont protesté, mais après ils sont restés tranquilles et ont bien profité, comme nous.
— C’était pas trop cher ?
— Ecoute, on était en promotion et en all inclusive. Quand tu calcules ce que tu dépenses chez toi pour tes repas, le temps que tu prends pour faire les courses, cuire le manger, faire le ménage tout ça c’était pas trop cher. On ne peut pas faire ça tous les week-ends, mais une fois comme ça, ça va.
— Alors, quel effet que ça fait de jouer aux touristes?
— C’était très bien, comme je viens de te dire. Tu te reposes et on fait tout pour toi, c’est top. Et en plus tous les clients étaient venus pour se reposer pas pour faire leur vilain comme ailleurs.
— Qu’est-ce tu veux dire? Qui a fait son vilain comme ça?
— Comment se fait-il que toi qui connais tout, tu n’es pas au courant ?
— Au courant de quoi?
— C’est le talk of the hotels, toi. C’est mon cousin qui travaille dans le grand hôtel qui m’a raconté.
— Qu’est-ce qu’il t’a raconté comme ça ?
— Mais attends un peu, foutour va! Donne-moi au moins le temps de parler.
— Ça même je ne peux pas avec toi, au lieu d’aller droit au but, tu casses contours!
— Mais c’est toi qui me coupes sans arrêt… tu es comme le Loud Speaker au Parlement!
— Hé toi-là, ne me compares pas avec ce…. avec cet individu-là, je te dis!
— Mon cousin m’a dit qu’il y avait certains Mauriciens qui font mari vilain quand ils vont dans les hôtels.
— Qu’est-ce qu’ils font comme ça?
— Non seulement ils font du tapage toute la journée et même le soir, mais ils prennent du manger du buffet et mettent dans des sacs plastiques pour apporter dans leur chambre. Quand les serveurs font des remarques, ils disent «non finn payé pou sa».
— Ne me dis pas, ils mettent le manger dans des sacs en plastic. C’est comme certains Mauriciens font dans les mariages et les cocktails !
— Ça, je ne savais pas. Mais il n’y a pas que le manger et le tapage! Ils quittent l’hôtel en prenant des serviettes, des taies d’oreillers sans compter les petits flacons et les savonnettes dans la salle de bains. Ils ne laissent rien derrière eux.
— Comme ça ces clients la font?
— Oui, toi. Mon cousin me dit que quand on rentre dans la chambre après le départ de cette qualité de clients-là, il faut tout remplacer et parfois même repeindre tellement c’est sale.
— A ce point-là. Tu ne crois pas que ton cousin, qui très je suis-je là, n’est pas en train d’exagérer ?
— Je sais que parfois il fait son grand noir, celui qui est plus bien élevé et connaît plus que tout le monde. Mais là, je crois qu’il est sérieux et que ce sont certains Mauriciens qui exagèrent.
— Et qu’est-ce que les patrons d’hôtels disent de tout ça.
— Je suis sûre qu’ils ne sont pas enchantés de remplacer les serviettes, les taies d’oreillers, les bouilloires, de désinfecter toilettes et salles de bain et faire repeindre après chaque passage. On dit que certains pensent même à faire mettre des cadenas partout et a faire faire un état des lieux des chambres en présence des clients avant chaque départ.
— Si ce que ton cousin dit est vra,i c’est mari vilain. Mais il ne faut pas mettre tous les Mauriciens qui vont dans les hôtels dans le même panier de crabes.
— Tu sais qu’il suffit d’un crabe gâté pour faire pourrir tout un panier. Comme l’histoire des pattes d’ourites à Rodrigues.
— Qu’est-ce que c’est que cette histoire de pattes d’ourites.
— Mon cousin me raconte qu’a Rodrigues une chambre d’hôtel à failli prendre feu parce qu’il y avait un contact dans la bouilloire électrique.
— Qu’est-ce que ça à faire avec ce qu’on est en train de dire avec les gens qui font leur vilain dans les hôtels à Maurice.
— Figure-toi que le court-circuit a été provoqué par des pattes d’ourites qui avaient collé sur l’élément électrique de la bouilloire.
— Mais qu’est ce que les pattes d’ourites faisaient dans la bouilloire ?
— Ecoute bien : des clients mauriciens avaient acheté des ourites qu’ils ont fait bouillir dans la bouilloire de leur chambre pour ramener avec eux à Maurice! Je ne te dis pas ce que le personnel de l’hôtel dit de ces clients-là!
JCA