JEAN FRANCOIS LAURETTE / RAJEN NARSINGHEN

« Un périple de mille lieues commence toujours par le premier pas ». Telle est bien l’intention de l’ONG People’s Voices Network lors du lancement d’une série d’activités dont la première avait pour thème « l’Urgence d’une loi cadre pour le droit d’accès à l’information ». En partenariat avec la Faculté de Droit de l’Université de Maurice, le coup d’envoi de ce premier événement s’est tenu dans un amphithéâtre comble, ce vendredi 9 octobre 2020. Dans son discours de lancement, la Vice-Présidente de l’ONG, le Dr. Neena Ramdenee a tenu à présenter le concept de l’organisation, créée dans le but de promouvoir la démocratie participative. Elle a aussi mis l’accent sur les valeurs de l’organisation, c’est-à-dire l’intégrité, la solidarité, l’éthique, l’empathie, la méritocratie, l’unité nationale, le respect de la nature et la protection des enfants.

De son côté, la présidente de l’ONG, la Professeure Sheila Bunwaree a fait mention de l’importance de cette initiative, en particulier dans un contexte où il y a eu une succession de crises, auxquelles la population est restée dans une opacité totale, et démontrant à la fois que notre système souffre également d’une crise de leadership, d’une crise institutionnelle et d’une crise morale. Elle a tenu à rappeler que l’organisation a choisi de s’aligner sur les objectifs de développement durable des Nations unies (Sustainable Development Goals – SDGs) pour un changement systémique. Des intervenants ayant tous un point commun avec le sujet, se sont exprimés sur la question. Le ton donné, ils étaient unanimes à dire que l’urgence ne date pas d’hier, mais qu’elle est davantage d’actualité. Cependant, force est de constater que Maurice est bien en retard par rapport aux autres pays du monde et même en Afrique.

D’après les intervenants, les bases sont là, car le terrain a déjà été labouré par l’avocat Geoffrey Robertson, sommité du barreau londonien, dans son rapport préliminaire, soumis en 2013 au gouvernement mauricien. Il a, entre autres, préconisé une loi équilibrée qui prend en considération d’autres lois susceptibles de faciliter le droit d’accès à l’information. L’objectif de ce débat était principalement de venir avec une stratégie afin de faire avancer ce dossier, trop longtemps mis au placard. En outre, plusieurs recommandations susceptibles d’être traduites en actes ont été faites, et par les panélistes et par l’assistance présente, à savoir mener une campagne de sensibilisation dans plusieurs régions de l’île, s’atteler à la rédaction du projet de loi, publier et soumettre au gouvernement un livre blanc incluant un calendrier de mise en oeuvre ou même d’intenter une action en justice dans le cas extrême. La présidente de l’ONG dans son mot de la fin, a affirmé que PVN se propose de soutenir la cause de cette loi au plus haut niveau de l’État ainsi que d’autres causes avec la voix des citoyens et de toutes les parties prenantes.

La route est certes longue, mais il faut prendre le taureau par les cornes afin de voir la lumière au bout du tunnel.