JEAN PAUL LAM

Hong Kong, avec une superficie de quelque 1,100  kilomètres carrés, se trouve au sud-est de la Chine. Il est l’un des endroits les plus peuplés du monde et compte plus de 7,5 millions d’habitants de différentes nationalités.

À la fin de la première guerre de l’opium en 1842, l’île de Hong Kong a été cédée au Royaume-Uni par le traité de Nanjing de 1842 et est devenue une colonie anglaise. Après la seconde guerre de l’opium, la domination coloniale s’est renforcée en 1898 et la Grande-Bretagne a obtenu un bail de 99 ans pour les nouveaux territoires.

Hong Kong est connu comme l’un des quatre Tigres de l’Asie à s’industrialiser dans les années 1950. Au début des années 1990, elle est connue comme un centre financier mondial et une plaque tournante maritime. Aux termes du bail, le 1er juillet 1997, la Chine reprend sa souveraineté sur Hong Kong. Il est officiellement connu sous le nom de Région administrative spéciale de Hong Kong de la République populaire de Chine (HKSAR). En tant que région administrative spéciale, Hong Kong maintient un système de gestion et d’économie indépendant de l’intérieur de la Chine, conformément au principe « un pays, deux systèmes ».

Craignant pour l’unité et la sécurité nationale à la suite des manifestations à Hong Kong, le gouvernement central propose de mettre en œuvre de nouvelles lois qui interdiront les actes de sécession, de trahison, de terrorisme et d’ingérence étrangère en RASHK; il est question d’améliorer le cadre juridique et de sauvegarder la sécurité nationale, pour ne pas mettre en péril les fondements du principe « un pays, deux systèmes » et ainsi d’assurer la paix et la stabilité de Hong Kong à long terme.

Pour beaucoup de citoyens de Hong Kong, cette nouvelle loi protégera mieux les intérêts nationaux et il faut remédier à cette lacune dans les meilleurs délais. Ainsi, on empêchera un groupuscule de personnes de tenter de diviser le pays et de punir les activités séparatistes, « terroristes », ou encore les « ingérences » étrangères dans les affaires intérieures de Hong Kong. Pékin y voit comme une Loi fondamentale qui lui permet d’y intégrer des textes relevant du régalien (défense et affaires étrangères).

Avant toute chose, il faut comprendre ce qu’est la Chine. Je suis Mauricien, d’origine chinoise de 4e génération, natif de Port-Louis dans le quartier de Chinatown. Après avoir vécu 5 ans en France et 15 ans en Chine, j’ai beaucoup appris de la Chine et des Chinois et je peux dire que c’étaient les 15 meilleures années de ma vie. Nulle part ailleurs je n’ai vu un tel pays avec autant de dynamisme, autant de développement en si peu de temps. De nombreuses multinationales sont implantées en Chine et on ne compte plus les grandes marques de luxe et de restauration en Chine. D’ailleurs, la Chine possède quelques-unes des meilleures universités mondiales avec des étudiants venant de tous les coins du globe. Cela n’aurait pas été possible s’il n’y avait pas eu de liberté ou de sécurité, voire de stabilité dans le pays sans compter l’ouverture d’esprit des Chinois.

Aujourd’hui, nous avons en Chine des villes avec des gratte-ciel, de meilleures architectures contemporaines et écologiques, de la haute technologie avant-gardiste et de l’art et du design innovants. Il n’est pas étonnant que la Chine ait généré deux nouveaux milliardaires chaque semaine en Chine en 2017 (selon la BBC), ou encore que Shanghai soit surnommée le Paris d’Orient ou le New York d’Asie.

Faisons une incursion dans le passé pour mieux saisir les enjeux : en 1949, la Chine sortait d’une longue guerre civile avec une situation économique catastrophique, et tout a été démantelé.

Les « quatre modernisations » (agriculture, industrie, recherche et défense) prônées par Deng Xiaoping en 1978 ont permis à la Chine d’atteindre l’autosuffisance en 1984. La Chine s’ouvrait de plus en plus aux investissements étrangers. La Chine est ainsi devenue la deuxième puissance économique mondiale, devant le Japon et derrière les États-Unis, en 2010.

Selon un rapport de Reuters « Les nouveaux milliardaires chinois dépassent les États-Unis par 3:1 ». L’avenir est définitivement à l’Est. Hong Kong n’aurait pas été Hong Kong sans le soutien massif de la Chine. En 2003, la Chine a ajusté à plusieurs reprises ses politiques pour aider Hong Kong à surmonter la période difficile et ainsi retrouver son éclat dans la région Asie. Hong Kong s’est retrouvée souvent, malgré elle, au milieu d’interférences parallèlement à la tension croissante entre la Chine et les États-Unis. Chose inacceptable pour n’importe quel pays souverain. Tout gouvernement a le souci primordial de garantir la sécurité de ses citoyens, la stabilité sociale du pays et la croissance saine de sa nation. Le gouvernement central chinois n’a fait que sauvegarder l’intérêt national, protéger ses citoyens, assurer la sécurité nationale et la mise en œuvre de la politique « Un pays, deux systèmes ».

Nombreux sont ceux qui se posent la question suivante : pourquoi des puissances étrangères ou des étrangers veulent intervenir dans un problème local et interne de la Chine? Chaque pays n’a-t-il pas ses propres problèmes et défis à résoudre tels que le réchauffement climatique, l’instabilité financière, les menaces terroristes, se réinventer pour le mieux-être de ses citoyens?

Depuis quelques années, on constate une évolution de changement de pouvoir dans le monde vers la Chine, la Russie et l’Inde. L’Asie pèse de plus en plus dans l’économie mondiale avec ses entreprises, sa main-d’œuvre et ses ressources naturelles. Qui plus est, les USA se renferment de plus en plus et l’Europe peine toujours dans les difficultés du Brexit et de parler d’une voix. Les tensions commerciales entre la Chine et les États-Unis ne doivent pas être des excuses pour s’ingérer dans les affaires internes de la Chine.

La démocratie seule ne peut être l’unique indicateur du bien-être et du bonheur d’un peuple. La sécurité des citoyens, la stabilité sociale du pays et la croissance saine du pays sont autant éléments à prendre en compte dans l’indice de bonheur et de développement d’un pays.

A mon humble avis, la Chine sera très prochainement la première puissance économique du monde et cela suscite jalousies et convoitises. Au cours des dernières décennies, l’Occident a imposé ses règles au monde et tient maintenant la bannière de la démocratie pour imposer sa vision de voir et de fonctionner. Dans notre monde moderne, chacun doit avoir sa propre opinion; chaque pays sa propre vision et ses propres moyens de le diriger. On ne peut effacer d’un trait 5000 ans d’histoire et d’identité, il y aura certainement un choc culturel entre les pays occidentaux et orientaux. Nous sommes tous différents, pensons et agissons différemment, mais nous sommes tous égaux et libres de vivre comme on veut. De même, la législation visant à protéger la sécurité nationale de la RASHK est l’affaire de la Chine et elle seule. Ne jugeons pas à la hâte les politiques, les visions et la manière de faire différemment des autres pays/cultures. Soyons respectueux des autres et oeuvrons pour le développement et la paix dans le monde avec respect et compréhension mutuelle. Sans sécurité, point de stabilité et de développement.

Hong Kong est avant tout une affaire interne chinoise, et doit le rester.