«  La peur ne nous empêche pas de mourir. Elle nous empêche de vivre. » – Bouddha

GÉRARD TADDEBOIS

Chers lecteurs, il est clair que si nous voulons voler au-delà de cette oppressante pression médiatique et de ces avalanches de nouvelles les unes plus catastrophiques que les autres, nous n’avons pas d’autres choix que de nous faire violence afin d’éliminer notre peur de la pression en prenant en compte que c’est la pression qui transforme le charbon en diamant. À mon humble avis, la clé pour y parvenir se résume en ces mots gravés à l’entrée du temple de Delphes. « Connais-toi toi-même. »

Cette prise de conscience, je l’ai comprise en parcourant un des nombreux textes de grande sagesse du jeune mais prolifique Jay Shetty dont je vous fais part de ce que j’ai retenu.

La peur est simplement un signal d’avertissement à notre esprit pour nous dire : « Il y a quelque chose qui semble pas bien, il y a quelque chose qui va de travers. »

Quand vous vous interrogez sur vos peurs, vous avez à définir leurs différentes sources et leurs racines. Nous avons tendance à laisser la peur nous diriger, mais ce n’est pas la peur le réel problème. Souvent nous captons le signal qu’apporte la peur, mais nous ignorons son guide. On peut l’utiliser comme un outil pour plonger au fond de nous et améliorer notre situation et donner un plus grand sens à notre vie. Nous avons tant à offrir au monde, mais la peur et l’anxiété nous réfrènent de notre potentiel à faire avancer les choses. La raison principale est que depuis notre enfance, on nous a appris directement ou indirectement que la peur est négative.

La vérité est que nous ne vivrons jamais complètement notre vie si nous ne sommes pas confrontés à la peur et à l’anxiété.  Il est aussi clair que nous n’arriverons jamais à éviter toutes les contraintes économiques, sociales, politiques, conflictuelles ou des incertitudes que le destin place dans notre quotidien. Ce n’est pas fatal d’avoir peur parce que la peur n’est pas mauvaise en soi.  La peur est simplement un signal d’avertissement à notre esprit pour nous dire : « Il y a quelque chose qui semble pas bien, il y a quelque chose qui va de travers. » Nous pouvons alors soit nous servir de ces données afin de nous motiver pour changer la donne et trouver des solutions ou alors … nous laisser submerger par les circonstances, sombrer dans le découragement et stagner dans l’apitoiement.

Le plus nous nous cloîtrons dans nos peurs et que nous nous nourrissons de tout ce qui va de travers, le plus elles se renforcent jusqu’à devenir foncièrement toxiques. Notre esprit est très doué pour nous emprisonner dans de sombres pensées. Et en répétant un problème au lieu de le reformuler, nous limitons notre champ d’action.  Il est donc question de ne pas être agressif envers nous-mêmes, mais de nous remettre en question en toute sincérité et docilement. Afin de revoir notre situation face à la peur, nous nous devons de la percevoir autrement. Du moment que nous parvenons à réaliser des possibilités qu’elle nous offre, nous arrivons avec plus de discernement à changer notre approche vis-à-vis d’elle.

Afin de nous concilier avec notre peur, nous nous devons de reconnaître sa présence. Vous devez accepter votre souffrance, vous assoir, prendre une profonde respiration et calmement vous répéter : « Je te vois, ma souffrance, je te vis, ma peur, je suis avec toi et je suis là pour toi. »

Quelques années de cela, des scientifiques avaient planté des arbres dans une serre avec tous les paramètres d’usage pour une pousse idéale, mais arrivés à une certaine hauteur, les arbres se recroquevillaient sur eux-mêmes. Finalement, ils ont réalisé que la biosphère manquait un élément essentiel à la bonne santé des arbres. Dans leurs éléments naturels, les arbres font face au vent et ils réagissent à cette pression et cette agitation renforcent leurs troncs, les aident à s’enraciner plus profondément pour affermir leur stabilité.

Si nous arrivons à cesser de voir le stress, et la peur qui l’accompagne, comme négatifs mais au contraire comme un moyen pour se réinventer et être plus forts, nous sommes sur la bonne voie pour changer notre approche vis-à-vis de la peur.  Quand vous décidez d’affronter vos peurs et vos épreuves, vous vous rendez compte que vous avez cette capacité de faire face à ces peurs et ces épreuves.  Cela vous offre une nouvelle perspective : la confiance que lorsque le sort joue contre vous, vous arrivez à trouver le moyen d’y faire face. Avec cette nouvelle approche vis-à-vis de vos craintes, vous arrivez plus aisément à faire la différence entre ce qui mérite votre attention et ce qui ne le mérite pas.

La souffrance suscite notre attention et quand nous lui disons « Je te vois » nous lui donnons l’attention qu’elle nous réclame, tout comme un bébé qui veut se faire entendre et prendre dans les bras. Respirer profondément quand nous reconnaissons nos peurs aidera à apaiser notre esprit et notre agitation physique en sa présence. En acceptant nos peurs, nous rentrons en une relation intime avec elles.  Cela implique que nous distinguons les situations dans lesquelles elles apparaissent régulièrement. Une puissante question à demander à nos peurs toujours avec calme et sérénité autant de fois que cela s’avère nécessaire est :  « C’est quand est-ce que je te ressens ? »

Trouver le schéma de nos peurs aide à identifier la racine et en développant cette intimité, nous devenons plus forts et capables de la transformer à notre avantage.

La cause de nos peurs : l’attachement / la cause de la guérison de nos peurs : le détachement

Quand nous parlons de nos émotions, nous nous identifions comme nos émotions.

« Je suis en colère. Je suis triste. Je suis effrayé. »

Parler à nos peurs nous sépare d’elle et nous aide à comprendre que la peur n’est pas nous, mais juste un sentiment que nous ressentons. Essayez de changer votre langage de « Je suis en colère » à « Je ressens de la colère », « Je suis triste » à « Je ressens de la tristesse », « Je suis effrayé » à « Je ressens de la frayeur ». Un simple changement d’approche, mais si profond en soi, parce qu’il met nos émotions à la place qui lui est dû.

Aller dans cette direction nous aide à calmer nos précédentes réactions et nous donne de la place afin d’examiner nos peurs et la situation où nous nous trouvons dans un non-jugement. Il faut faire la distinction entre une peur utile et une peur nocive. La peur utile nous informe d’une situation qu’on peut changer.  On arrive à changer une peur nocive en une peur utile en nous consacrant à ce qu’on peut contrôler.  On ne pourra certes pas contrôler tous les éléments externes, mais simplement on arrive à contrôler nos pensées. C’est ce qu’on appelle le détachement, c’est-à-dire observer nos propres réactions de loin afin de prendre des décisions de manière plus éclairée. C’est une pratique à adopter lorsqu’on est de plus en plus conscient des éléments sur lesquels on a point de contrôle. Nous nous mettons alors à apprécier ou à valoriser encore plus les personnes, les choses ou les expériences vécues et à discerner qui ou quoi nous voulons inclure dans notre vie.

En conclusion, nous pourrions dire que « Nos peurs sont plus nombreuses que les dangers potentiels et par ricochet que nous souffrons plus par notre imagination que dans notre réalité ».