LINDSAY MORVAN

Président

Mouvement pour le Progrès de Roche Bois

J’ai choisi d’écrire ce billet en français, et non totalement en Kreol Morisien, pour être sûr d’être compris par tous nos pédagogues. Car je constate, en effet, que certains, pas tous bien sûr, ont toujours des préjugés sur notre langue maternelle à tel point qu’ils se refusent même à la lire et l’écrire correctement.

La performance de nos étudiants en langue Kreol Morisien (96.6%)  aux derniers examens du National Certificate of Education de Grade 9 est très instructive à plus d’un titre. D’abord il convient de constater que les étudiants apprenants qui ont choisi cette matière aujourd’hui, reflètent l’arc-en-ciel mauricien. Ensuite le taux de réussite à cette matière est bien plus conséquent qu’à celui des autres y compris le français. J’ai eu le privilège de faire partie de la première Akademi Kreol présidée par mon grand ami le professeur Vinesh Hookoomsing. Il faut bien admettre qu’à l’époque, la démarche de développer la graphie « larmoni » pour l’introduction de cette matière dans le cursus primaire, pour certains parmi nous, y compris moi-même, était surtout initialement animée par un esprit d’égalité de chance pour ces élèves kreol qui n’étudiaient pas de langue orientale. Cependant, comme le préconise l’UNESCO depuis 1953, les enfants apprennent mieux dans leur langue maternelle ; ainsi, depuis l’introduction du Kreol Morisien dans le cursus scolaire, beaucoup d’étudiants de langues orientales se sont rabattus sur cette matière qu’ils maîtrisent mieux, car faisant partie de leur quotidien et de notre patrimoine national. Dans un rapport publié par les chercheurs Arnold, Bartlett, Gowani et Merali, pour le compte de l’EFA (Education for All) de l’UNESCO en 2007, ils citent : « À l’échelle mondiale, on estime qu’entre 50 et 75 millions d’enfants ‘marginalisés’ ne sont pas scolarisés. Lorsque la langue utilisée à l’école n’est pas la première langue parlée par les enfants, le risque de déscolarisation ou d’échec dans les petites classes est plus élevé. Des études ont montré que l’on obtient de meilleurs résultats au primaire lorsque la langue d’enseignement est la langue maternelle des apprenants ». Il est grand temps donc, de penser à l’enseignement des mathématiques et autres matières scientifiques dans notre langue maternelle comme cela se fait au Japon, en Corée, en Allemagne, en Suède, en Russie et tant d’autres pays dits développés qui fournissent des experts aux nombreuses organisations internationales ainsi qu’au développement de leurs propres pays.

Finn ler pou nou ouver nou lizie! Se pa parski nou finn aboli CPE ki bann zanfan pa pe kontign res analfabet apre laz douz-an! Nou konstat sa lor terin. La solision se pa zis avoy se ki “pa kapav swiv sistem akademik” al dan filier teknik parski teknisien la ousi bizin kapav lir, ekrir ek konte korekteman. Nou bizin regle problem-la dan so fon parski ankor ena touzour 30% zanfan ki trouv zot dan sa group ki swa dizan “pa kapav swiv sistem akademik” la! Anou donn lasans nou bann zanfan pou nou prop lavenir ek lavenir nou pei!